C'est du sport! - Tous pour un

Dans une récente livraison, le magazine Bloomberg Businessweek, auquel je suis abonné, consacrait un reportage aux «meilleurs propriétaires du football». Il s'agissait des partisans des Packers de Green Bay.

Les Packers, champions en titre du Super Bowl et invaincus en 12 matchs cette saison, sont la seule franchise dans les quatre grands circuits nord-américains à être propriété publique. Lundi, pour la cinquième fois de son histoire, l'équipe a émis des parts afin de financer des rénovations, qui coûteront 143 millions, au vénérable Lambeau Field.

Dans les 11 premières minutes après l'émission des parts, on a récolté 400 000 $. Chaque part coûte 250 $, mais elle ne rapporte aucun dividende, sa valeur ne peut augmenter et elle ne peut être transigée. On n'en achète que par loyauté, et tout profit est réinvesti dans le club ou versé à des oeuvres de charité.

Les Packers ont des propriétaires, qui étaient avant lundi 112 000 pour 4,75 millions de parts, dans les 50 États des États-Unis. Et là, on se dit que certains gagneraient à les imiter. Sauf que les ligues ne le permettent pas (le système des Packers était présent avant que la NFL ne réglemente la chose). Mais ça serait une maudite bonne idée qu'elles l'autorisent. Ça éviterait, par exemple, quelques chicanes autour du financement public d'un amphithéâtre.

N'est-ce pas? Go Pack.

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Ailleurs dans l'actualité, dans une autre atteinte scandaleuse aux libertés fondamentales, il ne sera dorénavant plus possible de couvrir du baseball de calibre supérieur en bedaine. Réunis à Dallas pour les assises d'hiver, les dirigeants des ligues majeures ont annoncé hier l'imposition d'un code vestimentaire à l'intention des représentants des médias.

Aucun incident particulier n'est à l'origine de cette décision, mais on veut justement éviter qu'il ne s'en produise un. On se souviendra que l'an dernier, la journaliste mexicaine Ines Sainz s'était pointée au camp des Jets de New York, de la NFL, dans une tenue, mettons, limite et qu'elle avait été la cible de commentaires désobligeants de la part de certains joueurs. Le baseball a pris note.

Dans les vestiaires, dans les abris des joueurs, sur la galerie de presse ou sur le terrain, il sera donc prohibé de porter des vêtements transparents (!), des jeans déchirés, des chemises comptant moins de deux bretelles, les chandails bedaine, les jupes «excessivement courtes», et les robes et les shorts qui se terminent plus haut que trois ou quatre pouces au-dessus du genou.

De même, les gougounes se verront interdites, parce qu'il paraît que ça contribue à répandre des infections dans des lieux où plusieurs se promènent pieds nus.

Le comité chargé du dossier a relevé que l'explosion des médias de communication faisait en sorte que des individus n'appartenant pas à une organisation dotée d'un code vestimentaire couvraient les sports en nombre sans cesse plus élevé.

Pour sa part, l'ancien gérant des Marlins de la Floride, Jack McKeon, 81 ans, a estimé qu'il s'agit avant tout d'une question de générations. On le sait, les jeunes ne respectent plus rien.

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