Bulletin ministériel

Pauline Marois illustre très bien le drame que vit présentement le gouvernement Landry. L'économie québécoise ne s'est jamais portée aussi bien, mais la ministre d'État à l'Économie et aux Finances ne reçoit pratiquement aucun crédit. Elle a pourtant remporté haut la main le pari sur la croissance qu'elle avait fait l'automne dernier. Elle a également démontré qu'elle pouvait jouer du coude en exigeant le départ du directeur général du PQ, Raymond Bréard, que le premier ministre hésitait à liquider. A

François Legault aurait donné la lune pour rester à l'Éducation, mais il est en voie de démontrer que le ministère de la Santé n'est pas nécessairement un casse-gueule. Sa remise à flots du régime d'assurance-médicaments a été bien acceptée. Il ne lui a fallu que quelques mois pour signer avec la Fédération des omnipraticiens une entente sur les groupes de médecine familiale qui semblait hors de la portée de Rémy Trudel. A


Aux Transports, Serge Ménard semble s'être donné comme mission de réparer les pots cassés par Guy Chevrette, qui semblait véritablement obsédé par le virage à droite et surtout par le projet d'autoroute en tranchée pour moderniser la rue Notre-Dame. Comme quoi, il suffit parfois d'un peu de bon sens. B


Après la politique en forme de souris dont Jean Rochon avait accouché l'an dernier, le projet de loi sur la lutte contre la pauvreté que la ministre d'État à la Solidarité sociale, à la Famille et à l'Enfance, Linda Goupil, présentera demain devrait contribuer à améliorer l'image social-démocrate du gouvernement Landry. B


De toutes les recrues du remaniement de janvier, le ministre de la Sécurité publique, Normand Jutras, est sans doute celui qui a obtenu les meilleures performances. Son projet de loi sur le système correctionnel, qui prévoit un resserrement du régime de libérations conditionnelles, a été généralement bien accueilli. B


Inévitablement, Jean Rochon en laissera plusieurs sur leur appétit avec sa révision de la Loi sur les normes du travail, mais ce n'est pas une question qu'on peut trancher à la tronçonneuse. B-


À la Justice, Paul Bégin, a démontré de l'audace en faisant adopter son projet d'union civile. En revanche, son projet sur le lobbying mérite la poubelle. C


André Boisclair a reçu la plus importante promotion lors du remaniement de janvier dernier. Il a déjà donné sa mesure à l'Environnement, mais aux Affaires municipales et à la Métropole, ses réalisations semblent être inversement proportionnelles à la longueur de ses discours. Tout le monde reconnaît qu'il est brillant, mais sa suffisance risque de lui jouer un mauvais tour, notamment au sein du PQ, où il aurait intérêt à avoir un peu plus d'égard pour les militants. C


Au ministère des Relations internationales, l'engouement de Louise Beaudoin pour la mondialisation provoque un certain agacement. Après les compressions des dernières années, la réouverture de délégations à Los Angeles et Chicago est cependant la bienvenue. C


Les ministres dont on n'entendait jamais parler étaient les préférés de Robert Bourassa. Il aurait sans doute préféré Guy Julien à Yves Séguin au Revenu. D'une discrétion exemplaire. C


On peut difficilement reprocher à Sylvain Simard, qui rêvait de l'Éducation depuis son entrée en politique, le boycott de la réforme scolaire décrété par les enseignants pour appuyer leurs revendications dans le dossier de l'équité salariale. Il n'a cependant eu besoin de l'aide de personne pour mettre les pieds dans le plat en recommandant à un entrepreneur de l'Outaouais de s'adresser à la firme de lobbying Oxygène 9 pour faire avancer son dossier. C-


Le président du Conseil du trésor, Joseph Facal, a conclu avec les enseignants une entente sur l'équité salariale attendue depuis longtemps, mais à quel prix? Au plan électoral, c'est sans doute une bonne nouvelle pour le PQ, mais les enseignants ne passeront pas une minute de plus avec leurs élèves. C-


Il y a un an, on promettait le plus bel avenir au ministre responsable de la Jeunesse, du Tourisme, du Loisir et du Sport, Richard Legendre. On ne peut pas dire qu'il ait tellement impressionné jusqu'à présent. Son plan d'action pour la jeunesse, qui devait être présenté en juin, a dû être reporté à l'automne. C-


Au cabinet, le ministre de l'Agriculture, Maxime Arseneau, ne fait pas le poids par rapport à son collègue de l'Environnement, André Boisclair, à qui le bureau du premier ministre a confié le difficile mandat de vendre la controversée réglementation sur l'industrie porcine, qui est pourtant qualifiée de «projet UPA» dans les officines gouvernementales. C-


Impuissant dans le conflit sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis, le ministre des Ressources naturelles, François Gendron, a passé la session à renvoyer la balle à Ottawa, mais que pouvait-il faire d'autre? C-


Depuis sa nomination aux Affaires intergouvernementales et à la Réforme électorale, Jean-Pierre Charbonneau s'est employé à confirmer sa réputation de franc-tireur. D'entrée de jeu, il s'est fait rabrouer par le premier ministre pour s'en être pris prématurément à Paul Martin. Il a ensuite réservé un enterrement de première classe à la mise à jour des études de la commission Bélanger-Campeau. Son projet de réforme des institutions est si ambitieux qu'on se demande s'il a encore les pieds sur terre. D


Phyllis Lambert a été lapidaire en qualifiant la politique de Diane Lemieux en matière de préservation du patrimoine architectural: «Elle est bien gentille, mais elle ne fait rien.» Le milieu du cinéma n'en finit plus d'attendre qu'elle accouche d'une politique. Le plus grand reproche qu'on adresse généralement à la ministre d'État à la Culture est en fait d'en manquer. Elle a quand même bouché un trou béant dans la loi 101 avec le projet 104. D


Rémy Trudel a été le grand perdant du remaniement ministériel de janvier. Depuis, son plus grand fait d'armes a été un massacre d'oiseaux en Argentine. Pour un ministre responsable des Régions, plusieurs le trouvent bien sédentaire. D


Je ne décerne généralement pas de notes aux ministres délégués, mais Rita Dionne-Marsolais mérite une mention spéciale. Cette femme possède un véritable don pour la gaffe. À peine nommée responsable du dossier de l'énergie, elle a mis les pieds dans le plat en dénonçant la construction de nouveaux barrages. Il y a deux semaines, elle a trouvé le moyen d'insulter toute une génération en l'accusant d'égoïsme. À quand une troisième démission du cabinet? E

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