Et puis euh - Ça ne va pas bien du tout

Ça ne va pas pantoute. Non seulement il pleut tout le temps, il fait gris et sale, c'est lundi, mais en plus, à ce qu'on raconte, l'économie est en lambeaux. Et je n'arrête pas de recevoir des courriels écrits en russe. Je vous jure, un sur cinq, en russe. En alphabet cyrillique. Vous arrive-t-il de vous demander par quelle manoeuvre tordue de quelconques usagers du cyberespace vous en venez à vous ramasser dans une liste d'envoi constituée en Russie? Moi si. J'ai d'ailleurs passé le week-end à réfléchir à la question, sans pour autant parvenir à dégager une réponse acceptable.

Remarquez, grâce aux outils technologiques postmodernes, la communication est plus possible que jamais. En temps ordinaire, je veux dire dans les années 1980, j'aurais été incapable de décrypter ces messages en russe. (Bien sûr, je ne les aurais pas reçus puisque le courrier électronique n'existait pas, mais je me comprends, d'une certaine manière.) Alors qu'aujourd'hui, un petit copier-coller dans Google Traduction, et paf, la vérité apparaît. Aussi suis-je heureux de vous informer que le dernier message en russe à m'être acheminé commençait par «Objet: Rapport trimestriel: les exigences pour la formation des indicateurs de la comptabilité». Comprenez que je n'ai pas poussé plus loin la lecture.

La réflexion peut donc être un exercice hautement surfait, ainsi que le prouvent l'absence de réponse ci-dessus mentionnée et le comportement de Sean Avery. Avery, on s'en souviendra si on conserve des archives propres et rangées, est cet intellectuel de centre gauche qui avait été suspendu par la Ligue nationale de hockey sur glace après avoir déclaré que certains joueurs, en sortant avec ses ex, se contentaient de ses sloppy seconds. Or pendant sa suspension, Avery s'est vu imposer de suivre des cours de méditation. Et voici ce que la méditation semble avoir donné: http://tinyurl.com/cnvse5. (Pour les membres du lectorat papier qui n'auraient pas immédiatement accès à la grande Toile, mettons que lors du match de samedi dernier entre le New York et le Boston, le jeu était arrêté, le gardien des Bruins Tim Thomas était agenouillé et regardait dans une autre direction lorsque le raffiné Sean lui a servi un coup de bâton derrière la tête.) Hautement surfaite, que je vous dis.

L'économie financière connaît des ratés, disions-nous donc, et le merveilleux monde du sportª n'est pas imperméable aux soubresauts. Pour s'en convaincre, il suffit de se tourner du côté de Manny Ramirez, qui voulait un contrat à long terme à raison de 25 millions $US par année et a finalement accepté une entente de 45 millions pour deux ans avec les Dodgers de Los Angeles. Invité à commenter la chose, il a dit quelque chose comme «Ouais, d'accord avec vous, cela est bien peu considérant mon considérable talent, mais qu'est-ce vous voulez, l'économie financière en arrache, et puis euh». Ça va vraiment mal.

On trouve aussi des clubs pour subir les contrecoups. Certains ne savent plus quoi faire pour remplir leur amphithéâtre, alors que d'autres s'usent les méninges à dénicher des solutions originales. Prenez par exemple les Coyotes de Phoenix. Mettons que vous êtes en Arizona aujourd'hui et que, vous ennuyant de Canadien, vous décidez de partir sur la rumba en son honneur et question de vous changer les idées. Bien sachez qu'à l'achat d'un 40 onces de vodka

Smirnoff dans le Liquor Store le plus proche de vous, vous obtenez rien de moins qu'un billet gratis pour le match des Coyotes ce soir face au

St. Louis. Vous avez ainsi l'occasion d'arriver au match en boisson et de constater un peu moins à quel point les Coyotes sont plates à voir jouer, ainsi que de vous mettre le sac en papier sur la tête.

Et que dire des Wranglers de Las Vegas? Hein, qu'en dire? D'abord ceci: les Wranglers font partie de la ligue East Coast. Évidemment, vous observerez qu'il est ridicule qu'on trouve une équipe du Nevada dans un circuit appelé Côte Est, mais on n'y peut rien, c'est de même. Pour ne rien vous cacher, il y a une équipe de l'Idaho et même une de l'Alaska dans la ligue East Coast, qui comprend au demeurant une division Pacifique. Il est clair que le commissaire du circuit a coulé d'aplomb sa géo 412.

Toujours est-il que, le 24 mars dernier, les Wranglers ont tenu une soirée «18 ans et plus». Le match débutait à 21h locales, afin de laisser aux amateurs le temps de prendre avantage du bar ouvert à 20 $. Il y avait aussi, en prime, un spectacle donné par le groupe d'effeuilleurs masculins American Storm (pas de nudité intégrale cependant), et les dames pouvaient aussi assister au cours Stripper 101, leur fournissant des éléments techniques pour effectuer de la «danse exotique» — c'est l'expression officielle — à côté et autour d'un poteau conçu à cet effet. Pendant la joute, on pouvait aussi prolonger l'expérience constructive du bar ouvert et profiter d'un spécial 2 pour 1 sur la vodka, la tequila, le rhum, le gin et le whisky. Selon des sources, personne ne se souvient du score final.

Et vous qui pensiez que, comme essaie de le démontrer Canadien, la ville du péché, c'est Montréal. Quand avez-vous assisté pour la dernière fois à un 2 pour 1 au Centre Bell Téléphone?

La prochaine fois, nous verrons qu'à leur arrivée dans la Ligue nationale, les Canucks de Vancouver faisaient partie de la division Est, alors que Philadelphie et Pittsburgh étaient dans l'Ouest, ce qui peut être compréhensible puisqu'à l'époque l'humanité était un peu niaiseuse, y a qu'à voir comment elle s'habillait, mais qu'à bien méditer sur le sujet, ça n'a guère d'allure aujourd'hui.

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