La gouvernance intègre - Quand Jean Charest évoque Theodore Roosevelt

Le premier ministre Jean Charest
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le premier ministre Jean Charest

Poussé dans ses derniers retranchements, le premier ministre du Québec et chef du Parti libéral a évoqué nul autre que Theodore Roosevelt, jeudi passé, pour donner un caractère héroïque aux blessures politiques qu'il ne peut plus cacher. L'érudition de Jean Charest aura peut-être impressionné les maires de l'Union des municipalités. Mais d'autres citations du 26e président des États-Unis auraient sans doute mieux éclairé la déconfiture morale qui afflige le cabinet provincial.

Certes, le chef libéral ne se trompe guère quand il trouve qu'actuellement «tout est devenu doutes et soupçons». Attaqué de partout, il se place stoïquement au-dessus de ses critiques. Le vrai mérite, a-t-il dit, appartient à qui descend dans l'arène, le visage «couvert de sueur, de poussière et de sang», se bat vaillamment, «erre parfois», et commet «maintes et maintes fautes». Du grand Roosevelt. Mais son idole avait surtout livré de vraies batailles, à la guerre comme en politique.

D'abord élu à la Législature de l'État de New York, Roosevelt s'est tôt illustré, note l'historien G. E. Mowry, comme un ennemi de la corruption et un ami de la bonne gouvernance. Il n'avait pas craint de s'en prendre ouvertement aux liens de la police de la métropole avec le crime organisé. Devenu président, Theodore Roosevelt ne fut pas un réformateur radical, mais le grand mouvement d'alors pour nettoyer la corruption municipale et favoriser le gouvernement honnête aura eu son entier appui.

Les puissances d'argent

En politique étrangère, on lui attribue le mot: «Parle doucement, mais porte un gros bâton.» Pourtant, ni l'Espagne qu'il combattit à Cuba, ni aucune des puissances européennes auxquelles il interdit les Amériques n'était à ses yeux la plus grande menace aux libertés américaines. C'est ici que les spin doctors de Jean Charest se sont trompés. S'ils avaient relu le cinquième message annuel de Roosevelt à Washington, ils auraient vu que le pire ennemi pour un pays vient d'abord des puissances d'argent qui en corrompent les gouvernants.

Citation: «Toutes les contributions d'entreprises à n'importe quel comité politique ou pour n'importe quel but politique devraient être interdites par la loi. On ne devrait pas permettre à leurs directeurs d'employer l'argent des actionnaires à de telles fins. Une prohibition de cette nature serait de loin un moyen efficace d'arrêter les maux que visent les fauteurs de corruption.» Aujourd'hui au Canada, des dons de compagnies aux partis aboutissent rarement dans le portefeuille d'un chef politique, mais aux États-Unis de Roosevelt, pareille contribution eût été tenue en horreur.

Poursuivons, au cas où les moeurs libérales du Québec inciteraient des premiers magistrats de la province ou des solliciteurs politiques de la scène fédérale à prendre goût aux contributions de grandes sociétés. «Tant à Washington que dans les États, ajoutait Roosevelt, les législateurs devraient interdire à tout représentant d'une entreprise non seulement d'en employer de l'argent pour une élection, mais aussi en rapport avec toute loi, sauf le recours à un juriste rendant en public des services distinctement juridiques.»

Les États-Unis n'ont pas suivi le conseil de Roosevelt. Une loi y régit le lobbying, il est vrai, mais l'argent de grandes sociétés, y compris d'entreprises médiatiques, pèse lourd dans les décisions politiques et les lois du pays. Au Québec, un René Lévesque avait mis fin à cette pratique «coloniale» de financement partisan. Et un Jean Chrétien a suivi son exemple, des décennies plus tard, à Ottawa. Mais apparemment, même une loi comme en rêvait Roosevelt n'aura pas suffi à éliminer au Québec cette source de corruption.

Indignation populaire


Les Québécois, en tout cas, ne semblent pas d'humeur à tolérer un retour aux moeurs qui ont déjà gangrené la vie publique dans leur province. Pendant que le premier ministre Charest tente désespérément d'échapper au discrédit qui le frappe — lui d'abord, mais aussi la classe politique —, le désordre causé par le pouvoir parallèle de l'argent se répand. Ainsi, même des policiers et des procureurs de l'État ne se gênent plus pour s'en prendre ouvertement au patron de leur ministère.

