L'élégance dans les soirées-bénéfice - Le Musée d'art contemporain mène le bal

La soirée du Musée d’art contemporain de Montréal permettait la rencontre avec les artistes, c’est ainsi que les invités pouvaient observer les jeunes artistes du collectif BGL (dont on aperçoit les membres, Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière sur la photo) expliquer au premier ministre Jean Charest et à son épouse, Michelle Dionne, leur démarche artistique hors du commun.<br />
 <br />
Photo: Philippe Casgrain, Déclik Communications La soirée du Musée d’art contemporain de Montréal permettait la rencontre avec les artistes, c’est ainsi que les invités pouvaient observer les jeunes artistes du collectif BGL (dont on aperçoit les membres, Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière sur la photo) expliquer au premier ministre Jean Charest et à son épouse, Michelle Dionne, leur démarche artistique hors du commun.
 

Les grands bals annuels, qui légitiment des collectes de fonds permettant à des organismes et à des institutions de poursuivre leur mission (Orchestre symphonique de Montréal, Institut de cardiologie, Société canadienne du cancer, Musée des beaux-arts de Montréal...), sont encore trop souvent perçus comme des événements frivoles et mondains qui ne rassemblent que les who's who du milieu des affaires, du monde de la politique et de la planète artistique.

La réalité est pourtant tout autre: ces soirées-bénéfice ont non seulement le mandat de sensibiliser les donateurs et le grand public aux missions qu'elles défendent, mais également celui d'assurer financièrement la survie et l'avancement des fondations qu'elles soutiennent. Ces fêtes où le temps d'un soir on tente de recréer le rêve et la magie en faisant cohabiter le beau (mode et décor), le bon (gastronomie) et la cause en favorisant les rencontres et les alliances représentent de nos jours les derniers refuges de l'élégance.

Si, dans la très grande majorité des bals, on aime bien perpétuer la tradition, celui du Musée d'art contemporain de Montréal (MACM), qui s'est tenu récemment, a su se démarquer en jouant l'audace et la modernité. Ayant comme thème «Osez la couleur», l'édition 2010 fut une réussite éclatante, une soirée d'exception signée par le directeur artistique de grand talent Dick Walsh, très classe en smoking John Galliano.

Dans le hall d'entrée, la directrice générale du MACM, Paulette Gagnon, rayonnante en jeux savants de drapés roses qu'elle s'était confectionnés elle-même, accueillait chaleureusement ses invités, accompagnée du président du conseil d'administration, Marc DeSerres. Dès l'arrivée au musée, on oubliait le fond de l'air frisquet de l'automne pour s'émerveiller devant tant de couleurs qui rappelaient l'éclatement du printemps. Entre les lanternes des maharajas, les ballons géants aux tons acidulés, les références exotiques à Bali et les magnifiques danseuses de l'École supérieure de ballet contemporain moulées dans des combinaisons aux coloris de jujubes, on nous en a mis plein les yeux. Si le décor maîtrisait habilement le mélange des genres, on peut en dire tout autant des robes du soir de ces dames. Étonnamment, le court, surtout privilégié par la jeune génération, côtoyait le long avec fière allure.

Le chic intemporel du noir jouait donc en sourdine, car la grande majorité des invitées avait respecté le thème de la soirée. Le rose fuchsia et le vert chartreuse en total look ou en accents imposaient aussi leur cadence et leur éclat. La tendance était assurément aux robes drapées, fluides et sculpturales qui soulignent la silhouette avec raffinement. Les robes griffées des créateurs québécois défilaient avec beaucoup de grâce parmi celles portant les signatures des designers internationaux, d'Armani à BCBG.

Toujours plus classiques et conservateurs, les princes consorts de ces dames, à quelques exceptions près, sont restés fidèles au tuxedo noir de circonstance.

Le prix de l'audace masculine aurait sans doute été remis à Pierre Daragon, flamboyant avec sa veste noire portée sur un pantalon et une cravate rouge écarlate, pendant que son pendant féminin aurait pu voir le couronnement de Debbie Zakaib, la présidente du comité organisateur du bal, époustouflante avec des lumières dans les cheveux, une digne héritière de l'anticonformisme de Diane Dufresne.

L'élégance ultime

Quant au prix de l'élégance suprême, il reviendrait de droit au plus beau couple de cet événement phare, Sarah Gauthier et Benjamin Gaspar, elle sublime en robe blanche signée Halston, lui racé en smoking Stellson, un jeune couple séduisant d'à peine 30 ans. Comme quoi avoir du style n'a pas d'âge!

Ce qu'il y a d'ailleurs d'irrésistible dans l'évolution du MACM, c'est que sa directrice générale a su lui insuffler une vision, un vent de renouveau et d'innovation qui démocratise l'art contemporain auprès de la population. Avec ses ateliers de création, ses nocturnes, ses conférences, ses visites, ses rencontres, ses vidéos sur l'art et bien sûr ses expositions, le musée vibre d'un formidable dynamisme qui en fait un carrefour entièrement dédié à diffuser l'art contemporain sous toutes ses formes, de la nouvelle danse au théâtre expérimental, de la musique actuelle à la performance, par les modes d'expression actuels.

Le bal est d'ailleurs le reflet de cette nouvelle approche puisqu'il réussit le pari de faire se rencontrer toutes les générations et de réunir des gens de tous les univers autour d'une même passion. On pouvait ainsi partager avec les artistes faisant partie des expositions en cours. Il était très intéressant de voir et d'entendre les jeunes artistes du collectif BGL (Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière) expliquer au premier ministre Jean Charest et à son épouse, Michelle Dionne, au beau milieu de leur installation in situ, leur démarche artistique hors du commun.

Ce rendez-vous annuel est donc devenu une véritable source d'inspiration qui favorise l'échange entre les artistes en art contemporain, les gens d'affaires et les politiciens. Outre M. Charest et son épouse, la liste VIP comprenait une brochette de personnalités de tous les horizons. Raymond Bachand, ministre des Finances et du Revenu, Helen Fotopoulos, responsable de la culture, du patrimoine et de la condition féminine à la Ville de Montréal, le journaliste Bernard Derome, l'animateur Philippe Fehmiu, le designer de mode Andy Thê-Anh et Calin Rovinescu, président et chef de la direction d'Air Canada, parmi tant d'autres.

Les tables montées dans les magnifiques salles du musée étaient à la hauteur de toutes les attentes, pétillantes et éclectiques, le repas coloré et savoureux représentant une invitation à la découverte, alors que l'orchestre nous a bercés de chansons nostalgiques et de musique enivrante jusque tard dans la nuit. Un pur moment de joie, de convivialité, de branding et de design.