Croisement entre une voiture et une motocyclette - La Can-Am Spyder, une grande séductrice

Audacieux croisement entre une voiture et une motocyclette, la Spyder est en quelque sorte le chaînon manquant
Photo: source BRP Audacieux croisement entre une voiture et une motocyclette, la Spyder est en quelque sorte le chaînon manquant

Gunskirchen, Autriche — Elle est con-struite au Québec, mais son moteur est assemblé à l'usine autrichienne de Rotax, propriété de Bombardier Produits Récréatifs (BRP). C'est là que j'ai eu mon premier contact avec la Can-Am Spyder. Cette dernière a connu des débuts prometteurs au Québec et en Amérique du Nord, mais n'en est qu'à ses premiers balbutiements en Europe, où elle n'est commercialisée que depuis l'année dernière.

Audacieux croisement entre une voiture et une motocyclette, la Spyder est en quelque sorte le chaînon manquant. Réussira-t-elle à séduire les masses ou sera-t-elle boudée par la clientèle? Au fait, quelle clientèle?

Redéfinir les normes


La Spyder n'est ni une voiture ni une motocyclette. Alors à qui s'adresse-t-elle? En fait, il s'agit d'un nouveau type de véhicule, pionnier d'un nouveau créneau. En conséquence, elle s'adresse à tout le monde. Les concepteurs ne profitaient d'aucune référence possible sur ce type de bolide; ils n'avaient qu'une certitude; celle d'avoir créé un produit unique et susceptible de faire un malheur.

Nombreux sont ceux qui considèrent la Spyder comme une motocyclette. Après tout, n'en possède-t-elle pas l'allure? Personnellement, je n'ai jamais piloté une moto. La Spyder allait subir le test suprême: celui d'un propriétaire de voiture qui trouve de surcroît la conduite d'une moto plutôt risquée! J'avais très hâte de l'essayer afin de vérifier si, effectivement, sa conduite est aussi rassurante qu'on le prétend.

Un modèle pour vous


La Spyder est proposée sous deux variantes: RS et RT. Cette dernière se présente sous une allure plus civilisée et offre plus d'espaces de rangement. La position de conduite y est aussi plus redressée que sur le modèle RS, plus sportif. Néanmoins, les deux bolides profitent des mêmes caractéristiques mécaniques, si ce n'est que le moteur du modèle RT développe six chevaux de moins que celui de la RS.

Les puristes de la moto préféreront les versions équipées d'une boîte de vitesse manuelle. Pour les moins expérimentés, une boîte de vitesse séquentielle est offerte. D'ailleurs, 60 % des Spyder vendues sont équipées de cette dernière. Elle est facile à manipuler et très grisante à l'usage. Les changements de rapports s'effectuent du bout des doigts, un jeu d'enfant! Les deux boîtes ont cinq rapports.

Aux commandes, l'environnement se compare à celui d'une moto. Cependant, on y demeure assis en plein équilibre, comme sur un VTT.

Une piqûre infectieuse


Tous les propriétaires de moto vous le diront: ce qui est enivrant, c'est le sentiment de liberté qui accompagne chaque randonnée. Cette sensation, la Spyder la reproduit parfaitement. En prime, on n'a pas à se soucier de garder un équilibre quelconque ou penser à contre-braquer lors de virages à haute vitesse, ni même à poser le pied par terre à tous les feux de circulation. La Spyder offre l'équilibre d'une voiture, mais le plaisir de la conduite d'une moto. D'ailleurs, au premier feu de circulation rencontré, j'en ai profité pour relever ma visière afin de laisser le vent caresser mon visage; je me suis cru en vacances!

Il n'a suffi que de quelques kilomètres avant que je me sente totalement à l'aise derrière le guidon, une preuve irréfutable du caractère «user friendly» de la Spyder. Ce qui a con-tribué à cette zone de confort est ce sentiment de sécurité au volant, qui n'a cessé de croître tout au long de la randonnée. Il faut des années avant de ressentir un tel sentiment de sécurité au volant d'une moto. C'est ce qui est magique à propos de la Spyder: elle le procure instantanément.

C'est d'ailleurs l'argument principal sur lequel table toute la stratégie de marketing de BRP. Le sentiment de liberté d'une moto, mais sans les risques associés à sa conduite et à son contrôle. C'est un argument fondé, car lors de mon essai, jamais je n'ai eu peur de perdre l'équilibre ou le contrôle du bolide. Au contraire, j'ai même poussé la machine quelque peu sur le chemin du retour...

Que de sensations!


Et il est facile pour les amateurs de sensations fortes de se laisser emporter au volant. Le moteur de la Can-Am Spyder RS produit 106 chevaux, assez pour atteindre 100 kilomètres heures sous la barrière des 6 secondes. À titre comparatif, c'est le temps qui requiert une Ford Mustang GT ou une BMW 335i pour atteindre une telle vitesse; disons que c'est suffisant pour vivre des sensations fortes...

