Toyota RAV4 : l'âge de raison

Avec le RAV4, on joue dans le rationnel d’un pare-chocs à l’autre.<br />
Photo: Source: Antoine Joubert Avec le RAV4, on joue dans le rationnel d’un pare-chocs à l’autre.

Eh bien! Qui aurait cru que le deuxième véhicule le plus populaire de toute la gamme Toyota fêterait un jour ses sept ans d'existence sans une seule refonte? Avouez que cette stratégie est plutôt bizarre. Je me souviens d'ailleurs de l'époque où ce constructeur, comme la plupart des autres firmes japonaises, ne conservait un véhicule que trois ou quatre ans avant de le renouveler. Cette ère est révolue, de toute évidence.

Il faut dire que le RAV4, lors de son arrivée à l'automne 2005, a visé dans le mille. Et au fil des ans, on l'a peaufiné pour répondre parfaitement aux besoins et désirs de la clientèle qui, en suivant la tendance du marché, était de plus en plus nombreuse.

Qui plus est, dès l'automne 2008, Toyota Canada effectuait un investissement majeur du côté de Woodstock, en Ontario, afin d'y assembler son petit VUS. Cela a évidemment permis de créer des emplois, mais aussi d'élargir la gamme de produits tout en abaissant finalement la facture jadis salée du RAV4 au niveau de celle de ses concurrents.

Rationnellement

Si, en 2012, le RAV4 atteint l'âge de raison (sept ans sans changement majeur), c'est parce qu'il s'agit justement d'un véhicule visant une clientèle pour qui la raison est un facteur primordial. Ici, pas d'excitation, de passion et de fébrilité, comme pourrait en susciter un petit VUS comme le Volkwagen Tiguan. Avec le RAV4, on joue dans le rationnel d'un pare-chocs à l'autre.

Évidemment, il fallait au départ que sa ligne plaise de façon générale, ce qui fut le cas. D'ailleurs, il faut féliciter — une fois n'est pas coutume — les designers de Toyota, car le RAV4, malgré son âge vénérable, n'a pas pris beaucoup de rides. Sa roue de secours arrière sur sa portière à battant trahit légèrement son âge, mais outre cet élément, il n'a franchement rien à envier à un Mitsubishi Outlander ou un Honda CR-V, même si ce dernier vient d'être redessiné!

Ceci dit, lorsqu'un acheteur cartésien en quête d'un VUS compact amorce son processus de magasinage, le RAV4 se veut toujours un incontournable. La première raison est d'ordre pécuniaire, dans la mesure où, même si le prix d'achat initial peut être corsé, il demeure une dépense calculée. Pensez à sa valeur de revente élevée, son faible coût d'entretien ou sa consommation d'essence réduite, tout ça pour un coût de revient au kilomètre drôlement inférieur à celui de la plupart de ses rivaux. En fait, la seule note négative de ce côté concerne le coût des assurances, très élevé, ce qui s'explique par sa grande popularité auprès des voleurs.

Je ne vous cacherai pas non plus que dans certaines versions, quelques caractéristiques pratiquement jugées de base aujourd'hui brillent par leur absence. Pensons à la téléphonie mains libres Bluetooth ou encore aux sièges chauffants, qui sont hélas réservés aux versions huppées avec sellerie de cuir et tout le bazar. Dommage.

De la place... en masse!

Pas de doute, le RAV4 est l'un des VUS les plus spacieux de sa catégorie. Disons, pour être poli, que les Forester, Tiguan et Grand Vitara de ce monde s'éliminent d'eux-mêmes à ce chapitre.

D'abord, conducteur et passager avant profitent d'un dégagement exceptionnel et de tous les rangements nécessaires au quotidien. Mais ceux qui prennent place derrière ne sont pas en reste non plus, puisque l'immense dégagement accordé aux jambes et à la tête convient à n'importe quel occupant. De plus, on profite avec le RAV4 d'une soute arrière très spacieuse et facilement exploitable, notamment en raison de l'absence de la roue de secours, placée à l'extérieur. Fait intéressant, la banquette arrière coulisse vers l'avant ou l'arrière pour offrir, au choix, davantage d'espace utilitaire ou, pour les occupants, des places arrière. Génial!

