Catastrophe en devenir

Plus que 30 ans de réserve. Et 30 ans, c'est si peu dans l'histoire d'une civilisation.Je parle ici du pétrole, cet or noir qui risque de nous faire grandement défaut au cours de la prochaine décennie. Facile à comprendre. Les problèmes d'approvisionnement se posent déjà lorsque nos économies sont en expansion et se poseront encore avec beaucoup plus d'acuité bien avant l'épuisement total des réserves. Les 15 dernières années de réserve seront infernales si rien n'est fait pour préserver notre or noir. Car le pétrole vient remplir les réservoirs de l'essentiel de nos divers modes de transport. Mais il est aussi à la base de divers produits chimiques entrant dans la fabrication des plastiques, des peintures et même des engrais.

L'or noir circule dans les veines de notre civilisation et, à ce titre, est presque indispensable à sa survie. Tellement indispensable qu'il est inimaginable de seulement envisager notre société actuelle à court de pétrole. Et pourtant...

Cela pourrait bien se produire si on ne prend pas dès maintenant les mesures qui s'imposent. L'actuelle récession nous donne un répit alors que la consommation d'essence baisse aux États-Unis. Mais cette tendance est bien éphémère. Pas moins de deux milliards d'habitants (la Chine et l'Inde) prétendent désormais atteindre le niveau de vie des grands pays occidentaux. L'utilisation de l'automobile n'ira certainement pas en régressant. En janvier et février, pour la première fois de l'histoire de notre monde industriel, il s'est vendu en Chine plus d'automobiles qu'aux États-Unis, le plus vaste marché à ce jour.

Il y a trois semaines, en Inde, Tata Motors procédait au lancement de sa Nano, la voiture la moins chère du monde. Une voiture accessible aux bourses de dizaines de millions d'Indiens. Même petite, la Nano ajoutera à terme considérablement à la demande de pétrole. Et elle viendra menacer l'équilibre déjà bien précaire de l'offre et de la demande.

Un équilibre d'autant plus précaire que les dirigeants des grandes sociétés pétrolières admettent de plus en plus que la capacité mondiale de production de pétrole plafonnera autour de 90 millions de barils par jour. Nous consommons actuellement près de 84 millions de barils par jour. Dans dix ans, la Chine et l'Inde ainsi que les autres pays émergents en forte croissance auront fait passer cette demande à 116 millions de barils par jour. Il y a inadéquation. Pire, les réserves s'épuiseront beaucoup trop vite au point que notre société se dirige à 100 milles à l'heure sur un mur de béton armé.

Le défi est de taille d'autant qu'il nourrira d'énormes tensions sur le plan géopolitique. On assiste actuellement à une véritable course entre les pays industrialisés et émergents pour sécuriser leur approvisionnement de ce qui restera des réserves d'or noir. La Chine a prêté des dizaines de milliards de dollars au continent africain afin d'assurer une partie importante de ses besoins en pétrole et métaux industriels. Plus récemment, elle a consenti des prêts de plusieurs dizaines de milliards de dollars à la Russie et au Brésil pour se garantir en contrepartie, pendant les dix prochaines années, plus de 200 000 barils par jour de pétrole à un coût moyen de près de 17 $US le baril.

La Russie solidifie ses liens avec les pays de l'Amérique du Sud, dont le Venezuela, le plus important fournisseur de pétrole aux États-Unis. Idem avec Cuba avec qui elle entend pousser l'exploration pétrolière dans le golfe du Mexique. La Russie entend également déployer son armée dans l'Arctique pour disputer le partage des ressources avec les pays limitrophes, dont le Canada.

Les pays déplacent vite leurs pièces sur l'échiquier mondial de l'énergie. Des frictions en résulteront. Peut-être même des guerres. D'où l'urgence de développer des sources d'énergie substitutives et des modes de transport consommant moins, beaucoup moins, de pétrole.

Le défi est de taille. Et, notre civilisation a très peu de temps pour le relever. Il n'existe pas une solution unique au problème. Il n'y a que de multiples solutions partielles qui, combinées, permettront peut-être de résoudre à terme notre problème d'approvisionnement en énergie. Le hic: aurons-nous le temps de mettre en oeuvre ces solutions avant de nous heurter au mur de la grande pénurie de pétrole?

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Retournez dans votre FERR une partie des retraits effectués en 2008

Comme vous le savez, le marché boursier n'a pas été facile en 2008 pour les retraités.

Plusieurs d'entre eux ont subi un recul de la valeur de leur FERR. Et, pour comble de malheur, afin de respecter les règles sur les retraits minimums à effectuer de leur régime, ils ont

probablement dû vendre des actions alors que leur cours était passablement déprécié, afin de lever les liquidités requises pour effecteur lesdits retraits du régime.

Pour compenser les pertes subies, le gouvernement canadien a accouché d'une mesure exceptionnelle portant sur les retraits réalisés en 2008. Au lieu de devoir effectuer le plein retrait minimum exigé selon les règles du FERR, le gouvernement a convenu de limiter ledit retrait à 75 % du minimum normalement exigé. Cette mesure n'est valable que pour 2008.

Par exemple, un rentier de 85 ans ayant un FERR avec un solde de 100 000 $ au 1er janvier 2008 était tenu de retirer un montant minimum de 10 333 $ de son régime avant le 31 décembre 2008. Selon la mesure exceptionnelle adoptée par le gouvernement, le retrait minimum exigé ne sera plus que de 7750 $ (arrondi). Si le rentier a déjà effectué le retrait initialement établi de 10 333 $ en 2008, il peut donc retourner en vertu de la mesure d'exception la somme de 2583 $ dans son régime. Il évitera ainsi d'ajouter cette somme à ses revenus imposables au moment de faire sa déclaration de revenus 2008.

Pour retourner ce montant de 2583 $ dans son régime, le rentier a jusqu'au 14 avril prochain inclusivement pour le faire. Il peut choisir de retourner ce montant dans son FERR ou encore dans un REER s'il en possède un (dans ce cas, le rentier était alors nécessairement âgé de moins de 71 ans à la fin de 2008). L'institution financière chez qui son régime est enregistré verra à remettre au rentier une preuve écrite attestant de son remboursement.

Notez que le remboursement en question ne vient pas modifier le calcul du retrait minimum exigé en 2009. En effet, le remboursement en question n'entre pas dans le calcul du solde du régime en date du 1er janvier 2009, solde à partir duquel est déterminé le retrait minimum annuel pour l'année 2009.

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca

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