Côté sécurité, la Spyder est munie de caractéristiques normalement réservées aux voitures (contrôle de la stabilité, antipatinage et freins ABS, par exemple). Et la beauté de la chose, c'est que ces dispositifs sont programmés de façon à laisser une certaine latitude au pilote afin qu'il puisse se donner quelques sensations. Par exemple, il est possible de faire déraper le train arrière jusqu'à concurrence de 10 degrés, limite à laquelle l'antipatinage entre en fonction. Le patinage de la roue arrière est aussi possible jusqu'à une vitesse de 50 kilomètres heures. À ce moment, le système de la Spyder croit à une perte de contrôle et intervient. Il faut cependant se rappeler que nul n'est soustrait aux lois de la physique; prudence, donc!

Un peu plus haut, un peu plus loin


Harcelé par les médias qui réclamaient des statistiques de vente, BRP a fini par nous livrer un chiffre: 20 000. C'est le nombre d'unités vendues à travers le monde depuis le lancement du modèle, un chiffre respectable. Et tout porte à croire que ce n'est qu'un début. En fait, il est difficile de prédire où l'aventure et le succès du Spyder vont s'arrêter. De plus, grâce à une entente avec la SAAQ, seule une formation de sept heures et la détention d'un permis de conduire de classe 5 s'avèrent nécessaires pour l'obtention d'un permis autorisant la conduite de la Spyder.

Nous voilà donc en présence d'un produit fort intéressant, qui s'adresse à tout le monde et promet une séduction instantanée. Voilà une recette intéressante. Il m'a suffi d'en prendre le volant — pardon, le guidon — pour être convaincu.

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Collaboration spéciale

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Les frais de ce voyage étaient payés par BRP.
4 commentaires
  • Pierre Schneider - Abonné 31 mai 2010 08 h 23

    Gourmande cette Spyder

    Le produit semble fort attrayant, mais sa consommation d'essence me laisse perplexe: 8 litres aux 100 kilomètres, c'est plus énergivore ue bien des automobiles...

  • Raymonde Jobidon - Abonné 31 mai 2010 08 h 39

    Et voguent les baby-boomers...

    Mais nous voilà donc devant un journaliste en amour avec le nouveau produit de BRP ! En fin de semaine, il partira avec sa douce, les cheveux dans le vent, en Spyder pour aller rejoindre son chalet dans les Laurentides. Son "chalet" est en fait une résidence secondaire plus spacieuse que sa maison à Laval, et tous les luxes y sont présents pour la fin de semaine: internet haute vitesse, thermopompe, télé HD 42 pouces, 2e tondeuse motorisée, spa, etc. Il pourra pêcher à bord de son yacht, laver sa Spyder, ou se balader en motomarine... Et pendant la canicule, il pensera aux premières neiges et la joie de prendre le volant de sa motoneige, en attendant de retourner en ville et de... conduire son SUV (ou sa Mustang décapotable pour les beaux matins de juillet) au travail.

    Encore du "nanane" motorisé qui ne sert qu'à remplir les poches des grands industriels... Même si la maison mère est au Québec ! Nous sommes la société la plus gâtée et égoïste de l'histoire de l'humanité, et on se demande pourquoi la planète fout le camp. Pour les intéressés, le modèle RT, le plus populaire, se détaille à plus de 27 000$ avec les taxes.

  • Sylvain Auclair - Abonné 31 mai 2010 09 h 39

    Si vous voulez le thrill sans rien brûler...

    il existe des tricycles ultrarapides ayant la même configuration (une roue motrice à l'arrière, deux roues directrices vers l'avant). Et ça ne brûle pas d'essence. La puissance du moteur varie, cependant.

  • Bernard Batt - Abonné 31 mai 2010 18 h 25

    Un autre monstre...

    Je suis très déçu de lire cet article.

    Qui a signé cet article? Le texte me fait penser à une page de publicité payée par qui? Pour rester poli envers le journal que je respecte le plus, ce publireportage est une grave erreur.

    Malgré cette « très belle » démonstration (d’un expert en communication de BPR?), c’est juste un autre produit « dinosaure » de BPR dont l’utilisation ne sert à rien d’autre qu’à brûler en très grande quantité de l’énergie fossile.

    Statuts de voiture vraiment? En cas de collision, est-ce qu’il va avoir les avantages qu’une voiture ou le même « avantage » qu’une moto? En terme de sécurité, en quoi est-ce ce monstre se différentie d’un « side-car »? Ou des anciens VHR à trois roues?

    Une fois de plus Bombardier demande. Et une fois de plus Bombardier obtient. C’est honteux. Je peux comprendre de la part du gouvernement. Mais du Devoir?