Bâtir son pécule au rythme de l'épargne

Bonjour, J'ai quelques actions BCE gérées par Computershare. Mais voilà, j'aimerais savoir comment faire si je veux commencer à procéder à l'achat d'actions d'autres sociétés. Puis-je faire cela directement avec Computershare ou bien dois-je acheter à la Bourse? Puis-je acheter seulement quelques actions pour débuter?

Merci pour vos conseils.

P. S.

Vous débutez à la Bourse ou devez construire votre portefeuille au rythme de votre épargne annuelle? Alors, les régimes d'achat d'actions des grandes compagnies canadiennes vous siéront à merveille. Ces programmes permettent d'acheter les actions en petite quantité sans aucuns frais. Attention toutefois: plusieurs entreprises offrent un tel programme à leurs actionnaires. Je vous conseille vivement de limiter votre participation aux plus grandes sociétés, montrant un solide historique de versement de dividendes élevés et croissants.

Par ailleurs, la plupart des entreprises offrant un programme d'achat d'actions à leurs actionnaires le font maintenant par l'entremise du fiduciaire Computershare. C'est donc auprès de ce fiduciaire que vous pourrez glaner les informations requises pour pouvoir participer à un ou plusieurs régimes.

D'emblée, pour participer à un tel régime, il faut que votre nom apparaisse sur la liste officielle des actionnaires de la firme choisie. Pour ce faire, vous devez acheter au moins une action de la firme convoitée qui sera immatriculée à votre nom. Computershare vous indiquera comment procéder.

Vous trouverez également l'information sur ce régime sur le site Web de l'entreprise choisie, à la section «Relations avec les investisseurs».

Outre les régimes d'achat d'actions, plusieurs grandes firmes offrent également à leurs actionnaires la possibilité de réinvestir automatiquement leurs dividendes en nouvelles actions. C'est le cas notamment de nos grandes banques.

Ces dernières se portent relativement mieux que les grandes banques étrangères dans le cadre de l'actuelle crise financière. Mais elles sont tout de même affectées par le contexte économique difficile. Aussi, par mesure de prudence, elles prennent tous les moyens pour renforcer leur capital de base. C'est ainsi que depuis six mois elles lèvent des capitaux en émettant des actions ordinaires, des actions privilégiées et des billets à terme de très longue durée.

Une autre mesure a aussi été mise en avant par plusieurs grandes banques: elles accordent à leurs actionnaires et actionnaires privilégiés la possibilité de recevoir leurs dividendes trimestriels en nouvelles actions plutôt qu'en argent comptant. Pour inciter leurs actionnaires à choisir cette option, certaines grandes banques proposent d'émettre lesdites actions en guise de dividendes en accordant un escompte de 2 à 3 % sur leur cours moyen. La Banque de Montréal offre cette option depuis quelques mois. La Banque Scotia offre pour sa part cette option depuis plus de six mois. Pour participer à ce programme de réinvestissement des dividendes en actions, vous pouvez vous rendre sur les sites Web des banques à la rubrique «Relations avec les investisseurs». Vous trouverez les formulaires à compléter et le numéro de téléphone du fiduciaire (généralement Computershare) qui vous indiquera la marche à suivre pour participer à ces programmes.

Pour terminer, voici les noms de quelques grandes entreprises qui offrent l'un ou l'autre de ces programmes (souvent les deux) à leurs actionnaires: les six grandes banques que sont la Banque TD, la Banque CIBC, la Banque Royale du Canada, la Banque Scotia, la Banque de Montréal et la Banque Nationale, BCE, Aliant, Emera, Enbridge, Fortis, Imperial Oil, Telus, Thomson Reuters et TransCanada Corp. Cette liste n'est pas exhaustive.

Oubliez généralement les REER à la retraite

Bonjour M. Chiasson,

Je suis depuis de nombreuses années vos chroniques dans Le Devoir, qui sont très intéressantes et instructives. Elles m'ont amené à m'intéresser à l'économie en général et à la planification financière. Les questions qui suivent sont pour mes parents qui me demandent conseil. Voici leur situation.

Ils possèdent une maison qu'ils auront fini de payer d'ici deux ans, lorsqu'ils prendront leur retraite. Ma mère a 17 000 $ dans un REER à la Banque Nationale; je n'ai pas le détail des fonds mais, connaissant ma mère, ça ne doit pas être très risqué.

Mon père n'a pas de REER. Il prendra sa retraite cette année d'Hydro-Québec. Sa rente sera moins importante que celle de ma mère, qui a travaillé depuis l'âge de 20 ans dans un hôpital. Elle aura droit à une très bonne pension.

J'ai deux questions à vous poser.

1. Ma mère voudrait acheter des REER à mon père. Elle pensait au fonds de la CSN. Peut-elle le faire même si mon père prend sa retraite? Y a-t-il un âge limite pour prendre des REER? Ces fonds me semblent appropriés vu la situation de mes parents (presque pas de REER). Le retour d'impôts leur permettrait d'augmenter leur capital.

2. Sa conseillère en assurance (je suis presque toujours en désaccord avec elle...) lui a dit de ne plus prendre de REER étant donné la pension à laquelle elle aura droit. Selon ce que j'ai lu jusqu'à présent, je crois qu'elle devrait prendre le maximum de REER, car les dernières années sont celles où elle peut mettre le plus d'argent de côté, payer moins d'impôts et en profiter pour accumuler un capital.

Mon raisonnement est-il juste?

Merci pour votre réponse.

L. A.

Acheter des unités d'un fonds de travailleur peut se justifier même si vous approchez de la retraite ou que vous y êtes. Le crédit d'impôt de 30 % est calculé en fonction de tous vos revenus imposables.

En revanche, dans le cas du REER, les cotisations ne sont déductibles que contre les revenus gagnés du contribuable. Or les rentes perçues à la retraite ne sont pas considérées comme un revenu gagné. Conséquence: une fois à la retraite, comme on n'a plus ou peu de revenus gagnés (des revenus résultant d'heures travaillées durant l'année), cotiser à un REER devient peu attrayant.

Dans le cas de vos parents, s'ils veulent encore participer à un abri fiscal, les unités des fonds de travailleurs peuvent être considérées. Ils achèteront alors les unités, mais en dehors du REER. Cela vaut pour le moment où ils seront à la retraite. Jusque-là, votre mère et votre père peuvent continuer de cotiser pleinement à leur REER (dont ceux des fonds des travailleurs) et ainsi profiter des reports d'impôts importants qui en résultent.

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