Ni les enquêtes de la Sûreté du Québec ou les vérifications du Directeur des élections ni un futur code d'éthique ou même le départ d'un ministre, rien n'a pu apaiser l'indignation populaire et, sans doute aussi, la dépression au sein des services où nombre de cadres et d'employés souffrent du laxisme ambiant. Il est maintenant question de remaniement ministériel. La mesure paraîtra aussi tardive qu'insuffisante. À quoi bon un autre cabinet, diront en effet maints citoyens, si la faiblesse tient avant tout au chef du gouvernement? Même la grande enquête que réclame l'opinion générale ne suffirait probablement plus à redonner confiance dans l'administration publique.

Une éventuelle enquête, il est vrai, permettra un jour de savoir quels individus et entreprises ont contourné les lois et obtenu des avantages indus de la part de l'État. Mais point n'est besoin d'inquisition pour découvrir dans les coffres du Parti libéral ces contributions illégitimes dont plus d'un ministre a reconnu l'existence. Les «donateurs» se seront amplement remboursés, depuis, à même les contrats publics qu'ils ont ainsi obtenus. Mais les «dons» au parti ne sont pas, sauf erreur, cachés aux Bahamas.

Faudra-t-il donc attendre un nouveau chef pour que les libéraux en fassent restitution?

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redaction@ledevoir.com

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Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l'Université de Montréal.
15 commentaires
  • Denis Miron - Inscrit 17 mai 2010 06 h 31

    Charest a gaché une carrière de grand commédien en choisissant la politique.


    « La liberté dans une démocratie n’est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu’elle devienne plus forte que l’état démocratique lui-même. Ce qui, fondamentalement est le fascisme, » avertissait le président Roosevelt en avril 1938. En une génération, l’héritage du New Deal a été défait aux USA par la vague libérale. Pourtant, le message de l’homme qui voulait instituer une « charte des droits économiques » (que nous reproduisons ici), reste plus que jamais d’actualité. (The Nation ,21 mars 2008)
    Charest ne pouvait certainement pas se permettre de citer Franklin D. Roosevelt, étant donné l’inavouable conséquence de l’emprise du privé (de sens éthique) sur la gouvernance de l’état Québécois
    De toute évidence, l’opinion publique n’est pas dupe de ses astuces. Il est tout à fait indécent et hypocrite de se sa part de citer Théodore Roosevelt, il ne fait, par cela, que renforcir l’image du perfide menteur prêt à tout pour s’accrocher au pouvoir. Quelle indécente inconscience de sa part! Je n’arrive pas à croire qu’il puisse se croire lui-même, malgré sa très habile performance de comédien.
    Il serait beaucoup plus performant et moins dommageable pour la démocratie québécoise dans le rôle de Scapin au théâtre que celui de premier ministre. Cela engendre une certaine confusion dans l’esprit qui règne sur l’air du temps, et on ne sait plus parfois s’il faut en rire ou bien pleurer, surtout lorsqu’on prend acte du dernier budget que ce gouvernement vient de pondre pour ses amis de l’entreprise privé qui applaudissent à l’unisson alors que le peuple ne décolère pas.

  • Vincent Bussière - Inscrit 17 mai 2010 06 h 31

    Tiens ti-Jean fume ça!

    Ciréron c'est Pointcarré, Jean Charest, comme beaucoup de monde cite des modèles anciens sans se souvenir du contexte et il cite des bribes oubliant l'origine de ces citations heureusement, au Devoir, il y a de ces gens qui ont la mémoire du temps et qui replacent les choses dans leurs perpectives.
    Roosevelt parlait aussi de gouvernement honnête.
    L'expérience ça s'achète pas! Bravo Jean Claude Leclerc!

  • Jean-Claude Archetto - Inscrit 17 mai 2010 06 h 41

    Dehors!

    Ce n'est pas avec des citations sur le courage des politiciens , lui qui n'en a jamais montré aucun, que Charest va se sortir d'un système qu'il a lui-même contribué à mettre en place en faisant de ses ministres des collecteurs de fonds.
    S'il avait le moindre honneur, il ordonnerait l'enquête publique que réclame la population et remettrait sa démission.
    Il pourrait alors avec son ami Tomassi se transformer en lobbyiste pour une grande entreprise .Je suis persuadé qu'il y serait beaucoup plus efficace qu'il ne l'a jamais été comme premier ministre .

  • Pierre Marinet - Inscrit 17 mai 2010 06 h 52

    Excellent.

    Jean -Luc Godard le cinéaste franco-suisse disait dernièrement en entrevue à Médiapart que "les salops sont sincères à notre époque." Il faut dire qu'ils sont même capables de citer le Bible. Bravo. Démission.

