Hortense et les hortensias

Dans la collection Endless Summer, l’Hydrangea macrophylla Twist-n-Shout fleurit aussi sur le bois de l’année. En bas: une grande hémérocalle de 1,20 mètre aux fleurs jaune brillant Hyperion.
Photo: Dans la collection Endless Summer, l’Hydrangea macrophylla Twist-n-Shout fleurit aussi sur le bois de l’année. En bas: une grande hémérocalle de 1,20 mètre aux fleurs jaune brillant Hyperion.

Vers 1780, le célèbre horloger Lepautre avait une fille nommée Hortense. Au décès de celle-ci, Philibert de Commerson, grand botaniste et ami de l'horloger, entendit honorer sa mémoire en donnant son nom à une plante, qu'il appela donc hortensia.

Cette dénomination introduisit une certaine confusion au sein d'une vaste tribu de plantes nommées hydrangées. L'appellation d'hortensia allait donc être abandonnée, et réapparaître au début du XXe siècle.

À l'occasion de l'exposition d'horticulture de Paris, en 1910, deux horticulteurs de renom, Lemoine et Mouillère, présentent une plante magnifique, résultant d'un croisement entre deux hydrangées d'origine asiatique, qu'ils ont baptisée hortensia.

Voilà pourquoi les Français nomment hortensia ce que nous appelons Hydrangea macrophylla... De quoi confondre le jardinier amateur, à la lecture de certains livres!

De plus, un grand nombre de cultivars à bractées roses deviennent bleus lorsque le sol est acide et d'une bonne teneur en aluminium.

Lorsqu'on observe attentivement les inflorescences des hydrangées, on constate qu'elles portent deux types de fleurs. Des fleurs fertiles peu décoratives, comme de minuscules petits pois blancs, verts ou roses, et des fleurs stériles mâles composées seulement de grandes bractées qui ressemblent à des pétales.

Traditionnellement, les hybrideurs favorisaient les plantes ne portant que des fleurs stériles, comme les cultivars produits pour la Fête des mères, mais aujourd'hui, la tendance change. C'est le cas, dans cette série d'hydrangées, de la collection Endless Summer, dont les inflorescences portent à la fois des fleurs fertiles, au centre, et des fleurs stériles, sur le pourtour.

Généralement, les H. macrophylla fleurissent sur le bois de l'année précédente. Un hiver rigoureux et l'absence de protection hivernale auront donc raison de la floraison. En effet, l'extrémité de la tige portant les boutons risque alors de geler.

Mais voilà, nos spécialistes «songés» ont trouvé une jolie parade, nous offrant maintenant des H. macrophylla, de la collection Endless Summer, qui fleurissent à la fois sur le bois de l'année précédente et sur la pousse de l'année. Le cultivar à bractées roses Twist-n-Shout en fait partie.

Le plus simple pour un jardinier débutant est donc de ne pratiquer aucune taille.

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Des hémérocalles pour l'oeil et le palais

L'hémérocalle demeure incontestablement l'une des fleurs les plus exquises de nos jardins. Cette vivace aux fleurs éphémères recèle un goût surprenant, à la fois sucré et poivré. En Chine, ces fleurs sont commercialisées à l'état sec, sous le nom de Gum tsoy, ou Gum jum. Les boutons encore fermés font des merveilles dans les soupes, qu'elles soient chaudes ou froides.

Voici six façons entre mille de farcir les fleurs et d'en faire des amuse-gueule... Retirez les étamines et le pistil se trouvant à l'intérieur des fleurs. Remplissez les fleurs avec de la crème fraîche légèrement agrémentée de gingembre frais râpé, un peu de yaourt avec petites crevettes de Sept-Îles, une mousse au saumon légèrement parfumée de feuilles d'aneth de votre jardin, un peu de chair de crabe des neiges mélangée à du gingembre frais râpé, le tout agrémenté d'une mayonnaise épicée au poivre vert. Pour un dessert, farcissez-les de crème fouettée à la liqueur de cassis. Remplissez de crème glacée parfumée aux feuilles et aux fleurs de basilic pourpre.

Une fois la fleur farcie, repliez les trois pétales, puis les trois sépales, et piquez-y un cure-dent jusqu'au pédoncule, à la verticale, pour bien la refermer. Déposez sur des feuilles de vigne, ou autres, et décorez le plat de fleurs.

