Profitez des belles occasions dès maintenant

Est-ce un mythe ou une mauvaise façon de penser que d'investir quand c'est très bas comme actuellement, notamment dans les fonds Diapason Desjardins?

Merci

Un lecteur

Monsieur Chiasson,

Voici une question et un commentaire.

Depuis juin 2008, la Bourse canadienne (S&P/TSX de Toronto) a connu trois baisses consécutives de 20 % de son indice phare suivant des baisses équivalentes de la Bourse américaine. C'est-à-dire de 15 000 à 12 000, de 12 000 à 9600 et hier à 7660. Un krach étant défini comme une diminution de 20 % et plus (en une séance normalement) des indices boursiers, peut-on considérer cela comme trois krachs et quels sont les indicateurs pouvant nous faire croire objectivement que nous avons atteint le plancher?

Une remarque également est qu'une augmentation de 100 % des indices est maintenant requise pour revenir au point le plus haut atteint l'an dernier.

Par ailleurs, l'industrie automobile américaine est devenue un dinosaure qui devra disparaître ou s'adapter radicalement au marché tôt ou tard. Les raisons en sont le manque de qualité des produits et le refus d'écouter les besoins du marché. Les gouvernements ne devraient-ils pas exiger le départ des dirigeants de ces entreprises avant de les subventionner? Dans nos cours de finance, la qualité des dirigeants d'une entreprise est un des facteurs principaux dans la sélection d'un titre. Je ne crois personnellement pas à l'écroulement de l'économie si GM fait faillite, car ils seront tout simplement remplacés par les constructeurs japonais qui seront renforcés et qui sont très bien implantés en Amérique et ils servent très bien le marché.

Merci de votre écoute

D. T.

Les creux sont probablement déjà atteints pour bien des titres. C'est le cas notamment des services financiers, en particulier des grandes banques canadiennes. Le sauvetage mené par les gouvernements, en particulier par le gouvernement américain, porte ses fruits. On a pu le constater la semaine dernière alors qu'American Group Insurance (AIG), la plus importante compagnie d'assurance vie aux États-Unis, a honoré ses engagements sur le plan des contreparties prises envers les autres grandes banques. Certes, elle l'a fait grâce à l'apport massif (près de 180 milliards $US) du gouvernement américain. Elle l'a fait au grand dam du peuple américain. Mais elle l'a fait tout de même. C'est ainsi que de grandes banques étrangères comme la Société générale, la Deutsche Bank et Barclays ont reçu d'AIG de beaux chèques respectifs de 11,9, 11,8 et 8,5 milliards $US. Même la Banque de Montréal en a reçu un de 1,1 milliard de dollars. AIG, avec l'endossement du gouvernement, a ainsi honoré ses contreparties à hauteur de plus de 90 milliards $US.

Bien sûr, de telles mesures ne sont guère prisées par les politiciens et les électeurs. Mais elles indiquent que le gouvernement n'a tout simplement pas le choix que de tout faire pour endiguer le risque systémique menaçant le système bancaire mondial.

Le creux pour bon nombre de titres cycliques a probablement aussi été atteint il y a de cela plusieurs semaines. L'action de Teck Cominco (un important producteur de cuivre, de zinc, de charbon et de plomb) pourtant confrontée à de graves problèmes de refinancement, a rebondi à presque 6 $ contre un creux de 3,35 $. Situation similaire pour l'action de Hudson Bay Mineral, un autre producteur de métaux industriels.

Le même constat vaut pour le secteur pétrolier. Le prix du baril de pétrole brut est repassé au moment d'écrire cet article au-dessus de la barre de 50 $US. L'action de Petro-Canada a pour sa part passé la barre de 30 $ contre un creux récent de 20 $.

Conclusion: sans fanfare ni trompette, le redressement du marché boursier est déjà bel et bien amorcé.

Parmi les signes les plus probants d'une prochaine reprise économique, il y a toutes les formes de stimulants apportés à l'économie et en voie de l'être qui se chiffrent à plusieurs mille milliards de dollars. Ces stimulants vont de la baisse magistrale des taux d'intérêt à l'explosion des déficits budgétaires en passant par la dégringolade du prix du pétrole et des prix des maisons. Ces facteurs ont et auront un impact puissant au cours des prochains trimestres sur l'activité économique, soyez-en assurés.

Donc: profitez des belles occasions qui foisonnent encore à la Bourse pendant que le train passe. Car il pourrait passer plus vite que bien des experts ne le pensent. Et surtout, ne le faites pas en investissant dans des entreprises gravement malades comme les grands constructeurs américains ou encore certaines grandes banques américaines. Il existe actuellement une panoplie de belles grandes entreprises au Canada en bonne santé financière et capables de participer pleinement à tout nouvel élan de l'économie.

