Médias - L'année 2009 en cinq temps

Dernière chronique de l'année, puisque l'on fait relâche pour les deux prochaines semaines. Ceci n'est pas un palmarès, plutôt un arrêt sur l'année 2009 en cinq images.

Le journal est en crise

La crise des journaux, mondiale, a frappé le Québec et le Canada de plein fouet. Dans le numéro de décembre du magazine Trente, l'ancien patron de L'Actualité, Jean Paré, titre «La fin de la récréation», en parlant de la presse écrite. Car rien ne sera plus pareil, et les journaux sont en profonde remise en question.

Baisse des revenus publicitaires, baisse des tirages, absence de revenus sur le Web, déplacement des lecteurs vers Internet, perte de revenus traditionnels comme les petites annonces, la presse écrite se cherche. Au Canada, la plupart des grands journaux ont eu à gérer des compressions et, au Québec, la crise a été particulièrement frappante à La Presse et au Journal de Montréal. Négociations difficiles pour la première afin de réduire les coûts et abandon de l'édition du dimanche. Quant au Journal de Montréal, ses artisans sont sur le trottoir depuis près d'un an. Quebecor exige de leur part de nouvelles compressions et fait la preuve tous les jours qu'elle peut se passer d'eux en publiant quand même son journal. Un conflit brutal dont on ne voit pas la fin.


La télévision généraliste ne va pas fort non plus

Les distributeurs de signaux télévisuels nagent dans l'argent, les chaînes spécialisées encaissent les profits, mais les chaînes généralistes, elles, se plaignent de devoir se serrer de plus en plus la ceinture. Ce qui a donné lieu cet automne à un débat acrimonieux devant le CRTC, les généralistes tentant de convaincre l'organisme fédéral de leur permettre d'obtenir des redevances des abonnés. Pendant ce temps, Radio-Canada procédait à une «restructuration» d'envergure, qui a donné lieu à des centaines de mises à pied, et à la disparition de quelques émissions de radio. En attendant pire?


La saveur du jour, de la semaine, du mois

Les médias sont champions pour s'emparer d'une «affaire», et presser le citron jusqu'à plus soif. L'année 2009 n'a pas échappé à la règle. Vous avez le choix: l'interminable «crise» du Bye Bye de Radio-Canada en début d'année, l'intronisation d'Obama superstar, la guéguerre des festivals entre Montréal et Québec, la grippe A(H1N1), le clown dans l'espace. Mais accordons une mention spéciale au «mort de l'année», bien sûr, Michael Jackson, qui a dopé les ventes des journaux et des magazines en plein été.


La puck roule pour eux autres

Une étude d'Influence Communication indiquait cette année que, dans nos médias, le sport occupe quatre fois plus de place que la santé, et 25 fois plus de place que la pauvreté, les aînés et les autochtones. 2009 fut une année championne. Le centenaire du Canadien, qui en soi était un délire promotionnel, s'est doublé d'une spectaculaire série de crises toutes plus médiatisées les unes que les autres: démission de Guy Carbonneau, départ de Kovalev et de Koivu, rumeurs en tous genres (Lecavalier à Montréal?), tentative d'achat du club par Quebecor, vente à Molson. Ça nous prendrait une bonne vieille Coupe Stanley pour respirer...


Enquêtes en tous genres

Malgré tout le mal que certains peuvent dire sur les médias, ce fut une année faste lorsque plusieurs médias se sont mis à fouiller les manquements à l'éthique dans le monde municipal, et les cas de corruption.

Grâce aux journalistes, on a appris l'existence du yacht de Tony Accurso et ses multiples fréquentations, les pratiques des entrepreneurs en construction, les aveux de Benoit Labonté de Vision Montréal, la promiscuité des firmes de génie-conseil avec les administrations municipales et ainsi de suite. Du beau travail... qui n'a pas changé grand-chose aux résultats des élections municipales à Montréal.

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pcauchon@ledevoir.com

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