Hésitation REER

Un récent sondage, mené pour le Groupe Investors, revient sur cette proportion de Canadiens ayant cotisé à leur REER pour l'année 2009. Un peu plus du tiers l'ont fait, en hausse par rapport à l'année de crise 2008. Mais le pourcentage apparaît faible compte tenu des enjeux entourant la retraite. Et il y a l'arrivée du CELI, qui peut brouiller les choses.

Adoptant un ton positif, le sondage du Groupe Investors dévoilé hier retient que le nombre de Canadiens ayant cotisé à un REER et à un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) a augmenté pour l'année d'imposition 2009. Les Canadiens adultes disent dans une proportion de 36 % avoir cotisé à leur REER pour l'année d'imposition 2009, une augmentation par rapport au sondage de l'année dernière, où cette proportion atteignait 31 %. «Il faut dire que les résultats de 2008 étaient plutôt bas, compte tenu du contexte de crise qui régnait. Avec les données de 2009, nous revenons à la normalité», a précisé Bruno Therrien. Le directeur régional du bureau de Sherbrooke du Groupe Investors parle d'un regain d'énergie.

Le sondage ne précise pas le montant des cotisations effectuées. Donc, impossible de connaître si plus d'épargne a été engagée cette année, en réponse aux nombreuses incitations en ce sens évoquant la mauvaise préparation des Canadiens à leur retraite.

Un autre élément du sondage d'Investors aborde le CELI, introduit l'an dernier. Ainsi, 31 % des investisseurs affirment avoir cotisé à un CELI cette année. Cette proportion atteignait 17 % l'an dernier. «Parmi ceux qui ont cotisé à un REER, 37 % ont indiqué avoir également cotisé à un compte d'épargne libre d'impôt», a ajouté l'institution.

La cohabitation des deux véhicules semble donc s'installer. Mais difficile de savoir si, dans un contexte de rareté de l'épargne, l'un ne cannibalise pas l'autre. «Les deux sont complémentaires. Ils ne répondent pas aux mêmes objectifs», résume Bruno Therrien. En clair l'un, le REER, vise le long terme et l'épargne retraite. Le second cible le court terme et une importante dépense.

S'ajoute la prudence, avec 16 % des répondants ayant affirmé avoir investi temporairement l'argent de leurs cotisations REER dans des placements à court terme et peu ou pas risqués, comme les obligations et les fonds de marchés monétaires. Un pourcentage inchangé par rapport à l'année dernière. «Peut-être ont-ils préféré stationner leur épargne et se donner le temps de mieux évaluer le contexte. Une chose est sûre, ce n'est pas nécessairement une stratégie optimale à plus long terme.» Pour le Québec, cette proportion atteint 12 %, ce qui étonne Bruno Therrien. «On observait plutôt l'inverse dans les sondages précédents, les Québécois se montrant plus conservateurs.»

Évidemment, un chapitre est consacré aux services-conseils. Il ressort que 82 % des répondants estiment que les services de leur conseiller ont été utiles ou très utiles. «L'investissement est tellement basé sur l'émotion. Il faut un coach», résume Bruno Therrien.

Cette semaine un autre sondage, mené par Léger Marketing pour BMO Groupe financier, retenait le même pourcentage de cotisants, à savoir que 38 % des Canadiens avaient cotisé à un REER avant la date limite du 1er mars. Qualifiant ce pourcentage de plutôt faible, le sondage s'attardait sur les non cotisants, et sur le pourquoi de leur retenue. Ainsi, une proportion importante de 56 % des répondants a affirmé ne pas avoir cotisé. Des problèmes de trésorerie ont été la principale raison invoquée pour expliquer l'absence de cotisation à un REER, avec 64 % des Canadiens qui ont cité un manque de liquidités pour se justifier.

Et revenons sur ces sondages de début de campagne REER, qui démontraient tout le poids de la récession malgré le rebond des marchés boursiers à partir de mars 2009. CIBC Marchés mondiaux se voulait la plus optimiste en affirmant croire que les Canadiens allaient revenir au REER cette année, après la contraction de 2008. «Le revenu disponible plus élevé, les taux d'épargne à la hausse, le regain de confiance envers le marché boursier et une certaine méfiance à l'égard des régimes de retraite publics et privés ramènent les Canadiens vers les fonds communs de placement et d'autres types de REER», pouvait-on lire dans le sondage effectué par l'établissement dévoilé en début d'année.

La CIBC rajoutait: «Ce retour aux cotisations au REER contraste fortement avec l'année dernière, alors que le nombre de Canadiens cotisant à leur REER avait chuté de 1,8 %. Même ceux s'étant prévalus de cet outil d'épargne-retraite avaient en fin de compte réduit leur cotisation moyenne de 0,4 %. En conséquence, les cotisations au REER pour 2008 ont globalement reculé de 2,2 %, ce qui représente la baisse la plus marquée en six ans.»

On se faisait plus prudent à la Banque Nationale. Selon un sondage Saine Marketing, les intentions de cotisation au REER demeurent faibles, avec seulement le tiers des Canadiens (et des Québécois) prévoyant cotiser à leur régime cette année. Quant au versement moyen, il devrait être de 4759 $ au Canada, alors qu'au Québec, la cotisation moyenne se situe à 2913 $, soit un montant semblable à celui qui était prévu l'an dernier.

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2 commentaires
  • Galarneau2 - Abonné 6 mars 2010 08 h 33

    50% d'augmentation pour le nombre de canadiens qui ont investis dans un REER !!!

    Un sondage effectué dernièrement pour BMO et maintenant un autre pour Groupe Investors indiqueraient une hausse d'au moins 50% du nombre de canadiens ayant contribué à un REER par rapport à 2008 !!!
    Est-ce possible ? Pourquoi on ne parle pas de cette remarquable augmentation ?
    Le 9 février, dans ce même journal, une nouvelle de la Presse Canadienne indiquait que selon un rapport de la CIBC:
    En 2008, près de 24 % des contribuables de 24 à 65 ans ont cotisé à leur REER, avec une nette asymétrie vers les personnes mieux nanties et les gens plus âgés. Ça ne se peut pas qu'en un an il y ait une telle augmentation sinon ça ferait la manchette.

    http://www.ledevoir.com/economie/finances-personne