C'est donc dire que si votre quotidien implique garderie, école, chien, chalet et centres de ski (ce que les constructeurs aiment traduire par Active Lifestyle), le RAV4 peut devenir votre plus fidèle compagnon.

Deux roues motrices?

Oui, vous avez bien lu: le RAV4 est proposé depuis quel-que temps avec deux roues motrices seulement. La majorité des clients, notamment du côté de GM, Ford et Hyundai, optent pour cette configuration, ce qui a poussé Toyota à l'offrir. Or, à peine 15 % des ventes de ce modèle sont constituées de versions à deux roues motrices. Ici, c'est la traction intégrale qui prime.

Il faut dire que la clientèle cible n'est pas exactement la même que celle d'un Chevrolet Equinox. Ceci dit, le RAV4 à quatre ou six cylindres s'accommode très bien du rouage intégral, sans que l'impact sur la consommation et les performances soit majeur. En fait, le 4-cylindres effectue du très bon boulot, et ce, même s'il est servi par une boîte automatique vieillotte. Quant au V6, il propose des performances franchement sportives (sans blague!), tout en permettant de remorquer, par exemple, un petit bateau ou une roulotte.

Insonorisé convenablement, bien suspendu et offrant un empattement assez important, le RAV4 se veut aussi généreux en matière de confort. Certes, il ne remporte pas la palme à ce chapitre, mais jamais ça ne pourrait constituer un irritant. Son comportement routier, sans être exceptionnel, constitue aussi un atout. Sta-ble, maniable et bien équilibré, on l'apprécie et l'apprivoise très rapidement.

À quand le nouveau?

Bien sûr, il faut s'attendre très prochainement à ce que Toyota dévoile la prochaine mouture du RAV4, qui sera sans doute du millésime 2013. On risque de le voir apparaître en cours d'année 2012, ce qui pourrait même signifier que le modèle n'en a plus que pour quelques mois.

On nous a aussi promis une version électrique pour la prochaine génération, mais ce marché demeure embryonnaire. Ceci dit, si le constructeur fait correctement ses devoirs, on risque d'assister à l'arrivée d'un véhicule encore plus efficace au chapitre de l'aménagement et de la consommation. Souhaitons aussi que la liste d'équipement soit mise à jour. Toutefois, je parierais que l'actuel 4-cylindres demeurera au rendez-vous et qu'on ne fera que le jumeler à une boîte automatique modernisée.

Chose certaine, l'arrivée prochaine d'un tout nouveau RAV4 ne doit pas dissuader l'acheteur de se diriger vers la mouture actuelle. Ce dernier n'a franchement pas grand-chose à se reprocher, ce qui est déjà remarquable.

Petit conseil d'ordre général en terminant: choisissez votre concessionnaire avec prudence. Car certains d'entre eux demeurent encore aujourd'hui d'une arrogance déconcertante. Certaines choses, chez Toyota, ne changent pas, et ce n'est pas toujours pour le mieux.

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Collaborateur du Devoir

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FICHE TECHNIQUE TOYOTA RAV4

Moteur: 4-cyl. 2,4 L
Puissance: 179 ch
Consommation moyenne: 10,4 L/100 km
Durée de l'essai: 5 mois
Distance parcourue lors de l'essai: 4400 kilomètres
Prix du véhicule d'essai: 28 995 $

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2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 23 janvier 2012 07 h 56

    Pléonasme

    Pléonasme: petit VUS.

  • Philippe Chartrand - Abonné 23 janvier 2012 19 h 33

    On ne devrait plus voir de tels articles...

    Un acheteur cartésien en quête d'un VUS compact amorce son processus de magasinage.
    Ce ne sont pas des des pléonasmes mais des contradictions:
    1) si l'acheteur est cartésien il ne visera pas un VUS (c'est complètement inutile comme véhicule dans nos sociétés hurbanisées)
    2) Si c'est un VUS c'est pas compact.

    Quand est-ce que le Devoir aura assez d'audace pour ne plus publier d'articles qui font l'apologie de bouffeurs d'essence et d'émetteurs de GES qui ressemblent plus à des publireportages qu'à de véritables critiques!