Et puis euh - Sports Moins

Épisodiquement, quand elle n'a rien d'autre de particulier à faire, la rubrique Sports Moins surgit de nulle part pour témoigner de la formidable effervescence dans laquelle baigne tout nu, sans gêne aucune parce qu'il est en pleine forme, le merveilleux monde du sport™. Parce que, n'est-ce pas, il n'y a pas que Canadien dans la vie, même s'il occupe une place de choix. Tellement de choix, en fait, qu'une recherche dans ma base de données personnelle propulsée par un hamster gonflé à l'érythropoïétine indique que le mot que j'ai utilisé le plus souvent en 18 ans de carrière est «Halak».

D'ailleurs, puisque vous abordez le sujet, on en avait perdu l'habitude depuis le temps, mais les séries minatoires, c'est long, dites donc. Déjà un mois derrière la cravate, et si ça se trouve, il pourrait y en avoir un autre. Pas pour rien que les spécialistes disent que la Stanley est le trophée le plus difficile à gagner de tout l'univers. Rien de gratuit, et en plus il paraît qu'il faut avoir la barbe longue comme ça pour que votre candidature soit considérée.

Donc, pas de Canadien dans Sports Moins, quoique, quand on y pense, Sports Moins, voilà qui désigne avec quand même pas mal de justesse, du point de vue de Montréal, la première joute de cette série contre le Philadelphie, non? Enfin. Passons à un autre appel.

Il y a quelques jours, les Giants et les Jets de New York ont dévoilé leur candidature conjointe pour la présentation du Super Bowl de 2014. Les deux équipes feront leur entrée dans un stade tout neuf, le Meadowlands Stadium, cet automne.

Par le fait même, ils ont parlé d'«écrire l'histoire». C'est que le Super Bowl abhorre la froidure. De toute son existence, qui remonte au milieu des années 1960, il a eu lieu dans des villes du sud, et dans les rares occasions où il est monté au nord — deux fois à Detroit, une chacune au Minnesota et à Indianapolis —, il s'est déroulé dans des amphithéâtres dotés d'un toit. Les éléments font partie intégrante du football américain, surtout en décembre et pendant les séries, mais par un curieux paradoxe, on ne veut pas qu'ils entrent en ligne de compte au match ultime.

Giants et Jets auront donc fort à faire pour convaincre les autres propriétaires d'appuyer leur projet, qui pourrait faire en sorte que le championnat soit disputé dans une tempête de neige ou par moins 30 degrés, car le Meadowlands Stadium joue avec pas de plafond. Selon eux, il n'y aurait aucun problème du côté des spectateurs, les amateurs de football ayant la couenne aussi dure que ceux qu'ils encouragent. Et puis, ont-ils assuré, si besoin est, il y aura des dispositifs, dont la nature exacte reste à déterminer, pour tenir les mains et les sièges au chaud.

Par ailleurs, il appert qu'en cas de grand froid, des feux seront allumés un peu partout sur le terrain de stationnement du stade. Vrai de vrai. Selon des sources, les gens du New Jersey seraient même désireux de prendre connaissance de l'expertise de Montréal en matière d'allumage de feux en marge d'un événement sportif.

Ailleurs dans l'actualité, on se tourne vers le merveilleux monde de l'assurance. Bon, certes, voilà un secteur d'activité qui ne suscite peut-être pas autant d'émotions que le sport professionnel, mais il faut parfois que la raison l'emporte un peu sur la déraison. Et puis, il est toujours bon d'avoir des assurances quand un allumage de feu se présente à l'horizon.

Le pilote de Formule 1 de chez Ferrari Fernando Alonso, donc, a fait assurer ses pouces à raison de cinq millions d'euros chacun. L'assureur est la banque espagnole Santander, un commanditaire du double champion du monde, qui lançait récemment une campagne publicitaire pour inciter les gens à ne pas courir de risques et à ne pas craindre la police, dans le sens de.

Pourquoi les pouces? demandez-vous aussitôt, mus par une curiosité intellectuelle qui vous honore. D'abord, évidemment, dans un contexte général de main préhensile, le pouce constitue un élément relativement fondamental lorsqu'on chauffe un bolide à mille milles à l'heure. Mais Santander a aussi tenu à rappeler que, dans l'imaginaire populaire occidental et plus précisément en course automobile, le pouce possède une lourde charge symbolique: signe de la victoire, et aussi indication de ce que tout baigne dans le cockpit. Veuillez songer à cela lorsque vous ferez assurer l'index que vous brandirez pour dire «numéro 1» lorsque Canadien gagnera.

(Soit dit en passant, si vous vous faites assurer un index pour des raisons de hockey sur glace, il est possible que vous deviez protéger le secret en indiquant qu'il s'agit du haut du corps, sauf lorsque vous avez le bras le long de la cuisse, auquel cas ça devient plus complexe. Mais de toute manière, vous ne serez pas dédommagé.)

Et pour terminer, voyez un peu comme ils sont dingues aux États. C'est que la grande vedette de basketball LeBron James sera libre comme l'air, joueur autonome sans restriction, le 1er juillet prochain. Plusieurs équipes lui font la cour, la machine à rumeurs n'arrête pas de produire, et on raconte même que James a tellement de pouvoir que s'il se joint aux Bulls de Chicago, par exemple, il pourrait aller jusqu'à choisir son entraîneur-chef, en l'occurrence John Calipari de l'Université du Kentucky.

Mais là où nos voisins sont dingues, c'est dans l'intention des partisans de Clippers de Los Angeles de tenir un défilé pour inciter James à devenir un porte-couleurs de ces abonnés à la cave du classement. Ce n'est pas ici que l'on verrait pareilles pitreries.

Quoi? On l'a fait pour Kovalev? Ah bon.