Audi A7 - Beauté mobile

L’A7 est une voiture longue et basse. Ce qui a ses avantages et ses inconvénients. À l’avant, l’espace pour la tête et les jambes est impressionnant, même pour les personnes de grande taille. <br />
Photo: Source: Audi L’A7 est une voiture longue et basse. Ce qui a ses avantages et ses inconvénients. À l’avant, l’espace pour la tête et les jambes est impressionnant, même pour les personnes de grande taille.

Le coupé est un symbole fort dans la culture automobile occidentale. Étroitement lié à l'image de liberté, d'identité, de jeunesse aussi, il est souvent cité en exemple pour ses qualités esthétiques. Difficile de nier que les plus belles voitures de l'histoire, dont plusieurs ont été dessinées dans les grands bureaux de design italiens, étaient pour la plupart des coupés. Cette grâce a cependant un prix: l'habitabilité, qui est souvent hypothéquée pour laisser le champ libre au design.

Mercedes est arrivé en 2006 avec une solution, l'opulente CLS, un ex-ercice de style basé sur la Classe E. L'improbable «coupé à quatre portières» a aussitôt attiré les louanges et lancé un courant. Soit par prudence, soit parce qu'ils ont été pris de court, Audi et BMW, les deux éternels rivaux, ont attendu avant de réagir. Et c'est Audi qui l'a fait en premier — cinq ans plus tard, tout de même — avec une proposition légèrement plus accessible. Premier coupé quatre portes de l'histoire de la firme d'Ingolstadt, l'A7 s'intercale, en toute logique, entre les berlines A6 et A8.

La classe

Nul besoin de chercher bien loin pour trouver le pivot sur lequel se construit la mise en marché de la A7: tout repose sur le design. À ce chapitre, la réussite est totale. Largement inspirée du véhicule concept Sportback présenté au Salon de Detroit en 2009, cette voiture est certainement l'une des plus belles berlines (devrions-nous dire «berlines-coupés»?) offertes sur notre marché.

De face, c'est son aspect trapu qui capte l'attention. Cette largeur accentue sa musculature et les phares avant coiffés de DEL, son agressivité. De profil, le ravissement se prolonge. Sa longueur, qui complique tout de même les manoeuvres de stationnement, étale une splendeur et une grâce qui sont l'apanage des plus beaux coupés. La ligne de toit d'une grande pureté n'est interrompue par aucune cassure. Le déflecteur arrière rétractable permet par ailleurs de ne pas altérer l'élégance de cette grande berline, car il ne se déploie que lorsque la voiture prend de la vitesse. Classe, élégance, présence: l'A7 séduit et impose le respect.

Rigueur, rigueur, rigueur!

L'A7 partage quantité de composantes, dont le châssis et le groupe motopropulseur, avec l'A6, fraîchement renouvelée pour 2012. Il n'est donc pas surprenant de retrouver une disposition des commandes identique, à quelques détails près — un choix qui est tout sauf mauvais, Audi étant la référence chez les constructeurs allemands, tant pour l'aménagement intérieur que pour la finition. Bon d'accord, il faut laisser de côté les formes naturelles, les couleurs vives et l'audace; la rigueur germanique est palpable, quoique moins austère que chez BMW, par exemple. L'aluminium et le cuir s'accordent pour assurer un trait continu sur la planche de bord qui se termine sur le haut des portières. L'ensemble est homogène et, ma foi, fort agréable à l'oeil.

L'attention apportée à l'assemblage et à la qualité des matériaux est palpable. La chaîne audio Bose offerte en option (ah, ces Allemands!) comblera les mélomanes par sa puissance et également sa capacité à très bien nuancer les fréquences sonores. En contrepartie, le système d'infodivertissement multimédia est peu intuitif pour le néophyte, voire complexe. Les amis forts en techno seront d'un précieux secours.

L'A7 est une voiture longue et basse. Ce qui a ses avantages et ses inconvénients. À l'avant, l'espace pour la tête et les jambes est impressionnant, même pour les personnes de grande taille. Le confort des sièges est aussi digne de mention, mais on ne saurait s'attendre à moins d'une marque qui excelle à ce niveau. Il manque malgré cela de soutien latéral, un défaut qui n'a pas lieu d'être dans une voiture à tangente sportive. Design oblige, la visibilité latérale souffre de la présence d'un imposant pilier B (au centre) et ce n'est guère mieux à l'arrière à cause d'une surface vitrée réduite.