  • Jean-Roch Lapointe - Inscrit 17 mai 2010 06 h 56

    ENTRE VOULOIR ET POUVOIR

    ENTRE VOULOIR ET POUVOIR :

    Jean Charest est, dans notre système politique qui est le vestige de la monarchie britannique, plutôt un Chef de parti politique qu’un Premier ministre, car seule la population de son comté a voté pour lui, mais pas l’ensemble de la population. Ce nominé politique se retrouve par contre avec des pouvoirs immenses, car il peut nommer ou démettre à sa guise ses ministres, et des présidents ou directeurs généraux de nos sociétés d’État.

    La comparaison Roosevelt-Charest est très boiteuse, car Roosevelt a été Président des États-Unis et Charest est Premier ministre d’une province. Le premier ministre d’une Province au Canada est l’équivalant du Gouverneur d’un État aux États-Unis; et encore là, le Gouverneur d’un État est élu aux suffrages universels et il doit re- soumettre sa candidature aux suffrages universels de son État à chaque 4 ans.

    En fait dans notre système politique, les seuls élus démocratiques sont les députés qui toutefois peuvent se promener d’un comté à l’autre peu importe le lieu de résidence principale. Et chez nous, le député, s’il n’est pas ministre et s’il fait partie de l’opposition, n’a aucun pouvoir. Aux États-Unis, un Sénateur ou un Représentant de la chambre du Congrès a beaucoup plus de pouvoirs.

    Notre système politique n’a aucun moyen de destitution en cas surtout de corruption. Dans la situation actuelle de fortes présomptions de corruption, il y a longtemps qu’un Gouverneur d’État aurait démissionné par lui-même.

    En fait il est plus facile d’accéder au poste de Premier ministre qu’à celui de Gouverneur d’État. Tous et toutes peuvent rêver de devenir Premier ministre mais en n’ont-ils tous la compétence. Quand le Premier ministre de Province se compare à un Président des États-Unis, nous pouvons douter de sa compétence et de son jugement. Et en général, ce n’est pas le role d’un Premier ministre de se doter d’une place dans l’histoire, mais plutôt celui de l’histoire elle-même qui l’établira avec un certain recul. Et l’histoire pourrait bien coter le Premier ministre Charest comme le pire de notre histoire!

    CRITÈRES DE SÉLECTION DES CANDIDATS EN POLITIQUE :

    Pour l'admissibilité des candidats en politique, il semble que la notoriété, le vedettariat, le trafic d'influences, ou la connection à des amis déjà dans le monde politique sont de meilleurs critères de sélection d'un candidat que la compétence. La profession de politicien est envahie par les avocats et les économistes semblent de plus en plus s'y plairent.

    La profession de politicien est la seule, parmi toutes les professions, qui n'a aucun critère standardisé d'admissibilité des candidats à un poste potentiel de politicien. C'est pourquoi, cette profession est bonne dernière dans l'appréciation du public dont je suis. Le monde politique est ainsi rempli de bizarreries, d'anarchie et surtout de catastrophes économiques dont le citoyen ordinaire est à tort la cible injuste comme dans le budget Bachand.

    Voici ma proposition de critères de sélection ou d'admissibilité pour être accepté à une candidature en politique:

    Être adulte (plus de 21 ans) et ne pas être trop âgé (65 ans ou moins).

    Posséder au minimum un diplôme universitaire de 1er cycle en sciences politiques associé à un autre diplôme, de préférence en communications.

    Le candidat ou la candidate doit être libre de tout conflit d'intérêt. Le candidat doit avoir sa carte de citoyenneté ou un passeport.

    Dû à l'extrême importance de la profession, le candidat doit se soumettre à une enquête judiciaire, une enquête de crédit, à un examen médical et à des séances de psychanalyse.

    Après étude de son dossier et de son curriculum vitae, le candidat devra être interviewé par un comité de pairs , exempt de tout conflit d'intérêt; ce comité aura à décider si le candidat est éligible ou non à exercer la profession de politicien.

    Tout citoyen ou toute citoyenne jugeant être éligible à la profession de politicien devrait pouvoir soumettre sa candidature pour éligibilité et sélection dans sa ville, son comté, sa province ou son pays.

    Des critères standardisés et objectifs de sélection des candidats sont susceptibles de rehausser la profession politique et d'améliorer significativement les services à la population.

    NOMINATION ET DESTITUTION DES CHEFS EN POLITIQUE :

    Les Chefs de parti politique sont l'enjeu majeur d'une campagne électorale, car ils sont appelés à devenir Premier ministre, Président, Gouverneur, Maire, d'un pays, d'une province, d'un État ou d'une ville. Ces titres représentent des postes suprêmes en politique.

