Trop de compagnies dans un portefeuille

J'aimerais vous demander conseil au sujet de changements que j'envisage d'apporter à mon portefeuille d'actions.

Dans le secteur de l'énergie, je détiens un placement dans Atco (14 %), Suncor (9,6 %) et Imperial Oil (2,2 %). Est-il pertinent de partager mon investissement dans le secteur pétrolier entre Imperial et Suncor (5 % par compagnie)? Je suis également tenté de ramener le poids d'Atco entre 5 et 7 % pour faire une place à Fortis. Plusieurs éléments m'amènent à m'intéresser à ce titre: dividende, perspectives, activités différentes de mes autres titres. Cette diversification est-elle excessive?

Dans le secteur financier, je détiens des actions de BMO (11,1 %), Power Corporation (6 %) et Thomson Reuters (5,3 %). Je songe à éliminer Thomson de mon portefeuille, que je considérais comme faisant partie d'un autre secteur. J'ai pensé ajouter une deuxième banque à ces placements, quand le moment viendra. Depuis, le titre de BMO a repris beaucoup de poil de la bête. Que faire?

Je détiens des actions dans sept autres compagnies: Barrick Gold (9,7 %), Yamana Gold (3 %), SNC (5,3 %), BCE (7,4 %, je vise 10 %), Pages jaunes (5,3 %), Manitoba Telecom (3,6 %), Telus (je vise 5 %), Corby (11,2 %).

Au total, je détiens 14 titres. Est-ce excessif? Ce nombre est appelé à augmenter légèrement, car je prendrai plus tard des positions dans le secteur des produits de consommation de base. La valeur de mon portefeuille au marché s'élève à 178 000 $ (capital investi de 185 000 $). Je suis dans la jeune trentaine.

Un lecteur

De prime abord, je tiens à vous féliciter pour la qualité de votre portefeuille. Les compagnies dans lesquelles il est investi sont pour la plupart solides financièrement, versent un bon dividende et sont des joueurs dominants dans leur secteur d'activités.

Cela dit, votre portefeuille contient trop de compagnies. Idéalement, ce nombre devrait être réduit de 14 à 8 compagnies. Vu la qualité des entreprises figurant dans votre portefeuille, l'épuration ne sera pas chose facile à faire.

Une première règle à suivre serait de donner préséance à l'entreprise la plus dominante dans son secteur. Une seconde serait de vous assurer de participer à quatre, préférablement cinq secteurs distincts ou plus de notre économie.

Vos placements actuels vous permettent de participer déjà à six secteurs d'activité: télécommunications, services financiers (Thomson Reuters appartient à ce secteur alors que, depuis l'acquisition de Reuters, plus de 50 % de son chiffre d'affaires lui vient du traitement de données financières), énergie, produits de consommation (spiritueux), mines et infrastructure. Ce sont tous là des secteurs pertinents et stratégiques de notre économie. Reste maintenant à voir si les entreprises dont vous détenez des titres sont des joueurs dominants de leur industrie.

Dans le secteur des télécommunications, le joueur dominant est sans contredit BCE. Aussi, l'accent devrait être mis sur cette entreprise pour participer à ce secteur. Le seul placement dans BCE suffit donc pour ce faire. Les titres de Telus, Manitoba Tel et Groupe Pages jaunes sont des placements de second ou troisième ordre.

Dans le secteur des produits de consommation, les spiritueux s'avèrent certainement un secteur intéressant. Le hic: au Canada, nous n'avons pas de firmes importantes y oeuvrant. Corby Distilleries est la seule société ouverte canadienne appartenant à ce secteur, mais elle est une entreprise de petite taille. À cet égard, l'entreprise ne mérite pas le poids que vous y accordez dans votre portefeuille. Pour ma part, je crois que le secteur de l'alimentation offre un bien meilleur choix de grandes entreprises.

Les infrastructures constituent un secteur clé très prometteur de notre économie, mais également de l'économie mondiale. SNC-Lavalin est ici l'acteur dominant au pays. C'est autour des titres de cette entreprise que vous devriez construire votre position. Notez qu'Atco, par le truchement de ses filiales dans la construction de roulottes de chantier et dans l'ingénierie, vous permet indirectement de participer au secteur des infrastructures.

Mais, avant tout, Atco est une société de portefeuille (holding) présent dans deux secteurs: le transport du gaz naturel dans l'Ouest canadien et la production d'électricité. Oui, Atco appartient au secteur de l'énergie mais, plus spécifiquement, comme société de services publics alors qu'une part non négligeable de ses revenus est réglementée. À ce titre, la nature de l'entreprise sera moins cyclique que celle de pures firmes d'énergie telles que Suncor et Imperial Oil, deux grandes pétrolières intégrées. Dans ces deux derniers cas, je crois que vous devriez concentrer vos investissements dans une seule des deux sociétés, la plus importante étant Suncor. Quant à Atco, elle a sa place dans votre portefeuille, mais son poids, à 14 %, m'apparaît trop élevé.

Enfin, côté services financiers, les trois entreprises formant votre portefeuille sont de grandes sociétés. Pas facile ici de faire le tri. Détenir une importante position dans une grande banque canadienne est très justifié. Avoir une grande banque canadienne est un incontournable. Le secteur de l'assurance-vie est également prometteur, secteur auquel Power Corporation vous permet de participer. Quant à Thomson Reuters, c'est l'un des géants mondiaux du traitement des données et d'informations spécialisées qui a aussi sa place dans votre portefeuille.



?¶tre abonné à une bonne lettre financière est essentiel

Bonjour M. Chiasson,

Vous mentionnez souvent l'abonnement à une lettre financière. Auriez-vous des suggestions de bonnes lettres à me faire? Merci encore pour tous vos précieux conseils.

H. R.

Plusieurs lecteurs m'ont, à la suite de mes récentes chroniques, demandé de nommer quelques lettres financières objectives et de qualité.

Toute personne qui désire construire son propre portefeuille de valeurs mobilières (en particulier la partie « actions ») se doit absolument d'être abonnée à une bonne lettre financière. Une telle lettre permet de faire un suivi régulier et rapide des entreprises composant votre portefeuille. Un tel suivi est essentiel. C'est grâce à lui que vous parviendrez à garder le cap en période de hautes turbulences comme celle survenue en 2008 et que, probablement, vous saisirez les belles occasions qui ne manquent pas de se manifester en de pareilles circonstances.

Ces lettres financières sont peu nombreuses et peu de gens en parlent. Selon ma propre expérience (je ne les connais pas toutes), trois lettres environ m'apparaissent fournir une excellente information financière parfaitement objective. Il y a The Investment Reporter, une lettre publiée par la firme torontoise MPL Communications. Il y a aussi The Successful Investor dont l'auteur, Pat MacKeough — je crois qu'il a déjà été le rédacteur de la lettre The Investment Reporter —, fait un excellent travail. Ces deux lettres permettent de suivre adéquatement l'évolution des grandes entreprises canadiennes et américaines susceptibles de meubler votre portefeuille. Ces deux lettres sont publiées en anglais.

Au Québec, le seul service s'apparentant, à ma connaissance, à ces lettres financières, est la classe Internet Pro-Placement. Celle-ci permet de suivre les grandes firmes en plus d'offrir un volet « apprentissage ». Là, je tiens à souligner que j'en suis l'auteur et éditeur.