Dois-je utiliser mes liquidités REER ou hors REER pour acheter une maison?

Lors de l'achat d'une première propriété, si j'ai des liquidités dans mon compte courant et dans mon compte REER, est-il préférable de RAPER ou non?

Ensuite, quelle mise de fonds dois-je faire sur la propriété? Le maximum, ou le minimum en investissant la différence? Instinctivement, je choisirais la deuxième option si le rendement de l'investissement dépassait le taux hypothécaire, mais après quelques calculs, j'ai l'impression que c'est la première option qui est la plus avantageuse à long terme (?)

Merci.

Un lecteur


Comme vous le pressentez si bien dans vos propos, un premier élément de la réponse se trouve dans le rendement potentiel de vos placements et du coût du capital emprunté. Lorsque vous décidez de RAPER — donc de retirer l'argent du REER jusqu'à concurrence de 25 000 $ pour acheter votre première propriété —, le coût de votre emprunt est le rendement prévu de votre REER. Si vous êtes un investisseur aguerri et pensez être en mesure de réaliser un rendement composé annuel de 8 % et plus de vos placements, votre REER devient alors une source de capital très dispendieuse pour financer l'achat d'une propriété. Recourir à une hypothèque dont les taux exigés varient actuellement de 2,25 % pour le court terme à moins de 4 % (après avoir pris soin de bien magasiner) pour le terme de cinq ans fixe est préférable. Évidemment, pour obtenir un rendement annuel composé de 8 %, il faut être conscient que votre REER devra être investi essentiellement dans les actions, ce qui est correct jusqu'à l'âge de 45 ans environ.

En revanche, si vous êtes peu intéressé au monde du placement et envisagez de laisser dormir votre pécule dans les dépôts à terme à moins de 1 %, alors RAPER son REER pour acheter sa propriété peut être considéré.

Un autre point dont vous devez tenir compte: votre situation budgétaire. Si vous disposez suffisamment de liquidités hors REER pour cotiser pleinement chaque année à votre REER tout en fournissant une mise de fonds adéquate à l'achat de la propriété, alors utiliser les liquidités hors REER plutôt que celles du REER me semble préférable. On parle ici d'une personne sans ou avec peu de contraintes budgétaires.

Par contre, si vous êtes en situation de contraintes budgétaires (ce qui est probablement votre cas), utiliser vos liquidités hors REER pour cotiser d'abord le plus possible au REER pour ensuite RAPER celui-ci afin d'en sortir les liquidités requises pour acheter la propriété devient l'avenue optimale à considérer. À la somme de 25 000 $ (retrait maximum permis par contribuable) provenant de votre REER (en le «rapant») pour acheter votre première maison s'ajoutera alors le remboursement d'impôt découlant de votre cotisation annuelle faite au REER.

Enfin, à propos de la mise de fonds à effectuer à l'achat de la propriété. Il faut ici jongler entre le niveau désiré des mensualités et le coussin requis pour faire face aux imprévus. Dans le premier cas, il est important de fixer le montant du prêt de sorte que les mensualités puissent être effectuées en tout temps, tout en vous laissant une marge de manoeuvre sur le plan budgétaire. Dans les premières années suivant l'achat, la marge de manoeuvre sera assez restreinte. À la longue, elle augmentera pendant que votre revenu familial s'améliorera.

Dans le second cas, il est important de conserver suffisamment de liquidités pour faire face aux imprévus et autres dépenses (réparations, terrassement, taxes, etc.). Ce coussin doit aussi vous donner la souplesse voulue afin que vous puissiez vous adapter à la nouvelle discipline budgétaire qu'impose le fait de devoir effectuer des mensualités hypothécaires. Une fois le montant désiré du prêt fixé, déterminer le coussin adéquat pour faire face aux imprévus et obligations (taxes foncières, taxe de bienvenue, etc.) m'apparaît plus important que de tenter de verser la mise de fonds maximale. À plus long terme, si vous êtes de ceux qui n'envisagent pas de consacrer temps et efforts pour bien investir, la priorité va à rembourser le plus rapidement possible le prêt hypothécaire, dont les intérêts ne sont pas déductibles (certains professionnels et travailleurs autonomes non incorporés ont ici intérêt à considérer la technique de la «Mise à part de l'argent» pour rembourser le plus rapidement possible ladite hypothèque. Voici un lien menant à un document expliquant cette technique: http://www.cqff.com/informateur/Info_mapa2009.pdf. Mais vous devrez le faire en prenant soin de cotiser d'abord, chaque année, le maximum possible au REER tout en remboursant selon les règles les retraits effectués dans le cadre du régime d'accession à la propriété. Les remboursements d'impôt résultant des cotisations au régime pourront alors être appliqués au remboursement partiel du solde de votre hypothèque.

Par contre, si vous êtes de ceux qui s'intéressent au monde du placement, plutôt que de chercher à accélérer le remboursement de votre hypothèque, vous pourriez consacrer les dix prochaines années à vous constituer un portefeuille REER et hors REER de titres d'entreprises de croissance et ayant pour politique de verser un dividende d'environ 2 % l'an. Nous avons plusieurs de ces entreprises au Québec qui sont devenues au fil des ans des joueurs importants dans leur secteur respectif. Ces entreprises comportent un risque de placement intrinsèque plus élevé que les grandes entreprises canadiennes affichant un long historique (25 ans et plus) de versements de dividende. Si vous êtes âgés de moins de 40 ans, vous êtes en mesure de supporter un tel risque.


L'action de Bombardier: pas pour un retraité

Bonjour,

J'ai acheté au fil des ans 10 000 actions BBD.B chez mon employeur au prix moyen de 5 $.

Maintenant que je suis à la retraite, je souhaite vendre une grande partie de ces actions pour investir selon les principes de la classe Internet.

Est-ce une bonne idée de vendre ces actions au cours actuel de 5,50 $ ou est-il préférable de les vendre graduellement au moment d'acheter d'autres actions?

Merci de votre attention.

Un lecteur


J'admets que Bombardier constitue un fleuron parmi les entreprises québécoises. Mais la compagnie en est une de croissance et non de dividende. Ses flux de trésorerie varient grandement d'une année à l'autre, surtout à cause de son secteur aviation. L'industrie de l'aviation est hautement cyclique et très tributaire du prix du pétrole. Par contre, tout le volet transport en commun (trains, métro, etc.) m'apparaît très prometteur. Ce dernier secteur recèle un solide potentiel de croissance pour l'entreprise. En admettant que le secteur construction d'avions entre dans un nouveau cycle de croissance, il y a fort à parier que le cours de l'action de Bombardier grimpera. Malgré cela, j'estime que le titre ne cadre pas avec les besoins d'un retraité. Je recommanderais de vendre graduellement l'action sur force. Récemment, un analyste du géant américain JP Morgan a recommandé l'achat de l'action avec un cours cible potentiel de 6,50 $. Ce cours pourrait vous servir de repère afin de vendre graduellement les actions pour les remplacer par des titres d'entreprises montrant un solide historique de versements de dividendes élevés et croissants.