    Vu la fréquence des engagements électoraux non respectés ou la déviance outrageuse dans la gouvernance, des mécanismes de nomination ou de destitution doivent être modifiés ou prévus pour un Président ou un Premier ministre.

    Albert Gore avait gagné l'élection présidentielle de 2000 aux suffrages universels. Mais sa victoire a été transformée en défaite au profit de George Walker Bush-fils par les grands électeurs des États et par les juges de la cour suprême des États-Unis.

    Hors le Président nommé a commis des erreurs historiquement tragiques pour les États-Unis. Il a défini des pays membres de son axe du mal (Afghanistan, Irak, Iran, Syrie, Corée du Nord) et a inventé la notion de guerre préventive comme moyen de lutte contre le terrorisme. Il a piégé l'ONU avec son concept en obtenant son appui pour envahir, détruire et occuper l'Afghanistan. Par la suite, malgré le désaccord de l'ONU, il a envahi, détruit et occupé l'Irak en déployant 140,000 soldats: 3,200 et plus ont été tués, 22,000 et plus ont été blessés, les autres souffriront au retour de traumatisme psychologique car ils auront été obligés de tuer 60,000 civils innocents sans raison et laisser le peuple irakien sans infrastructure pour survivre. La jeune vie de ces soldats aura été détruite à tout jamais.
    Le coût économique de la guerre Bush-Cheney en Irak s'élève à 500 billions de dollars. Durant ce temps les digues de la Nouvelle-Orléans, connues pour ne pas être capables de supporter un ouragan de catégorie 3 ou plus , ont été frappées par Katrina, entraînant l'anéantissement de la ville quasi-historique de La Nouvelle-Orléans en Louisianne. Le Tandem Bush-Cheney est engagé dans les scandales de l'hôpital Walter Reed et de l'affaire Lewiss Libby de faux renseignements pour partir la guerre en Irak. Quand va-t-on destituer le tandem Bush-Cheney avant l'anéantissement encore plus complet de leur pays et de leurs compatriotes.

    Le Premier ministre canadien Stephen Harper, à la tête d'un gouvernement minoritaire, a, sans mandat , militarisé le Canada au coût de 17 milliards, renonçé au protocole de Kyoto signé, a été partisan pro-Israélien dans le conflit Israélo-Libanais et Israélo-Palestinien, a prolongé en toute hâte le séjour de nos soldats en Afghanistan passant de pacificateurs à guerriers sous la fausse prémisse de guerre préventive de Bush-fils, n'a pas su distinguer la mal-administration de la pertinence du registre des armes à feu. Ce premier ministre doit être destitué ou renversé car il a trahi les valeurs traditionnelles du Canada en politique étrangère, trahi le peuple canadien et surtout le peuple canadien français.

    L'ex-Premier ministre du Québec Lucien Bouchard a, sans mandat du peuple, procédé au déficit zéro et fusionné de façon forcée des municipalités. Obsédé par son déficit zéro, il a démoli notre système de santé que nous avions pris 40 ans à construire; il a anticipé des retraites de médecins et d'infirmières, souvent par harcèlement local et erratique; de nombreuses et brillantes carrières ont ainsi été détruites de même que des vies; des êtres humains ont souffert. Nous investissons maintenant des milliards sur des ruines. Ce Premier ministre n'a pas été soumis à aucune procédure de destitution.

    Le Premier ministre Jean Charest n'a pas respecté ses promesses de baisse d'impôt et de ré-ingénérie de l'État; il n'a pas su arrêter la folie péquiste de la brique et du béton en santé: construire 2 CHUMs à Montréal et en agrandir un déja trop grand (Ste-Justine). Jean Charest nous avit dit que le politique n’avait rien à voir dans la gérance de La Caisse de Dépôt et Placement du Québec, mais il a nommé, sans comité de sélection, Michael Sabia, un anglophone de l’ontario qui a transféré les bureaux chefs de Bell à Montréal vers Toronto.

    La ministre des finances de Charest, Monique Jérôme Forget nous avait dit que la crise n’aura pas de conséquences sur le Québec car il est en surplus budgétaire de 2 milliards.

    La démocratie a un grand besoin de revenir dans toutes les sphères de la scène politique. Donc les Chefs de parti ne doivent plus être nommés par les coulisses de pouvoir d'un parti politique; leur candidature doit être soumise au vote populaire ou suffrage universel. Les Premiers ministres doivent être élus par le peuple, mais non pas parce qu'une majorité de députés de leur parti a été élue.