Il s'interroge sur le cas de Superior Plus

Je crois avoir compris que Superior Plus (Tor.: SPB), dans son communiqué à la presse daté du 31 décembre dernier, attend toujours la confirmation de sa capacité à respecter certaines clauses importantes, envers le TSX notamment, [...] le test de liquidités suffisantes au paiement du dividende. Peut-être me direz-vous que le versement mensuel déjà en cours depuis un bon moment demeurant le même, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, si ce n'est des risques ordinaires (ou extraordinaires et imprévisibles) inhérents à l'économie en général. Tout de même dans le cas présent, 50 millions ont été investis afin de bénéficier de la déduction fiscale entraînée par 800 millions de dette. Pour ce qui est de cette dernière somme, comment être assuré qu'elle ne sera pas amputée pour quelque raison par le fisc? Est-il une façon d'être sérieusement renseigné sur ces questions avant la publication du prochain bilan de la compagnie afin d'investir sans trop de retard et muni de la plus grande sécurité relative en ces temps de bouleversement économique et même moral?

Je vous remercie de l'attention que vous voudrez bien me prodiguer et espère ne pas retarder celle que devez apporter à des questions d'un intérêt moins restreint et particulier.

J. H. L.

Permettez-moi dans un premier temps de vous reprendre lorsque vous dites que Superior Plus (anciennement Superior Propane) a contracté une dette de 800 millions de dollars dans le cadre de sa conversion d'une société de fiducie en corporation. C'est faux. Superior Plus a acquis au coût de 50 millions de dollars une entité créée par Ballard Power dans laquelle sont inscrites des pertes accumulées déductibles de 800 millions de dollars. Il ne s'agit donc pas d'une dette, mais de dépenses que Superior Plus pourra déduire de ses profits imposables au cours des dix prochaines années. Grâce à ces pertes déductibles, Superior Plus pourra affranchir d'impôt ses profits au cours de ces nombreuses années. C'est d'ailleurs pourquoi ce distributeur de gaz propane (la firme détient le monopole de la distribution du gaz propane au Canada) a pu maintenir intacte, à 1,62 $ l'unité, sa distribution annuelle. Sauf que, plutôt que d'être traitée comme du revenu d'entreprise dans les mains des sociétaires, cette distribution devient désormais un dividende donnant droit aux crédits d'impôt pour ce type de revenus. Les sociétaires devenus actionnaires (ils ont obtenu une nouvelle action pour chaque unité détenue du fonds de revenus) recevront donc un revenu moins imposé que ne l'était la distribution en dehors du REER. La transaction ne vient donc pas altérer outre mesure le bilan de la société, sauf pour ce qui est du montant de 50 millions de dollars payé pour la filiale de Ballard Power.

Permettez-moi dans un premier temps de vous reprendre lorsque vous dites que Superior Plus (anciennement Superior Propane) a contracté une dette de 800 millions de dollars dans le cadre de sa conversion d'une société de fiducie en corporation. C'est faux. Superior Plus a acquis au coût de 50 millions de dollars une entité créée par Ballard Power dans laquelle sont inscrites des pertes accumulées déductibles de 800 millions de dollars. Il ne s'agit donc pas d'une dette, mais de dépenses que Superior Plus pourra déduire de ses profits imposables au cours des dix prochaines années. Grâce à ces pertes déductibles, Superior Plus pourra affranchir d'impôt ses profits au cours de ces nombreuses années. C'est d'ailleurs pourquoi ce distributeur de gaz propane (la firme détient le monopole de la distribution du gaz propane au Canada) a pu maintenir intacte, à 1,62 $ l'unité, sa distribution annuelle. Sauf que, plutôt que d'être traitée comme du revenu d'entreprise dans les mains des sociétaires, cette distribution devient désormais un dividende donnant droit aux crédits d'impôt pour ce type de revenus. Les sociétaires devenus actionnaires (ils ont obtenu une nouvelle action pour chaque unité détenue du fonds de revenus) recevront donc un revenu moins imposé que ne l'était la distribution en dehors du REER. La transaction ne vient donc pas altérer outre mesure le bilan de la société, sauf pour ce qui est du montant de 50 millions de dollars payé pour la filiale de Ballard Power.

Outre l'achat des pertes accumulées de 800 millions de dollars, les flux de trésorerie à la hausse expliquent également pourquoi Superior Plus a pu maintenir sa distribution annuelle après sa conversion en corporation. Pour l'exercice 2008, la compagnie a réalisé des flux de trésorerie de 192 millions ou 2,18 $ l'unité (180 millions ou 2,08 $ l'unité en 2007) qui couvrent amplement la distribution annuelle de 1,62 $ l'unité.

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Courriel: cchiasson@proplacement.qc.ca

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