Du 9,7 % pour la Régie des rentes

Le rendement de 10 % dégagé par la Caisse de dépôt en 2009 devient du 9,7 % pour la Régie des rentes du Québec (RRQ). Chez cette dernière, on rappelle que le taux d'équilibre dans les équations actuarielles est de 7 %.

En dévoilant ses résultats jeudi, la Caisse de dépôt a mentionné que son rendement de 10 % pour 2009 est inférieur de 4,1 points de pourcentage à la performance de son indice de référence. Si l'on prend un univers plus large, celui des grandes caisses de retraite canadiennes de RBC Dexia, la sous-performance de la Caisse atteindrait les

5,5 points de pourcentage. C'est à peine mieux que lors de la désastreuse année 2008, où l'écart défavorable était de 6,5 points (de 3,8 points sans la surreprésentation des PCAA).

Mais en valeur absolue, 2009, avec son rendement positif de 10 %, n'a rien à voir avec celui, négatif, de 25 % comptabilisé en 2008.

Pour la RRQ, le rendement offert par la Caisse l'an dernier se chiffre à 9,7 %. Dans son communiqué, elle indique que «le Régime des rentes du Québec a un horizon de placement à long terme. Depuis sa création en 1966, le taux de rendement moyen du fonds est de 8,5 %, ce qui est semblable à celui de l'ensemble des caisses de retraite canadiennes. Rappelons que le taux de rendement à long terme attendu dans la dernière analyse actuarielle est de 7 % et que le taux de rendement du fonds RRQ avait été de 6,4 % en 2007.» Elle a oublié de mentionner le rendement négatif de 2008, de -26,4 %.

La valeur du fonds du Régime confiée est passée de 25,7 milliards au 31 décembre 2008 à

28,6 milliards au 31 décembre 2009, soit une différence de 2,9 milliards. Au cours de l'année 2009, les cotisations au Régime ont été de 10,1 milliards tandis que les sorties de fonds ont été de 9,8 milliards, pour une entrée nette de 300 millions.

Peu avant le dévoilement des résultats de la Caisse, Standard & Poor's publiait les résultats 2009 des cartes de pointage sur les indices comparant la gestion active à la gestion indicielle. La majorité des fonds d'actions canadiennes à gestion active ont été incapables de surpasser l'indice composé S&P/TSX en 2009, conclut la firme qui, faut-il le préciser, se définit comme étant le principal fournisseur mondial d'indices entrant dans la conception d'outils indiciels.

Bonne note, ici, pour la Caisse: son portefeuille boursier a généré un rendement de 31,4 % en 2009, soit 0,6 point de plus que son indice de référence.

Dans le décompte de S&P, qui porte sur des fonds d'investissement et non sur des caisses de retraite, seulement 39,2 % des fonds d'actions canadiennes à gestion active ont surpassé l'indice composé S&P/TSX l'an dernier. En revanche,

52 % des fonds d'actions à petite et moyenne capitalisation à gestion active ont affiché un rendement supérieur à l'indice des titres à petite capitalisation S&P/TSX. Sur les placements internationaux, près de 52 % des fonds d'actions internationales ont fait mieux que leur indice de référence alors que seulement 39,7 % des fonds d'actions américaines à gestion active ont réussi à surpasser le S&P 500 en 2009.

À titre de comparaison, au total la Caisse a fait mieux que l'indice de référence dans 10 de ses 17 portefeuilles, soit une moyenne de 58 %.

Sur un horizon de long terme, «au cours des dernières périodes de trois ans et de cinq ans, seulement 12,5 % et 7,5 %, respectivement, des fonds d'actions canadiennes à gestion active ont été en mesure de surclasser l'indice composé S&P/TSX», poursuit S&P.

La firme prend soin d'ajouter que sa carte de pointage corrige le biais de survivance des fonds communs de placement canadiens à gestion active et donne le rendement moyen pondéré en parts égales et selon les actifs de fonds similaires. Car dans ce genre de calculs, il faut tenir compte du jeu des regroupements et de la liquidation des fonds. La firme ne donne pas de taux de survivance pour 2009. On peut présumer que la chute des marchés en 2008 viendrait atrophier ce taux de façon non représentative.

Or historiquement, et étonnamment, ce taux de survivance n'est pas très élevé. Pour les cinq années ayant précédé la crise de 2008, la survivance s'établit à 42 % pour les actions canadiennes, à 42,5 % pour les actions américaines, à 60,3 % pour les actions internationales et à 43,3 % pour les actions mondiales.

Évidemment, ce jeu de comparaison n'a aucune autre prétention que d'offrir une mesure de la valeur ajoutée des gestionnaires. Et dans ce petit jeu d'humilité, la Caisse peut se targuer de faire mieux que la moyenne. L'année 2009 en est une de «transition» pour la Caisse, a martelé son p.-d.g., Michael Sabia. Ne l'oublions pas!

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3 commentaires
  • jacques noel - Inscrit 27 février 2010 09 h 10

    SOS RDI

    Les bolés de la Caisse ont perdu 40 milliards en 2008 alors qu'ils auraient dû en perdre 25, et ils ont gagné 12 milliards en 2009 alors qu'ils auraient dû en gagner 17. Bref, l'incompétence de nos bolés aura couter 20 milliards, 20 autoroutes des bleuets en 2 ans! C'est le scandale du siècle

    On sait que Charest ne fera pas d'enquête alors est-ce que RDI pourrait faire une émission de 3 heures où on nous dirait ce qui s'est passé depuis 2 ans à la Caisse.

    On pourrait prendre le dernier Rapport de la Caisse et décrire, point par point, où est notre argent, puisque c'est de celà qu'il est question.
    Pourquoi a-t-on acheté l'aéroport de Londres? Combien on a perdu?
    Pourquoi on n'investit pas plus dans l'économie québécoise? Pourquoi on n'avait pas plus d'actions canadiennes? Comment on a fait pour perdre 9 milliards en 2008 dans les taux de change? Pourquoi les bolés ont eu des bonis de 25 millions l'an passé?

    Bref, un tas de questions qu'on pourrait demander à un grand plateau d'experts comme on voit souvent à la télé française. Mais rarement à la télé québécoise

  • Fernande Trottier - Abonnée 27 février 2010 18 h 51

    Économie

    Est-ce le faible rendement obtenu parr la Caisse pour le R.R.Q. qui nous a permis à nous les retraités de recevoir pour 2010 la faramineuse augmentation de 0.4%, dans mon cas cela représente 2,99$/mois; je suis loin des bonis payés aux bolés qui n'ont pas travaillé pour les retraités mais en vue de leur propre retraite. Cela s'appelle-t-il le "partage de la richesse?"