Repères - Ça va chez vous?

Comme le veut le dicton populaire, l'argent ne fait peut-être pas le bonheur, mais il y contribue sûrement. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient de publier «Comment va la vie?», un rapport sur la perception que les gens ont de leur propre bien-être. On a sondé les populations pour trouver la part «déclarant éprouver davantage de sentiments positifs que de sentiments négatifs au cours d'une journée normale».

Les Danois, les Islandais et les Japonais, qui ne sont pas pauvres, occupent les trois premières places dans ce classement (avec plus de 85 % de répondants qui voient la vie du bon côté). Ils sont suivis par les Indonésiens, dont les revenus sont nettement inférieurs. De façon générale, on peut dire que les habitants des pays riches ont tendance à se sentir plus heureux dans la vie que ceux des pays pauvres, mais la réalité est un peu plus complexe.

Ainsi, les Luxembourgeois et les Américains, dont les revenus moyens sont les plus élevés de la planète, ne comptent pas parmi ses habitants les plus satisfaits. Ils occupent le 16e et le 19e rang, respectivement. Des performances quand même honorables, supérieures à la moyenne de l'OCDE, le club des pays riches, et bien sûr supérieures à la moyenne de l'échantillon total, qui comprend aussi une vingtaine de pays dits intermédiaires.

La répartition des revenus serait-elle en cause? L'OCDE ne semble pas avoir soupesé ce facteur directement. En revanche, son étude tient compte du chômage, très élevé aux États-Unis en ce moment, du travail précaire et de la peur de perdre un emploi, qui est non seulement source de revenu, mais aussi source de relations sociales. «Le fait d'avoir un travail est un facteur essentiel au bien-être», telle est d'ailleurs la première constatation de l'étude. Ainsi, les Tchèques, les Slovaques, les Polonais, les Hongrois, les Espagnols et les Estoniens comptent nettement moins de jovialistes en leur sein que les autres Européens et Nord-Américains.

Le Canada se classe 21e parmi les 40 pays étudiés par l'OCDE. Au fil des ans, notre dominion a reçu plusieurs fois le titre de (plus!) meilleur pays au monde selon l'indice de développement humain de l'ONU. Dans le dernier rapport onusien, il occupe le huitième rang. Les Canadiens ont donc de leur propre bonheur une opinion moins favorable que les fonctionnaires de l'ONU, qui se basent sur un ensemble d'indicateurs statistiques, lesquels reflètent souvent des moyennes.

L'OCDE a étudié un vaste ensemble de facteurs pour expliquer les différents niveaux de satisfaction des populations: logement, revenu, emploi, vie communautaire, éducation, environnement, gouvernance, santé, sécurité, temps disponible en dehors du lieu de travail. À ce dernier chapitre, l'OCDE a découvert que «moins de 30 % des travailleurs européens sont satisfaits de leur équilibre entre vie professionnelle et vie privée».

En cette époque où les «indignés» avides de changements s'opposent farouchement aux néolibéraux partisans du «business as usual», l'organisation basée à Paris a conçu un outil «interactif» qui lui permettra de constamment mettre à jour son portrait du bonheur mondial.

À voir en vidéo