L'humain toujours plus fort que la machine

Une scène du film Les robots (I, Robot) d’Alex Proyas (2004).
Photo: Twentieth Century Fox Une scène du film Les robots (I, Robot) d’Alex Proyas (2004).

Le scénario-catastrophe est alimenté depuis des lunes par l'univers de la science-fiction: un jour, les machines vont prendre le contrôle des humains, les asservir et surtout présider à leur destinée, pour le pire, bien entendu.

La perspective d'avenir n'est pas très joyeuse. Elle serait aussi de plus en plus facile à entrevoir avec la prolifération des modules de communication portables auxquels s'accrochent les humains, parfois dans les secondes suivant la levée du lit et souvent au mépris des autres humains autour d'eux.

La preuve, selon quelques technophobes et angoissés de la modernité, que la prophétie des oiseaux de mauvais augure est finalement en train de s'écrire. Doucement.

La machine commence-t-elle à prendre le dessus sur son créateur? Des membres de la Dell Communauty ont soumis ce sombre demain à l'épreuve des faits, pour le plaisir de la chose. Comment? En comparant les compétences de la machine humaine avec celle de la machine binaire, selon plusieurs points, dont la vision, l'audition, la mémoire et la capacité de composer avec des virus.

Le résultat, s'il est encore et toujours à l'avantage de l'animal pensant, ne fait pas pour autant mal paraître les assemblages de plastique, de circuits imprimés de processeurs.

La vision. C'est l'humain qui gagne avec des yeux qui lui permettent de percevoir, en terme de définition, pas moins de 576 mégapixels, soit 300 fois plus que la caméra de la plupart des ordinateurs portables qui ne comprennent le monde autour d'eux qu'à une résolution de 2.0 mégapixels. Les appareils photo de calibre professionnel sont aujourd'hui à 24 mégapixels. Bien sûr, l'an dernier, un appareil photo expérimental a fait monter la sauce en prenant un cliché de... 26 gigapixels, note Dell. Mais il a fallu trois heures pour générer la photo.

L'audition. L'oreille humaine est impossible à battre avec sa capacité à capter des fréquences sur un spectre qui va de 20 à 20 000 hertz. La plupart des microphones d'ordinateurs, eux, vont de 100 à 16 000 hertz. Et, donc, pour cacher une conversation à Hal, l'ordinateur malade de 2001, l'odyssée de l'espace, la recette aurait été très simple.

L'odorat. Victoire facile. L'organisme humain dispose de milliers de capteurs sensoriels qui lui permettent de distinguer plus de 10 000 odeurs différentes. Les bonnes comme les mauvaises. Les ordinateurs, eux, ne sentent tout simplement pas. Au mieux, ils peuvent identifier des molécules liées à une odeur ou une saveur, mais jamais comprendre ce qu'est vraiment le parfum de l'amour. Tant pis pour eux.

La lecture. Quelques humains prétendent pouvoir lire 10 000 mots à la minute, même si, dans les faits, la plupart d'entre nous atteignent en lecture une vitesse de croisière de 1000 à 2000 mots par minute. C'est autant que la plupart des numériseurs... pour le moment du moins, puisque dans les laboratoires, des machines capables de lire 200 pages à la minute sont déjà en opération.

La mémoire. Ça se corse. La Dell Communauty souligne qu'à ce jour, un certain Daniel Tammet a fait briller l'humain en mémorisant le chiffre Pi (3,1416) et surtout ses 22 500 décimales. Un disque dur de 500 gigabytes peut contenir des chiffres 24 millions de fois plus gros. Et aujourd'hui, l'humain travaille à la construction d'un disque dur de 120 petabytes capable de contenir 120 millions de gigabytes de données numérisées. C'est la capacité de 7,5 millions de iPhone de base en une seule machine. Et ça donne forcément une longueur d'avance à cette dernière.

Le jeu. Le combat est déjà terminé. Le champion du monde des échecs et même celui du jeu télévisé Jeopardy, c'est un ordinateur. Et l'avance dans ce domaine est probablement impossible à surmonter.

La consommation d'énergie. Un ordinateur consomme en moyenne entre 20 et 90 watts, soit bien moins que la machine humaine qui, si elle suit les recommandations des nutritionnistes en ingérant 2000 à 2500 calories par jour, induit une consommation d'énergie variant entre 96 et 120 watts. Reste que c'est encore mieux que les performances du plus puissant des superordinateurs qui, pour arriver à un niveau de calcul approchant de 80 % celui du cerveau humain, a besoin de 9,9 mégawatts d'énergie pour le faire. Pas 96 watts.

Le stockage énergétique. Allez, plastronnons: un ordinateur portable peut vivre de trois à dix heures sur sa pile. L'humain moyen peut survivre de quatre à six semaines sans nourriture et de deux à dix jours sans eau. Que dire de plus?

La température. La machine humaine est fragile, souligne la Dell Communauty en rappelant que, pour bien fonctionner, le corps humain doit avoir une température variant entre 36,1 et 37,2 °C. L'ordinateur, lui, peut faire la même chose entre 10 et 35 °C.

Les infections. Il y a des millions de virus dans l'environnement, mais près de 5000 sont très bien connus de la communauté scientifique en raison de leur risque potentiel sur la santé humaine. Aujourd'hui, les ordinateurs évoluent dans un écosystème où 2,5 millions de virus informatiques les menacent. C'est pire.

Au terme de la comparaison, l'humain arrive facilement à tirer son épingle du jeu, croient les instigateurs de ce projet comparatif aussi inutile que divertissant. Oui, l'humain a encore le dessus sur la machine et finalement, la science-fiction n'a jamais vraiment cessé de le démontrer puisqu'il faut encore et toujours passer par son cerveau génial pour être capable, pour le moment, d'imaginer une situation inverse.

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