Vos placements - Suggestions pour améliorer le rendement des placements

Mes obligations du Québec à taux progressifs arrivent à échéance. Compte tenu des faibles taux d'intérêt actuels, que pensez-vous des obligations boursières à 5 ou 10 ans (re:IQ-30) offertes par Placements Québec? Que recommandez-vous entre les deux ou à la place?

J. R.

Oui, les taux d'intérêt sont faibles, très faibles. Et, de toute évidence, ils le resteront pendant encore un bon bout de temps. En effet, Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, a dit ne pas considérer une hausse de son taux directeur (il est à 0,25 % ou moins) avant la fin de 2014.

Aussi les avenues s'offrant à vous pour réinvestir le produit de vos obligations venant à échéance à un rendement décent sont quasi inexistantes tant du côté des produits d'épargne que de celui des obligations négociables. C'est ainsi que les nouvelles obligations à terme à taux progressifs de Placements Québec de dix ans vous rapporteront un rendement annuel composé à l'échéance de 3,2 %. Du côté des obligations négociables de dix ans, les rendements annuels composés à l'échéance varient entre 2,1 % et 3,4 % selon que vous contempliez celles du gouvernement canadien ou celles d'entreprises telles que BCE, Shaw Communications, etc. En fin de compte, le rendement des obligations à terme à taux progressifs de Placements Québec n'est pas si mauvais lorsque comparé à celui d'autres obligations gouvernementales. Surtout que les obligations à terme peuvent être encaissées une fois l'an à leur date d'anniversaire sans pénalité.

Il reste qu'un rendement annuel composé de 3,2 % sur dix ans n'est pas très élevé. Aussi est-il compréhensible que des épargnants veuillent explorer de nouvelles avenues pour tenter d'obtenir un rendement plus élevé pour le pécule souvent durement gagné. L'une de ces avenues pourrait être les obligations boursières. On les nomme obligations boursières chez Placements Québec ou certificats boursiers chez les banques parce que leur rendement est totalement fonction de l'appréciation de l'indice boursier auquel ils sont liés.

Dans le cas des obligations boursières de Placements Québec, cet indice boursier est l'indice Québec 30 (IQ-30). Cet indice est composé des 30 plus importantes compagnies québécoises ayant leurs actions cotées à la Bourse. On y retrouve donc de très grandes entreprises, comme la Financière Banque Nationale, BCE, Power Corporation, la Banque Royale et la Banque de Montréal ainsi que des firmes de moyenne à grande taille telles que Metro, SNC-Lavalin, Groupe Jean Coutu, CAE, Quebecor, Industrielle Alliance, Saputo, etc. Somme toute, cet indice réunit des entreprises québécoises et quelques-unes canadiennes de bonne qualité.

Pour le terme de cinq ans, le rendement des obligations boursières de Placements Québec correspondra à l'appréciation de l'Indice Québec 30, l'appréciation maximale du capital investi ne pouvant cependant dépasser 60 % pour la période. Pour le terme de dix ans, un tel plafond n'existe pas. Le rendement des obligations boursières correspondra alors à l'appréciation de l'indice survenue durant la période de dix ans.

Il est ici important de noter que les sommes investies dans ces obligations boursières ne peuvent être retirées avant l'échéance. Par contre, à l'échéance, vous êtes assurés de récupérer 100 % de votre capital initial plus les intérêts (l'appréciation est traitée comme du revenu d'intérêt et non comme du gain en capital) s'il y en a (selon l'évolution des indices).

Un produit béquille

Comme vous le savez, je ne suis pas très chaud devant ce genre de produits béquilles pour investir à la Bourse. Pour plusieurs raisons. La première: l'absence de dividende. En effet, le rendement de ces obligations n'est lié qu'à l'appréciation de l'indice. L'épargnant laisse donc sur la table les dividendes versés par les entreprises composant ledit indice. Or, le dividende peut représenter jusqu'à 50 % du rendement global à long terme d'un placement boursier.

L'autre raison: le timing est important pour ce genre de produit. En effet, le moment choisi pour investir dans un indice boursier donné compte. Il est évident que, si vous profitez d'un creux boursier cyclique comme celui de mars 2009, les rendements potentiels peuvent être très élevés. C'est ainsi que les obligations boursières émises durant ce creux montrent actuellement un rendement annualisé de 18 % environ (il sera cependant moindre pour les obligations de cinq ans vu que leur rendement est plafonné à une appréciation maximale de 60 %). Aujourd'hui, l'indice Q-30 est remonté à son niveau de 2007, soit avant le début de l'actuelle crise financière. Il se trouve donc bien loin d'un creux cyclique.

Et, toujours sur la question du timing, il y a aussi le moment où viendront à échéance vos obligations boursières. Là, vous n'avez aucun contrôle, leur date d'échéance étant déjà fixée. Et vous ne pouvez pas les vendre avant celle-ci. Conséquence: il n'est pas impossible que les indices boursiers reculent vivement en plein dans l'année où viennent à échéance vos obligations. Ainsi, pendant neuf ans, l'indice peut avoir grimpé, vous donnant un rendement annualisé de 7 %. À la dixième année survient soudainement une débâcle boursière (à la fin d'un cycle d'expansion économique, les indices boursiers peuvent se replier de près de 30 %: ils se sont même repliés de 60 % durant le dernier creux cyclique de 2009), effaçant du coup presque tout le rendement accumulé durant les neuf années précédentes.

Comme vous pouvez le voir, nous sommes bien loin de la stratégie consistant à identifier les actions de huit grandes compagnies pour ensuite les accumuler graduellement, sur faiblesse des cours. En agissant de la sorte, le rendement de votre portefeuille ne repose pas autant sur le timing. D'abord parce qu'en vertu de cette approche, on échelonne ses achats dans le temps tout en profitant des replis techniques lorsqu'ils surviennent. Ensuite, personne ne peut vous forcer à vendre vos actions ainsi accumulées lors d'un creux cyclique, ce qui n'est pas le cas des obligations boursières si elles viennent à échéance en plein pendant une débâcle boursière.

Par ailleurs, les dividendes élevés et croissants vous aideront à faire face aux intempéries boursières. Vous pourrez même réinvestir ces revenus dans l'achat d'actions pendant les périodes boursières les plus ardues, vous procurant ainsi des actions à vil prix.

Conclusion: en partant de la prémisse que les sommes de vos obligations négociables venant à échéance appartiennent à la partie sûre de votre portefeuille, je me contenterais de les réinvestir dans les nouvelles obligations à terme à taux progressifs de Placements Québec dont le rendement composé annuel à l'échéance est de 3,2 %.

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cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca

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