    QUAND LA DÉMOCRATIE N’EST PAS AU RENDEZ-VOUS EN POLITIQUE :

    La démocratie semble avoir été oubliée dans les enjeux électoraux de la dernière campagne de décembre 2008 et nous citoyens en paieront le prix par de graves atteintes aux services journaliers auxquels nous avons droit. Si des politiciens ont fêté leur victoire le 8 décembre 2008, rien n'aura changé pour nous citoyens, sauf la continuation de notre morosité et de notre démotivation.

    Les politiciens génèrent , commandent ou paient des sondages, qui sont anti-démocratiques, pré-déterminent faussement les résultats d'une campagne électorale, et sont un bel outil journalistique de discussions et d'interprétation. Comme ces sondages pré-déterminent les résultats d'une élection, ils nous démotivent à aller voter, ils influencent le contenu des programmes électoraux, surtout ceux des politiciens qui ont soif de pouvoir. Pourtant ces sondages ont un échantillonnage trop faible pour être scientifiquement valable, un sondage valable requérant un échantillonnage de 10% de la population votante; hors les échantillonnages sont en général de 1,000 sujets participants et les conclusions sont souvents bizarres. Ces sondages, parce qu'ils pré-déterminent les résultats d'une élection, vont à l'encontre du processus démocratique et personne n'a le courage ou la volonté de les interdire.

    Le parachutage de candidats d'un comté à un autre sert les politiciens, mais m'apparaît anti-démocratique; le parachutage n'offre pas à la population d'un comté de choisir un candidat qui connait bien ses besoins, souvent fondés sur un long passé historique. Comment au fédéral un M. Justin Trudeau, a-il pu passer d'Outremont à Papineau, comté de misère et de pauvreté, d'ethnies autres qu'anglophone avec des canadiens français; ce comté n'a pas de comparaison avec Outremont.

    Philippe Couillard, né à Sherbrooke, est passé d'Outremont, Montréal, à Jean Talon, Québec. Yves Bolduc est passé de Jonquière à Jean-Talon.Marie Malavoy a été parachutée dans Taillon. Pauline Marois s’est elle-même transplantée de Taillon à Charlevoix.

    Les changements d'allégeance politique servent bien les assoiffés de pouvoir au détriment de la démocratie. Bélinda Stronach, élue conservatrice par les citoyens a, durant son mandat, sauté au parti libéral du Canada de Paul Martin. André Harvey, dans Dubuc au Saguenay, a été député conservateur sous Bryan Mulroney, candidat du parti libéral du Canada sous Paul Martin, et ensuite candidat au parti libéral du Québec sous Jean Charest.

    Jean Charest était chef du parti conservateur du Canada et a sauté dans l'arène provincial du parti libéral, ayant plus de chance d'acquérir rapidement le statut de Premier ministre. Lucien Bouchard a fait un volte-face au parti conservateur fédéral de Bryan Mulroney pour co-fonder le parti fédéral du bloc québecois. Par oppotunité de devenir Premier ministre du Québec sans avoir été élu, il a sauté au parti québecois par la suite.

    Le mécontentement populaire face aux libéraux de Jean Charest et aux péquistes de Pauline Marois, va diluer le vote des Québecois vers des tiers partis comme l'ADQ, Q-S et le parti vert ou tout simplement diriger les Québecois vers l'abstention de voter. Jean Charest et son parti ont bénéficié de conditions politiques pour s'emparer du pouvoir avec un appui populaire de tout au plus 30 à 35%. Est-il démocratique de gouverner sans l'appui de 65 à 70% de la population.

    Jean Charest a pu faire une élection anticipée sans présenter le bilan de ses années de pouvoir ou sans présenter un programme électoral très étoffé. Il a pu dévier l'enjeu de la campagne vers la partition du Québec, la séparation ou la souveraineté pour démolir la Chef péquiste et son parti, enjeu que tout le monde saivait sans importance dans les 4 prochaines années ou qui de toute façon commanderait une nouvelle élection car un vote populaire est requis pour cet enjeu.

    Les partis de l'opposition devraient pouvoir faire coalition, soit pour renverser ou appliquer un veto effectif sur des lois ou des projets du gouvernement qui leur semblent absurdes pour le peuple. Certains votes de l'assemblée nationale ne devraient pas être liés à une ligne directrice de parti mais respecter le jugement ou l'opinion de chacun des députés élus, peu importe leur allégeance politique.

    Ces femmes ou ces hommes qui vont nous gouverner demain ne veulent pas du retour à la démocratie. Ils n'ont, en général, pas de convictions, pas de crédibilité, et ont d'excellentes chances de se servir plutôt que d'améliorer les conditions de vie et économiques des Québecois (es).