À l'arrière, les passagers doivent composer avec une ligne de toit basse ce qui les force à baisser la tête à l'entrée et même une fois assis, pour les plus grands. En revanche, les jambes disposent de beaucoup d'espace pour se délier. L'espace de chargement est accessible par un hayon, caractéristique ingénieuse qui permet de faciliter le chargement d'objets qui ne devront cependant pas être trop imposants, car la profondeur du compartiment est limitée.

En attendant le V8

Le V6 de 3 litres suralimenté par un compresseur volumétrique est déjà connu pour son application dans les S4 et S5. Déposé de manière longitudinale, il développe une puissance de 310 chevaux — 23 de moins que dans les deux modèles cités précédemment —, et surtout un couple de 325 livres-pied caractérisé par une large plage d'utilisation (de 2900 à 4500 tours-minute). Très sophistiqué, il n'émet pas le sifflement que l'on pourrait attendre d'un moteur retenant ce mode de suralimentation. Sa discrétion est indéniable et son ardeur au travail aussi. L'A7 est tout sauf un poids plume (1910 kg, 40 kg de plus qu'une CLS63 AMG), mais bondit lors d'un départ arrêté avec une vivacité insoupçonnée malgré son rapport poids-puissance qui pourrait la désavantager.

Ce moteur, le seul disponible, est boulonné à une boîte de vitesses automatique à huit rapports. Elle contribue, de concert avec un système d'injection directe, à des chiffres de consommation très raisonnables pour le créneau. Sachez cependant qu'un V8 biturbo (4 litres, 420 chevaux) s'ajoutera en 2012 au calepin d'options pour assurer une réelle concurrence à la CLS et préparer l'offensive pour l'arrivée de la BMW Série 6 Gran Coupé. Cette version musclée deviendra la S7.

Confort et plaisir: mariage réussi

Notre véhicule d'essai était équipé du groupe d'options S Line (2700 $), qui comprend une suspension raffermie, une monte pneumatique plus agressive (P265/35R20) et différentes retouches esthétiques apportées à la carrosserie. Le conducteur peut aussi régler à son aise les paramètres de sensibilité de l'accélérateur, d'assistance à la direction et le comportement de la boîte de vitesses. Le résultat obtenu est à la hauteur de la réputation de la marque. En mode Dynamic, la direction, déjà très précise, s'alourdit légèrement, consolidant également le plaisir de conduite. Il s'agit certainement d'une des meilleures directions offertes, toutes marques confondues. Un bémol, tout de même: son rayon de braquage, directement proportionnel à la longueur du véhicule.

Pour ce qui est des prestations routières, disons que la A7 cache assez bien son poids. Le roulis est maîtrisé avec doigté, mais c'est surtout l'adhérence générale des pneus qui impressionne, conjuguée avec le système de transmission intégrale quattro qui se passe de présentation. Avec ce système neutre jusqu'à ses limites, les transferts de masse restent perceptibles, sans toutefois «anesthésier» la conduite. Le sous-virage, lui, n'apparaît qu'à la limite. L'habitat naturel de l'A7 reste indéniablement l'autoroute où l'on découvre une grande berline qui nous transporte dans un environnement épuré de toute gêne sonore.

Conclusion

L'A7 est une séductrice. C'est sur cet élément, purement émotionnel, que mise la marque aux anneaux pour propulser ses ventes. L'émotion n'évacue pas l'efficacité pour autant: pas de dilemme raison-passion, ici, car les deux se marient parfaitement. Toutefois, l'A7 n'échappe malheureusement pas au virus contracté par les marques de prestige allemandes: le coût des options qui gonfle le prix de manière ridicule. Cela peut en rebuter plusieurs, surtout si l'on considère que la facture peut facilement grimper au-delà des 80 000 $. C'est beaucoup — énorme, même — pour ce qui est, en réalité, une A6 vêtue pour les grands soirs. Cela n'enlève néanmoins rien aux qualités que recèle cette belle dame ou à sa pertinence, car Audi devait avoir dans ses rangs un modèle du genre, une création originale faisant le pont entre la A6 et A8.

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Collaborateur du Devoir

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FICHE TECHNIQUE AUDI A7 S-LINE

Moteur: V6 3 litres à compresseur

Puissance: 310 ch

0-100 km/h: 5,4 s

Vitesse maximale: 212 km/h

Consommation moyenne: 11,7 litres/100 km

Échelle de prix: 68 600 $ à 74 300 $

Prix du véhicule d'essai: 86 900 $
1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 12 décembre 2011 08 h 04

    Proverbe québécois

    «Trop, c'est comme pas assez.» - Monsieur Tout-le-Monde