Le grand air ne sied pas au Canadien

Max Pacioretty et le défenseur des Flames, Mark Giordano, en pleine action.  <br />
Photo: Agence Reuters Todd Korol Max Pacioretty et le défenseur des Flames, Mark Giordano, en pleine action. 

On a beau avoir affaire à un duel entre adultes millionnaires et avoir perdu toutes ses illusions, impossible de ne pas ressentir un soupçon de nostalgie dans la région et de ne pas replonger dans l'enfance lorsque le hockey s'en va jouer dehors. Comme hier, au stade McMahon de Calgary, domicile habituel des Stampeders de la Ligue canadienne de football, où avait été aménagé le plus postmoderne des étangs gelés.

Canadien-Flames, devant quelque 40 000 courageux par -10 degrés en début de joute. Le soleil qui descendait tranquillement question de rendre ça un peu plus froid alors que le Chinook se manifestait. Les locaux qui portaient un uniforme rayé rouge et jaune plutôt atroce, carrément sorti du design des années 1920. Carey Price qui s'était fait confectionner un masque spécialement pour l'occasion, et un franchement bizarre — «creepy», a-t-il même convenu — en l'occurrence: un hommage à Jacques Plante, sur lequel on pouvait apercevoir les yeux du grand gardien et son protège-visage pionnier, mais aussi une représentation des oreilles et des cheveux de Price, enfin un concept relativement compliqué. Et pas un traître mot de français dans l'hymne national. Vous l'avez dit: comme dans le bon vieux temps.

Autre chose? Quand les joueurs freinaient, ils soulevaient beaucoup plus de neige qu'à l'accoutumée. La buée apparaissait à chaque expiration. Et en fait de patinoire à la fine pointe de la technologie ambiante, mettons que la rondelle semblait passablement sautillante et que le jeu a dû être stoppé à plusieurs reprises pour que l'on puisse procéder à de menues réparations.

Bref, c'était la Classique Héritage, qui revendique ce nom bien que n'ayant été hier qu'à sa deuxième présentation, après celle du 22 novembre 2003 à Edmonton où la tuque de José Théodore s'était révélée au monde entier. On fabrique des traditions plus rapidement qu'avant.

Cela dit, il ne fallait pas, dans cette atmosphère bon enfant, perdre de vue l'essentiel, soit qu'il y avait deux points de classement hypercruciaux à aller chercher. Et ce sont les locaux qui sont parvenus à mettre la main dessus en s'imposant par la marque de 4 à 0.

Dans un premier vingt d'une incohésion à inciter au changement de chaîne (voir l'état incertain de la surface, brisant fréquemment le rythme), le Calgary s'est montré dominant. René Bourque a eu la distinction d'ouvrir le score à la neuvième minute en faisant dévier un tir-passe d'Alex Tanguay. Les Flames, il faut le dire, bénéficiaient alors d'un avantage numérique de deux hommes, ce qui place l'unité défensive en sérieux péril chaque fois que ça se produit.

Mais bien que le Canadien eût concédé 19 tirs contre 8, il pouvait se rasséréner quelque peu en rentrant se réchauffer avec un déficit d'un seul but. Pendant l'entracte, on arrosait la glace à l'aide de bons vieux boyaux.

À l'engagement médian, les séquences à l'attaque se montrèrent mieux réparties, mais personne ne parvint à ébranler un quelconque cordage pendant un bon bout de temps, notamment en raison d'arrêts clés de la part de Price et de Miikka Kiprusoff. Mais à la 13e minute, alors que son club se défendait à court d'un homme, Curtis Glencross sortait brillamment la rondelle du coin et la refilait au gros défenseur Anton Babchuk à la hauteur du cercle de mise en jeu à la droite de Price. Babchuk dégainait du poignet, et c'était 2-0.

Puis, deux minutes plus tard, Bourque, particulièrement en forme, acceptait une passe sautillante et réussissait à ne plus la faire trop sautiller en filant droit sur Price, qu'il déjouait sans trop de mal. 3-0 Calgary à la fin de la deuxième, malgré 21 tirs de Montréal durant la période.

En troisième, Tanguay est venu éteindre les feux de la rampe en marquant depuis l'embouchure à la 11e minute. Kiprusoff devait tenir le coup jusqu'à la fin et repousser 39 tirs pour le blanchissage.

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4 commentaires
  • Maurice Arbour - Inscrit 21 février 2011 07 h 55

    Hymne national?

    Pouvez-vous me dire pourquoi on joua l'hymne national américain avant l'hymne canadien alors qu'il s'agisssait d'une joute de hockey entre deux équipes canadiennes ? Et pourquoi avoir déployé le drapeau américain?

  • François Dugal - Inscrit 21 février 2011 11 h 13

    La puck

    La puck roulait pas pour eux-autres à soir.

  • François Dugal - Inscrit 21 février 2011 11 h 15

    Réponse à J.Maurice Arbour

    L'hymne national américain est joué en l'honneur du commissaire de la «NHL», M. Gary Bettman.

  • Maurice Arbour - Inscrit 21 février 2011 17 h 06

    Note à l'intention de M.Dugal

    Si votre explication est exacte, je conclus que les Canadiens sont encore plus colonisés que les Québécois. À chacun son colonisateur! M. Dion pourrait-il ajouter son grain de sel dans cette salade?