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Un haubanage réussi

Un arbre en santé, régulièrement élagué et bien entretenu, supportera mieux les stress de la ville, où les conditions sont difficiles. Lorsqu'une branche est «déchirée», il est facile, si on intervient tôt, de corriger la situation à l'aide de câbles et de tendeurs afin de replacer la branche et d'éviter ainsi que la blessure ne s'aggrave.

Depuis quelques années, je constate avec émerveillement le travail fait sur un Rhamnus lourdement endommagé grâce a un savant système d'haubanage réalisé par les arboriculteurs du Jardin botanique de Montréal, qui parviennent à maintenir la ramure et à assurer ainsi l'esthétique de cet élégant arbuste.

À la suite d'une forte tempête de vent, de neige ou de verglas, ou simplement à cause d'une charge excessive, des branches mal orientées, ayant un angle trop aigu par rapport au tronc principal, risquent de se déchirer. Si rien n'est fait, de l'eau pénétrera dans la plaie et la pourriture s'installera.

On peut avoir recours au câblage pour faire en sorte qu'une branche en supporte une autre. Les câbles sont fixés avec des vis et des boulons en acier inoxydable.

Comme l'arbre continue de grandir et le tronc de grossir, ces supports artificiels perdront leur efficacité après une certaine période; il faut donc inspecter régulièrement les câbles et parfois en réinstaller de nouveaux.

Pour plus d'information, consultez le site Internet de la Société internationale d'arboriculture du Québec (SIAQ). Vous y trouverez une liste des membres ainsi que de nombreux renseignements.

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La semaine du jardinier

Samedi 8 août - Saint-Dominique. Les excès d'eau de cet été causent la pourriture des fruits et la prolifération de ravageurs (limaces, escargots et autres). Pas facile pour les insectes pollinisateurs de faire correctement leur travail, et lorsque les fruits naissent enfin, des maladies cryptogamiques les rendent immangeables (fraises, framboises).

Dimanche 9 août - Saint-Amour. Depuis ce printemps, toutes sortes de fructifications de champignons sporophores (carpophores) apparaissent sur mon terrain. À défaut de fraises et de framboises, me voilà redevenu mycologue amateur et récolteur de pleurotes en huître... Faute d'avoir trouvé des cèpes, des lactaires couleur de suie et des chanterelles, le jardinier dînera aux russules farcies aux escargots. Voir la recette de Matthieu Sicard et Yves Lamoureux dans l'indispensable petite bible de poche Les Champignons sauvages du Québec, publiée chez Fides (2005).

Lundi 10 août - Saint-Laurent. À propos de champignons, certains jardiniers fauchent systématiquement ceux qui croissent dans leur pelouse. Une bien mauvaise idée, car lorsque les champignons sont ainsi pulvérisés, leur reproduction est assurée. Il faut donc les arracher à l'aide d'une petite pelle, avant la dissémination de leurs spores.

Mardi 11 août - Sainte-Claire. Peut-être avez-vous vu, dans votre gazon, des «ronds de sorcière», qui révèlent la présence du Marasme des Oréades. Et chaque année le cercle s'agrandit, le mycélium cherchant de nouvelles ressources nutritives. Un autre bon livre: Champignons comestibles du Québec, de Jean Després, publié chez Michel Quintin (2008).

Mercredi 12 août - Sainte-Clarisse. Notre été pluvieux est profitable à la croissance des végétaux; les arbres, les arbustes et les vivaces décoratives par leur feuillage prospèrent, tout comme le gazon. Mes hostas sont «de toute beauté», selon l'expression consacrée. Je coupe toutes les inflorescences pour éviter de me faire distraire par les fleurs, un judicieux conseil de M. Cabot, de Cap-à-l'Aigle. Mais je triche pour les hostas, aux fleurs superbement parfumées!

Jeudi 13 août - Saint-Hyppolite et Sainte-Radegonde. Ce qu'on appelle la coriandre vietnamienne, le rau ram, est en fait une persicaire au nom latin, Polygonum odoratum. Elle est très heureuse cette année dans mon potager, puisqu'elle aime la terre riche et humide et un environnement ombragé. Mais, comme toutes les tropicales, elle ne résistera pas aux premières gelées; c'est donc le temps de l'utiliser, comme des feuilles de coriandre.

Vendredi 14 août - Saint-Évrard. Une autre tropicale sud-américaine qui aime l'eau, même si un peu plus de chaleur ne lui nuirait pas, c'est l'herbe à sucre: Stevia rebaudiana. La culture en gros pot de grès lui convient bien. Une autre frileuse qu'il faudra hiverner.