Repères - L'obstacle des colonies

Les colonies juives dans les territoires occupés ne constituent pas la seule source de désaccord entre les Israéliens et les Palestiniens, mais elles sont devenues le principal obstacle à la tenue de négociations susceptibles d'aboutir.

Les États-Unis ont fini par convaincre les deux parties de reprendre, début septembre, les pourparlers directs qu'ils avaient rompus en 2008 en raison de la guerre de Gaza, mais ceux-ci risquent d'avorter de nouveau parce qu'Israël refuse de prolonger son moratoire de dix mois sur la colonisation en Cisjordanie, venu à échéance le week-end dernier.

Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a été élu en 2009 à la tête d'une coalition de droite qui comprend des partisans de cette colonisation. Il aurait donc été étonnant qu'il cède aux pressions de la communauté internationale. De son côté, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a souvent fait du gel de la colonisation une condition essentielle à la poursuite des pourparlers, a promis d'attendre la semaine prochaine, après avoir consulté les leaders du monde arabe, pour annoncer ses couleurs.

En Israël, l'opinion publique ne semble pas tenir plus qu'il ne faut à une réactivation du processus de paix si on en croit divers sondages. En revanche, plusieurs textes d'opinion publiés dans les journaux déplorent l'isolement croissant de l'État juif dans le monde, notamment en raison de sa politique obstinée de colonisation. Ainsi, un éditorialiste du quotidien centriste Yediot Aharonot la qualifiait cette semaine de «folie», parce qu'elle va à l'encontre des intérêts fondamentaux de la nation. En multipliant les colonies de peuplement en Cisjordanie, rappelait-il, Israël retarde ou empêche la partition qui, seule, permettrait le maintien à terme d'une majorité juive dans le territoire qu'il contrôle.

Quatre décennies

La politique de colonisation a été menée par tous les gouvernements, qu'ils soient de gauche, de centre ou de droite, depuis plus de quarante ans. Elle a commencé en 1968, quelques mois après la guerre des Six Jours qui avait permis à Israël de conquérir la péninsule du Sinaï, la bande de Gaza, Jérusalem-Est, la Cisjordanie et le plateau du Golan.

Pour les gouvernements travaillistes, il s'agissait surtout de construire dans des zones occupées adjacentes à Israël des implantations qui pourraient servir de monnaie d'échange lors d'éventuelles négociations territoriales.

L'arrivée au pouvoir de la droite en 1977 a changé la donne. Le Likoud et ses alliés, voulant annexer formellement la Cisjordanie et la bande de Gaza, y ont multiplié les colonies, surtout dans le premier territoire. (Les implantations situées dans la bande de Gaza ont été évacuées en 2005 par Ariel Sharon, contre la volonté de sa propre formation.)

Un territoire morcelé

À la fin de 2008, il y avait selon l'organisation israélienne de défense des droits de la personne B'Tselem pas moins de 121 implantations juives en Cisjordanie occupée, sans compter les 12 grandes colonies situées dans Jérusalem-Est, la partie orientale de la Ville sainte que l'État d'Israël a annexée en 1967.

On dénombrait environ 50 000 colons en 1987 au moment de la première intifada, plus de 100 000 en 1993 à la veille des accords d'Oslo, 200 000 en 2000 à la veille de la seconde intifada et 484 100 à la fin de 2008, soit 290 400 en Cisjordanie et 193 700 à Jérusalem-Est.

Les plus grosses colonies sont situées près de Jérusalem ou près de la «ligne verte» qui sépare Israël de la Cisjordanie occupée, mais des implantations de moindre importance parsèment l'ensemble de cette dernière. Les routes à accès contrôlé qui relient ces enclaves au territoire métropolitain ou qui les relient entre elles coupent en petits morceaux la Cisjordanie, qui ne jouit déjà pas d'une continuité territoriale avec la bande de Gaza, l'autre composante d'un futur État palestinien.

Cette hypothèque pesant sur l'État à naître, de même que les frustrations que doivent vivre quotidiennement les Palestiniens, expliquent assez bien l'importance que revêt l'enjeu de la colonisation.
3 commentaires
  • Jean Rousseau - Inscrit 30 septembre 2010 20 h 26

    L'AVENIR ANNONÇÉ DANS LES ÉVANGILES

    Si tous les chefs d'État se trouvaient à la hauteur, ils se regrouperaient afin de faire respecter les droits humains en intervenant de multiples façons novatrices.

    Au lieu de s'aligner "au vent mauvais" (d'un chanteur).

  • Jean Rousseau - Inscrit 30 septembre 2010 22 h 27

    LE FREINS AU BONHEUR *l'ultime


    Si tous les chefs d'État se trouvaient à la hauteur, ils se regrouperaient afin de faire respecter les droits humains... en intervenant de multiples façons novatrices.

    Au lieu de s'aligner servilement à la plus grosse fortune.

    Imaginez nos réaction si des fanatisés se croiraient, (en leurs droits), de nous voler des parcelles de terrain, (Les Plaines d'Abraham). Le problème qui touche les israéliens demeure cette aberration religieuse millénaires, (bien réelle), qui les fait se penser supérieurs. Cela joue évidemment dans leurs pourparlers avec les palestiniens... Il leur faudrait absolument une thérapie collective, (Boris Cyrulnik), car cette attitude méprisante les fait haïr à un tel sommet.

    J'ai déjà entendu que le jeune Hitler était devenu fou furieux, lorsqu'il observa, (avec quelle manière condescendante), un juif avait traité son père, (« Les blessures symboliques » de Bruno Bettelheim). J’en ai causé avec des rabbins, (mais à l’égal de certains religieux ou psychiatres québécois), ils semblaient tellement sûrs de leurs convictions, que le pire m’a semblé encore possible.

    Jean Rousseau, B. Ps
    consultant en psychologie du développement
    courriel : jeanrousseau1956@live.ca

  • Hélène Béland - Inscrite 3 octobre 2010 10 h 56

    pauvres palestiniens qui n'ont pas fini tapauger ds la victimisation...

    Une autre vérité dont on ne parle jamais ou trop peu...
    http://www2.memri.org/bin/french/latestnews.cgi?ID
    La polygamie se porte plutôt bien dans la bande de Gaza.
    Le droits des femmes est une véritable catastrophe sous le régime du Hamas,
    http://www.courrierinternational.com/article/2010/
    La société palestinienne vit sur fond de conflit sociopolitique Hamas-Fatah qui s'éternise au détriment du développement économique...
    http://www.nuitdorient.com/n2149.htm

    Les Palestiniens sont en train d'épuiser toute crédibilité à leur cause et sont devenus tellement dépendants de l'aide de la communauté internationale dont le mauvais usage de milliards de dollars évaporés en pure perte par la malveillance de leurs leaders politiques au fil des decennies ont fait de ce peuple des otages à perpétuité qui semblent avoir perdu tout sens de la réalité, de l'autonomie, de productivité dont la seule motivité obsessive est la destruction mythique d'Israel alimentée et instrumentalisée par l'Iran et le monde arabomusulman.