Théâtre - Trois jours bien remplis

Avant même d'amorcer la tournée avec Méli'Môme, puis de plonger dans Petits Bonheurs, le Jamais Lu, le FAIT, le FTA, Carrefour, les Coups de théâtre... et tous les autres, on parle festival ici. Déjà.

Plus précisément des Trois jours de Casteliers qui envahissent le Théâtre Outremont cette semaine. Au programme: des marionnettes. Pour toute la famille, enfants petits et grands, parents et autres. Avec même, en prime, de véritables automates aux visages familiers...

Au téléphone, la directrice de Casteliers, Louise Lapointe, raconte que le festival — qu'elle a construit de toutes pièces, à l'arraché, contre vents et marées disons, pour être poli — veut marquer sa cinquième édition de façon particulière en investissant dans la diversité et dans la richesse du répertoire. La programmation est construite autour de compagnies venues de France, d'Espagne, des États-Unis, du Japon, des provinces canadiennes de l'Alberta et de l'Ontario comme d'ici.

Au total, on pourra voir là plus d'une douzaine de spectacles, des marionnettes en tous genres pour les grands comme pour les petits, assister à des rencontres, participer à une table ronde ou à des ateliers de création pour les enfants sur le thème du carton; à des expositions aussi. Des films même. Tout cela trois jours durant dans les trois salles aménagées à l'intérieur de l'Outremont. La totale, quoi. Pendant la semaine de relâche. Avec les enfants. Même sans...

Parce qu'il y aura là des choses étonnantes pour les plus vieux, le soir, qui nous donneront l'occasion de prendre le pouls d'un secteur, celui de la «marionnette pour adultes», qui semble vouloir éclater en Europe et aux États-Unis. On pourra par exemple constater, samedi soir, où en est le «théâtre de papier» américain dans le cadre de A Short Entertaining History of Toy Theatre présenté par la compagnie Great Small Works de New York. Ou admirer les Match Box Shows de la célèbre Laura Heit, cette marionnettiste de Los Angeles qui investit les boîtes d'allumettes d'une étrange façon.

Louise Lapierre parle aussi avec enthousiasme de la soirée des Brèves de Casteliers, vendredi, un autre événement «pour adultes» proposant huit courtes pièces d'une quinzaine de minutes; la chose, animée par le comédien Félix Beaulieu-Duchesneau, résulte d'une collaboration entre l'École supérieure de théâtre de l'UQAM, l'École nationale de théâtre du Canada et l'École des Arts de la marionnette de Charleville-Mézières, en France. Ce qui ne gâte rien, tout cela sera précédé jeudi soir, après la cérémonie d'ouverture du festival, du très étrange Salon Automate de Nathalie Claude dont on vous a beaucoup parlé ici même.

Les enfants ne seront pas en reste pour autant puisque, le jour, les trois salles du festival accueilleront plus d'une demi-douzaine de spectacles pour les petits dès trois ans jusqu'aux grands de huit ans. On trouvera évidemment le programme complet, les horaires et les tarifs sur le site de Casteliers en visitant le www.casteliers.ca. Louise Lapierre y présente évidemment chacun des spectacles avec enthousiasme — Poli dégaine et Le Petit Poucet en Arménie seraient des incontournables! —, mais on retiendra surtout la re-création, plus de 25 ans plus tard, du Dernier arbre, une création de la compagnie du Matou Noir dans les années 1980 reprise par Salim Hammad dans le décor d'époque avec les marionnettes originales. On surveillera aussi Pierre à Pierre une production espagnole destinée aux tout-petits et dont on dit beaucoup de bien; on remarquera surtout que, intelligemment, la production fait un pied de nez aux pratiques de certains diffuseurs ne jurant que par «l'exclusivité exclusive», et circulera dans les semaines qui viennent sur le réseau que met peu à peu en place le festival Petits Bonheurs.

À noter aussi des créations toutes neuves comme ce Temps des muffins du Théâtre Magasin, le plus récent Joël da Silva (pour les enfants de quatre ans et plus) et Le Train ou la promesse de Miyazawa, une coproduction du Théâtre Incliné et de la Compagnie Kio créée au Japon l'été dernier qui est destinée aux «plus grands» de huit ans.

Rappelons que cette cinquième édition des Trois jours de Casteliers met aussi en relief des ententes et des alliances importantes avec Petits Bonheurs, on l'a dit, mais aussi avec l'Association des marionnettistes du Québec (AMQ), le Théâtre (et l'arrondissement!) Outremont et le Festival international de Charleville-Mézières.

