Dix choses que l'on rêve de voir disparaître en 2011

Les produits surgelés dont les pizzas sont une sorte de vulgaires copies d’un repas d’avion bas de gamme. Ils dégagent en chauffant une odeur désagréable et offrent aux papilles des tonalités conséquentes.
Photo: Agence France-Presse (photo) Jeff T. Green / Getty Images Les produits surgelés dont les pizzas sont une sorte de vulgaires copies d’un repas d’avion bas de gamme. Ils dégagent en chauffant une odeur désagréable et offrent aux papilles des tonalités conséquentes.

L'arithmétique est formelle: 2011 marque, par le chiffre, le début d'une nouvelle décennie, et ce, tant et aussi longtemps que l'humain n'aura pas trouvé les traces de l'existence d'une année zéro. Comme le veut la tradition, l'heure est donc propice aux bilans, aux introspections, mais aussi — et pourquoi pas — aux rêves, aux planifications et à l'adoption de quelques résolutions, avec, en trame de fond, cette question essentielle: si, en 2011, nous pouvions nous débarrasser de plusieurs tracas, irritants ou phénomènes vides, insipides et ennuyants de la décennie qui vient de se terminer, lesquels devrions-nous choisir? Suggestions...

Les magasins de type «dépôt»

Pour la quincaillerie, le vin, l'équipement sportif, les couches de bébé, la piscine, la céramique... L'univers du «dépôt» a fait son temps avec ses superficies humainement déplacées, ces emplacements qui encouragent les déplacements en voiture, sa fausse impression de choix, son flagrant manque de service et surtout, surtout, la trop grande quantité de produits bas de gamme qui s'y trouvent. Les Anglos disent: «Petit, c'est beau». En 2011, on va vouloir les croire.

Le bas de gamme et l'obsolescence programmée

On l'a vu venir à la fin du siècle dernier et compris au début du siècle en cours: la mondialisation a fait se multiplier sur les tablettes les produits de mauvaise qualité, le bas de gamme, vendu à bas prix pour ne pas durer plus d'une saison. Parlez-en aux acheteurs d'un minifour, icône de cette modernité qui ne dure pas, ou d'un ordinateur portable, d'une télévision à écran plat et d'autres symboles de cette obsolescence bêtement programmée au mépris des ressources naturelles. Dans les dernières années, le mot «durable» était sur toutes les lèvres, pour bien paraître. En 2011, on souhaite que le mot retrouve son sens.

Le marketing vert

Année après année, les études de TerraChoice le confirment: 98 % des produits verts sur le marché se présentent faussement comme écolos, responsables, durables, biodégradables et autres qualificatifs servis pour donner bonne conscience à des consommateurs qui peinent à en trouver ailleurs que dans la sphère de la consommation. Une proportion de 98 %, c'est ce qu'on appelle une majorité aussi désolante qu'écrasante. Et, à partir de 2011, on dit: stop.

Les accros de la techno

La facilité fait-elle perdre des soupçons d'humanité? En permettant de transcender le temps et l'espace, d'être partout en lien avec tout le monde, de consulter le grand livre de la connaissance en réseau dans des coins reculés, les téléphones intelligents, les ordinateurs portables, les connexions sans fil et les iPad ont révolutionné le monde. Mais, de cette révolution, est-il possible maintenant d'extraire les gens qui «tweetent» à table, les parents devant leur portable pendant que les enfants jouent à côté, les «texteurs» de réunion et les parleurs à voix haute au téléphone dans les autobus? En gros.

Les ampoules fluocompactes

On a voulu collectivement y croire, sous la pression du lobby des fabricants et des gouvernements en mal d'image verte: les ampoules fluocompactes proposent effectivement de réduire la consommation d'énergie. Mais, avec son éclairage souvent blafard, sa teneur en mercure, l'absence de mesures efficaces pour être recyclée de manière écologiquement responsable et son manque de chaleur — compensé en hiver par le chauffage souvent électrique — cette source d'éclairage présentent des avantages qui sont loin de devancer ses inconvénients. Et, en 2011, il serait souhaitable que, sur ce sujet, la lumière s'allume enfin.

La quête de la célébrité

Le travers s'est accentué dans les dernières années: aujourd'hui, tout le monde aspire à devenir la vedette de sa propre vie et à en faire profiter la Terre entière par l'entremise des réseaux sociaux, des blogues, d'un téléphone intelligent ou d'une émission de télé-réalité. Pour ne citer que ces exemples. L'intention est louable, même si elle trouve sa source dans l'individualisme, l'éclatement des réseaux sociaux traditionnels et, en fin de compte, le manque de chaleur humaine qui en découle. Tiens, finalement, le remède n'est donc pas si difficile à trouver.

Les enveloppes brunes et blanches

Et si la couleur était la solution? En favorisant à l'avenir des enveloppes rouges, bleues ou vertes et en éradiquant les enveloppes brunes et blanches de l'environnement, les contribuables pourraient plus facilement repérer ces objets qui alimentent le cynisme et contribuent, avec un évident manque d'éthique et de morale, à détourner le bien commun. Oui, en 2011, on peut encore rêver.

Les spas ésotériques

La simplicité a bien meilleur goût. Le spa, qui invite notamment à passer du chaud au froid pour se détendre et stimuler son système immunitaire, est une des plus belles choses qui soient arrivés à la nordicité québécoise durant les dernières années. Mais pourquoi chercher à en faire des lieux destinés à soigner l'âme, à renouer avec ses émotions, à ouvrir ses canaux d'énergie, souvent par abus de phrases creuses et d'arguments pseudo-scientifiques? Demandez aux Finlandais: un spa, c'est un espace de détente et de socialisation, pragmatique et fonctionnel. Point.

Les chansons de Noël reprises par les vedettes à la mode


Peut-être en avez-vous eu assez, dans les dernières semaines, pour saisir l'ampleur du drame: Céline Dion, Diana Krall, Marie-Élaine Thibert, Coldplay et Annie Villeneuve ont repris en choeur les grands classiques de Noël pour nous divertir et parfois même nous faire rire. Mais soyons sérieux: ça fait plusieurs décennies que ça dure, et la blague a assez duré.

Les pizzas et autres plats congelés


Ce n'est pas parce qu'elle est justifiée par le manque de temps et la perte d'aptitudes culinaires que l'apparition de ces produits est acceptable pour autant. Oui, les plats préparés surgelés, les pizzas congelées et les autres solutions culinaires de la facilité à mettre cinq minutes au micro-ondes, sous toutes leurs formes, se sont multipliés dans les congélateurs des ménages du Québec. Mais on peut espérer maintenant que cette tendance s'essouffle avant de disparaître, et ce, pour une raison simple: ces produits, sortes de vulgaires copies d'un repas d'avion bas de gamme, dégagent en chauffant une odeur désagréable et offrent aux papilles des tonalités conséquentes. Et l'humanité, pour supporter son mouvement infernal, devrait arrêter de s'en contenter.

***

Vous pouvez aussi suivre notre journaliste sur Twitter: http://twitter.com/FabienDeglise

À voir en vidéo