REER ou CELI?

Un an après son introduction, en 2009, 24 % des Canadiens admissibles avaient ouvert un compte d'épargne libre d'impôt. Deux ans après, cette proportion demeure toujours autour de 20 % et l'épargne cumulée dans les CELI atteint les 20 milliards. L'engouement n'y est tout simplement pas. Pourtant...

Depuis 2009, tous les épargnants âgés de 18 ans et plus peuvent cotiser au moins 5000 $ par année à un CELI. On parle d'une personne physique, et non morale. Ces cotisations ne sont pas déductibles du revenu imposable, mais le revenu généré sur cette épargne ne sera pas imposé. Il n'y a pas de contraintes fiscales associées aux retraits. Il n'y a pas de limites aux retraits que le titulaire peut effectuer de son CELI, quoique sur le plan administratif des frais pourraient être exigés par les institutions financières selon la fréquence des retraits, étant donné la lourdeur du travail administratif afférent. Et ces retraits régénèrent les droits de cotisation, qui ne sont pas perdus et qui peuvent s'accumuler.

Cela dit, dans la comparaison entre un CELI et un REER, on retient que, si le taux d'imposition est égal à l'entrée et à la sortie, on choisira indifféremment une cotisation au REER ou une contribution au CELI. Si, au moment du retrait, le taux d'imposition est moins élevé, le REER, qui est un régime d'étalement du revenu imposable, aura un avantage. À l'inverse, si le taux lors du retrait est plus élevé, le CELI l'emporte.

Par contre, le retraité devra tenir compte du fait que les sommes sorties du CELI ne modifieront en rien les prestations de sécurité de la vieillesse et de supplément de revenu garanti. Les montants retirés, parce qu'ils ne sont pas imposés, ne seront également pas pris en compte dans le calcul du droit à des prestations ou à des crédits fondés sur le revenu. Ainsi, au désavantage du REER, «les aînés qui vivent actuellement avec l'argent retiré de leur REER ou FERR constatent que même de modestes retraits de ces régimes au moment de la retraite influent sur leur admissibilité aux prestations et crédits gouvernementaux assujettis au revenu», a noté la CIBC.

Dans le jeu de comparaison, on retient toutefois que d'un strict point de vue financier, le REER l'emporte en raison de la déduction fiscale associée à la cotisation. Et l'avantage sera d'autant plus grand si le remboursement d'impôt est réinvesti dans le REER ou, pourquoi pas, dans un CELI.

En revanche, tout le jeu de la comparaison devient plus flou si le détenteur du REER est contraint de piger dans son régime avant l'âge de la retraite, à un moment où son taux d'imposition est probablement à son maximum. Or «les Canadiens à court d'argent semblent puiser dans leurs REER avant la retraite à un rythme alarmant. Selon des données récentes, 1,9 million de Canadiens ont retiré 9,3 milliards de dollars de leur REER en 2008, et plus de 80 % des retraits en question ont été effectués par des personnes de moins de 60 ans. Non seulement ces fonds retirés des REER ne pourront pas être remplacés à une date ultérieure, mais les impôts prélevés sur ces fonds peuvent faire passer une personne dans une tranche d'imposition plus élevée et réduire ses prestations fondées sur le revenu, y compris le crédit pour TPS/TVQ, la Prestation fiscale canadienne pour enfants et la Prestation fiscale pour le revenu de travail», a souligné la CIBC.

Les retraits effectués dans un CELI permettent évidemment d'éviter ces deux problèmes.

Ce petit jeu de comparaison est complété par ce tableau synthèse, fourni par la BMO Groupe financier.

  • Dans le cas du CELI, il n'est pas nécessaire d'avoir un revenu pour bénéficier des droits de cotisation de 5000 $ par année.
  • Dans le cas du REER, vous devez avoir un revenu afin de pouvoir bénéficier de droits de cotisation annuels.
  • Les retraits d'un CELI sont à l'abri de l'impôt. Tout montant retiré est alors ajouté à vos droits de cotisation pour l'année suivante, de façon à ce que vous puissiez de nouveau cotiser la somme que vous avez retirée.
  • Les retraits d'un REER sont imposables l'année où le retrait est effectué, à l'exception des retraits effectués dans le cadre du Régime d'accession à la propriété (RAP) ou du Régime d'encouragement à l'éducation permanente (REEP), qui ne sont pas imposables à condition qu'ils soient remboursés dans les délais impartis. Les montants retirés ne peuvent être ajoutés à vos droits de cotisation pour l'année suivante.
  • Les cotisations à un CELI ne sont pas déductibles de l'impôt sur le revenu.
  • Les cotisations à un REER sont déductibles de l'impôt sur le revenu.
  • Il n'est pas obligatoire de convertir le CELI en un régime de paiement de revenu (par exemple un FERR ou une rente), peu importe l'âge.
  • Les sommes accumulées dans un REER doivent être retirées en totalité ou transférées dans un FERR ou une rente, et ce, au plus tard à la fin de l'année où vous atteignez l'âge de 71 ans.

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