Ensemble, à plusieurs, ce n'est pas nécessairement plus simple; mais ça permet à plus de gens d'en profiter. C'est d'abord ce qui compte, non...

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En vrac

- Codirecteur artistique du Théâtre de Quartier, metteur en scène, comédien et dramaturge au souffle de marathonien, Louis-Dominique

Lavigne est depuis longtemps un des piliers du théâtre s'adressant ici aux jeunes publics. Joué autant en Europe que dans les pays de culture hispanophone, son oeuvre, de ses célèbres Petits Orteils jusqu'à L'amour incurable que l'on vient de voir à l'Espace Libre, est une des plus jouées au Québec. Ceux qui le connaissent moins auront l'occasion de (re)découvrir son parcours et son oeuvre à l'auditorium de la Grande Bibliothèque, demain à 19h30 dans le cadre de la série Théâtre à lire organisée quatre fois par année par le Centre des auteurs dramatiques (CEAD) et Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La soirée est mise en scène par Philippe Lambert, et l'auteur sera accompagné des comédiens René-Richard Cyr et Diane Lavallée qui liront des extraits de ses textes.

- L'événement 24 Heures pour jouer! revient au Théâtre Mainline le week-end prochain. Samedi en fin de soirée, les auteurs se mettent au travail: ils ont jusqu'à l'aube pour écrire une pièce en un acte sur un thème donné. Les textes sont ensuite soumis aux metteurs en scène, qui disposent, avec les comédiens, d'une journée pour répéter et mettre en scène les pièces. L'aventure prend fin avec la présentation des créations dimanche à 20h: et vive le risque! Le Mainline est situé au 3997, boulevard Saint-Laurent, au sud de Duluth et le prix des billets est fixé à 10 $. On peut réserver sa place au 514 814-5691.

- On vous rappelle comme ça, au cas où vous seriez restés accrochés dans la sloche, la bouette et les plaques de glace de Cypress Mountain, que la plus récente création de Robert Lepage, Lipsynch, a pris l'affiche du Théâtre Denise-Pelletier en fin de semaine même si les rénovations de l'ancien cinéma Granada ne sont toujours pas terminées. La production est présentée ce soir, demain et jeudi en blocs de trois heures chacun; aux dernières nouvelles, il resterait quelques rares billets...

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1 commentaire
  • Geoffroi - Inscrit 2 mars 2010 10 h 04

    Refus global saguenéen

    Le Devoir doit absolument s'intéressé à ce qui se passe chez Théâtre du Saguenay :

    « Louis Tremblay
    Le Quotidien

    (CHICOUTIMI) Tout près de 200 artistes et intervenants du milieu culturel ont fait un véritable baroud d'honneur au maire Jean Tremblay et à son conseil municipal en investissant la séance régulière sans prononcer un seul mot puisqu'ils avaient tous choisi volontairement de «porter» un ruban adhésif sur la bouche.

    Les manifestants voulaient pour une première occasion faire comprendre au maire que la «grande noirceur» était maintenant terminée à Saguenay. Après la séance du conseil, ils ont quitté la salle pour occuper le grand hall de l'hôtel de ville et réciter un texte portant le titre «Manifeste du citoyen d'abord». Toute la manifestation, sous la surveillance d'une dizaine de policiers (cinq voitures de patrouille), s'est déroulée dans le calme.

    «Le citoyen de Saguenay n'acceptera plus de vivre dans la crainte, la peur, et l'intimidation. Le citoyen de Saguenay n'acceptera plus d'être muselé. Le citoyen de Saguenay n'acceptera plus un discours simpliste, paternaliste, dénaturant la vérité. Le citoyen de Saguenay n'acceptera plus les mensonges et les demi-vérités. Le citoyen de Saguenay n'acceptera plus d'être dénigré, rabroué, infantilisé, ridiculisé», sont des phrases contenues dans le document distribué aux journalistes.

    Aucun porte-parole du groupe ne s'est présenté au micro pour la période des questions. Selon Jocelyn Robert, il n'est pas question de se présenter au micro pour se faire dénigrer ou ridiculiser en public. Ceux et celles qui réclament la lumière sur la faillite du Théâtre du Saguenay et veulent sauver la coopérative sont convaincus que cette grande manoeuvre a été initiée par la ville et doute sérieusement des élus actuels...»