La Kia Rio : les Coréens frappent un grand coup

Le côté très européen des lignes de la Rio, avec son museau plongeant et sa partie arrière à la Peugeot, charme à coup sûr et confirme une fois de plus l’excellence du travail du designer en chef de Kia, l’Allemand Peter Schreyer (ex-Audi et Volkswagen).<br />
Photo: Source Kia Le côté très européen des lignes de la Rio, avec son museau plongeant et sa partie arrière à la Peugeot, charme à coup sûr et confirme une fois de plus l’excellence du travail du designer en chef de Kia, l’Allemand Peter Schreyer (ex-Audi et Volkswagen).

Bien honnêtement, je vous avoue que les récents produits de la marque m'en ont mis plein la vue. Je dis bien récents, parce que des modèles comme les Rondo et Sedona ont moins d'arguments pour se défendre en 2012. En revanche, les Sorento, Sportage et Optima ont franchement tout pour faire en sorte que la con-currence asiatique rie jaune. Et là, n'y voyez pas de mauvais jeu de mots...

Cela dit, la Rio pourrait bien être le clou dans le cercueil pour les Honda, Toyota et Mazda de ce monde. Voilà une petite automobile de laquelle on se moquait il y a quelques années à peine; aujourd'hui, ses rivales nippones auraient avantage à s'en inspirer. Pour un revirement, c'en est un grand!

Il faut toutefois savoir que la Rio n'est pas seule à trôner au sommet de la catégorie, puisqu'elle partage l'essentiel de ses éléments mécaniques et structuraux avec une autre sous-compacte, soit la Hyundai Accent. Ces deux voitures sont donc aussi bien armées l'une que l'autre pour faire la guerre à la concurrence. Et même si la Rio possède quelques cartes de plus dans son jeu pour certains acheteurs, il ne faut absolument pas regretter l'Accent, si vous en avez récemment fait l'acquisition.

Cinq portes seulement, mais pas pour longtemps

Personnellement, j'admets préférer la robe de la Rio à celle de l'Accent, et ce, même si la Hyundai a une bouille sympathique. Le côté très européen des lignes de la Rio, avec son museau plongeant et sa partie arrière à la Peugeot, charme à coup sûr et confirme une fois de plus l'excellence du travail du designer en chef de Kia, l'Allemand Peter Schreyer (ex-Audi et Volkswagen).

Introduite d'abord sous la forme d'un modèle à hayon à cinq portières, la nouvelle Rio se déclinera aussi en berline, dès le mois prochain. Bientôt, on pourrait même voir apparaître un modèle à trois portes, celui-là même qui a récemment été dévoilé au Salon de l'auto de Francfort. Mais rien n'est encore confirmé, puisque la faible popularité des modèles trois portes en Amérique du Nord fait hésiter les planificateurs de produits de la marque quant à son importation.

Une sous-compacte de luxe

À l'intérieur, la nouvelle Rio séduit tout autant, avec un habitacle moderne, élégant et chaleureux, qui ne laisse aucunement croire à une voiture sous-compacte. On y reconnaît d'ailleurs quelques éléments de design qu'on retrouve à bord de l'Optima.

Confortablement installé sur un baquet réglable en toutes directions, le conducteur contemple un poste de conduite tout simplement génial qui, selon la version, propose de très jolis agencements de couleurs. Et c'est sans compter le fait que, désormais, plusieurs versions reçoivent des panneaux intérieurs à relief, plus doux au toucher et surtout moins froids que ces plastiques durs bon marché, qui envahissent l'habitacle de plusieurs rivales.

On ne peut non plus passer sous silence la grande richesse de l'équipement, à faire rougir plusieurs voitures coûtant le double du prix. Qu'il suffise de mentionner la climatisation automatique, une caméra de recul, des phares automatiques, le démarrage à bouton-poussoir et un volant chauffant. Ça ne s'arrête pas là: on peut aussi ajouter la sellerie de cuir, le toit ouvrant, le système UVO multimédia (voir encadré) et le système d'accès sans clé. Tout ça pour moins de 21 000 $.

C'est toutefois la version LX +, un cran moins cossue, qui risque d'être la plus populaire. Son équipement de série comprend néanmoins le groupe électrique complet, la climatisation, le régulateur de vitesse, des sièges chauffants et la téléphonie mains libres, tout ça pour 15 595 $. Ajoutez 1100 $ pour une boîte automatique.

Six rapports au choix

Qu'elle soit manuelle ou automatique, la transmission de votre Rio comptera six rapports. Cela permet évidemment d'optimiser les performances et la consommation, en conjonction avec un moteur proposant les dernières technologies en matière d'allumage et d'injection de carburant.

Fougueux, le petit 4-cylindres se montre également discret, du moins tant que vous appliquez une pression raisonnable sur l'accélérateur. Seul petit bémol, la boîte automatique s'avère parfois hésitante entre les deux derniers rapports dès qu'une pente, si petite soit-elle, apparaît. Sur des routes moindrement montagneuses, cette dernière risque donc de faire un va-et-vient constant entre le cinquième et le sixième rapports, ce qui a bien sûr un impact direct sur le confort et l'économie de carburant.

Comme les hybrides


Idle Stop and Go! Voilà ce que signifie ISG, une technologie permettant au moteur de se mettre à l'arrêt momentanément, le temps que le feu tombe au vert ou que le trafic se libère. Cet ingénieux dispositif peut évidemment réduire votre consommation encore davantage, tout comme les émanations polluantes. On le retrouve d'ailleurs sur la grande majorité des voitures hybrides, dont la nouvelle Kia Optima.

Actuellement, une seule version (LX Eco) à boîte automatique en est équipée. Elle commande un debours d'environ 600 $ supplémentaires. Plusieurs autres versions pourraient à terme se voir attribuer cette technologie, selon la réponse des acheteurs.

Du plaisir à bas prix

La liste des bonnes surprises ne s'arrête pas là. La nouvelle Rio nous fait passer du bon temps sur la route, grâce à une conduite dynamique et à un comportement global très équilibré. Bien insonorisée, agile et maniable, la voiture impressionne par sa grande souplesse.

Parmi les points forts, mentionnons un freinage prompt, engendré par la présence de disques aux quatre roues, ainsi qu'un confort de roulement optimisé par l'empattement plutôt long de la voiture, malgré sa taille réduite. Et parmi les points faibles, disons qu'un petit moteur turbocompressé avec un peu plus de nerf ne serait pas de refus! Parce que, contrairement à plusieurs rivales, cette Rio serait facilement en mesure de composer avec 30 ou 40 chevaux supplémentaires. Voyez plutôt ça comme un caprice de chroniqueur...

Conclusion


Il n'est pas exagéré de dire qu'avec la Rio de troisième génération, Kia remet les pendules à l'heure dans la catégorie. Certaines rivales souffriront assurément de l'arrivée de cette voiture: les japonaises, bien sûr, mais aussi les américaines, comme la Ford Fiesta et la nouvelle Chevrolet Sonic. En plus, la Rio et sa jumelle, l'Accent, sont toutes deux protégées par une garantie de base de cinq ans, soit deux de plus que toutes leurs concurrentes. Une chose est sûre: les Coréens viennent de frapper un autre grand coup.

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Collaborateur du Devoir

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