Scion iQ - Mieux que la Smart, mais cela suffira-t-il ?

La Scion iQ de Toyota vise une clientèle citadine et soucieuse de l’environnement, souhaitant conduire quelque chose de différent.<br />
Photo: Antoine Joubert La Scion iQ de Toyota vise une clientèle citadine et soucieuse de l’environnement, souhaitant conduire quelque chose de différent.

Il y a un an, presque jour pour jour, je vous invitais dans ces mêmes pages à découvrir une nouvelle gamme de voitures, au sein de la grande famille Toyota. En effet, c'est en septembre 2010 que le constructeur nippon lançait officiellement la marque Scion sur le marché canadien.

Cette division, qui fêtera l'an prochain son dixième anniversaire d'existence chez nos voisins du sud, tend à viser une clientèle plus jeune, qui se situe, plus précisément, entre 18 et 25 ans. De grandes ambitions, lorsqu'on sait quels sont les moyens financiers de ces «vieux adolescents»!

Vous aurez d'ailleurs peut-être pu apercevoir quelques publicités relatives à cette marque, où l'on vous mitraille les oreilles avec de la musique hip-hop en vous montrant des images aussi étourdissantes que l'effet d'un stroboscope, tout ça sans même que l'on glisse un mot sur les voitures. À croire que les concepteurs de ces pubs croient que tous les jeunes sont sous l'influence de quelque chose...

Un an plus tard...

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la marque ne se porte pas aussi bien que les gens de Toyota l'auraient souhaité. En fait, les ventes sont si faibles que certains concessionnaires, qui ont investi des sommes faramineuses pour modifier leurs installations afin d'accueillir cette gamme, crient presque au scandale.

Après un an, seulement quelques milliers de voitures ont été vendues au Canada. Le coupé tC semble tirer son épingle du jeu, mais il ne s'agit évidemment pas d'un modèle de masse pouvant permettre d'obtenir une base solide. Le modèle xB, la boîte carrée, déçoit énormément, puisqu'on comptait principalement sur ce modèle pour élever la vague. Fait intéressant, on remarque que la majorité des gens qui se procurent ce modèle ne sont pas des jeunes, mais plutôt des adultes d'âge mûr, qui tentent de rajeunir! Et finalement, le modèle xD, peu intéressant il est vrai, est simplement laissé à lui-même.

À l'heure actuelle, l'espoir d'élever la marque, et de la faire connaître, repose donc sur le coupé tC, ainsi que sur l'arrivée d'une microvoiture, la Scion iQ.

Présentée sous différents aspects depuis près de deux ans dans les divers salons automobiles, cette voiture tentera de rejoindre une clientèle citadine et soucieuse de l'environnement, souhaitant conduire quelque chose de différent. Mais elle cherchera aussi à attirer des acheteurs qui souhaitent néanmoins conserver un minimum d'aspect pratique — contrairement à une Smart, par exemple.

Mignonne partout

Toyota — pardon, Scion — décrit l'iQ comme la plus petite voiture à quatre places du monde. Son mandat est de joindre l'utile à l'agréable, dans un contexte urbain. Et honnêtement, à ce niveau, c'est réussi.

D'abord, il faut admettre que la voiture est tout à fait charmante, même si le parallèle avec la Smart est inévitable. On peut agrémenter la carrosserie avec un petit becquet arrière et des jantes d'alliage, en option. Mais, somme toute, elle est mignonne comme tout.

Vient ensuite le moment de se glisser à bord, où l'on découvre un poste de conduite plutôt agréable à l'oeil, ainsi qu'une configuration de sièges pour le moins particulière. C'est qu'en fait le siège du passager avant est décentré par rapport à celui du conducteur, afin d'offrir davantage d'espace au passager arrière droit. La planche de bord est donc plus mince du côté droit, ce qui permet au passager de siéger plus près du pare-brise. Résultat, trois adultes peuvent décemment prendre place à bord. Toutefois, le siège situé derrière celui du conducteur est drôlement moins accueillant. Seul un jeune enfant (ou peut-être un contorsionniste) peut y prendre place. Il faut donc plutôt parler d'une 3+1. Et sachez que dans le cas où vous souhaitez utiliser les places arrière, le coffre devient à peine assez grand pour y placer quelques baguettes de pain...

Un groupe électrique complet, un climatiseur, une chaîne audio performante et la technologie Bluetooth sont au nombre des caractéristiques de série. Et Toyota a également mis le paquet afin d'en faire un véhicule sécuritaire, allant même jusqu'à doter la voiture de neuf sacs gonflables, dont un spécialement conçu pour les impacts arrière.

Amusante

Mécaniquement, le petit quatre cylindres de 1,3 litre, qui est jumelé à une boîte automatique à variation continue, a tout ce qu'il faut pour déplacer cette voiture avec aisance. Assez puissant et très nerveux, il consomme néanmoins très peu: à peine plus de 5 litres au 100 kilomètres.

Ce n'est toutefois pas le moteur qui permet d'obtenir de belles sensations, mais le comportement général du véhicule. Très agile, dotée d'une direction nerveuse affichant un très petit diamètre de braquage, cette voiture se faufile et se gare partout. Et elle parvient, en plus, à offrir un minimum de confort. Bien sûr, il faut s'attendre à ce qu'elle soit sensible aux vents latéraux, les lois de la physique étant incontournables; mais il n'en demeure pas moins qu'elle se veut généralement aussi amusante à conduire qu'à regarder.

Conclusion

Maintenant, est-ce que tout cela lui permettra de connaître du succès? J'en doute. D'autant plus qu'à près de 17 000 $, elle ne vous fait pas économiser un sou par rapport à une Toyota Yaris, équipée à peu près de la même façon. Par contre, ses dimensions et son prix la placent en concurrence directe avec la Smart, et elle est plus pratique que cette dernière, qui n'a que deux places, en plus d'offrir un confort supérieur et une motorisation plus adéquate. Et puis, l'appartenance à la famille Toyota est toujours un gage de fiabilité.

Pour Scion, il ne s'agit donc pas non plus d'un modèle à volume, ce qui place la marque dans une situation difficile. Certes, on réussira à en vendre, si l'on compte les entreprises qui souhaiteront se procurer un véhicule de livraison qui attire les regards. De plus, l'iQ va attirer des acheteurs dans les salles d'exposition de la marque. Mais cette voiture aurait très bien pu porter l'écusson Toyota, et les résultats de ventes auraient été identiques...

Après une première année difficile, on peut se poser la question: est-ce que le lancement de Scion au Canada constitue une erreur, au même titre que pour les défuntes marques Geo et Saturn chez GM, par exemple? Seul l'avenir le dira.

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Collaborateur du Devoir

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1 commentaire
  • Serge Bruneau - Abonné 29 août 2011 17 h 52

    Dans mon temps...

    Vous souvenez-vous de la renault 5? Agile, économe, drôle à conduire... La iq pourrait peut-être plaire aux plus vieux finalement!