Et puis euh - Jamais, jamais vu

Il y a de cela quelques jours, on s'en souviendra à moins qu'on ait été occupé à faire autre chose, il était révélé ici même que Ti-Coune — le narrateur en l'occurrence — suivait le hockey depuis environ quarante (40) ans mais que, malgré ce bagage d'expérience appréciable, il n'avait jamais vu un joueur de la trempe d'Alex Kovalev se faire renvoyer à la maison pendant deux matchs sans autre prétexte que le fait qu'il jouait mal.

Or voici que Ti-Coune tombe derechef, pour une deuxième semaine de suite, de son luxueux sofa recouvert de véritable imitation de simili-cuirette gossée main. En effet, il croyait mordicus avoir fait le tour du domaine en matière de blessures sportives. Il était au courant pour l'élongation de la coiffe du rotateur, pour la déconstruction du ligament antérieur croisé et pour l'hernie du disque dur. La laine, la surbite, la commotion cervicale, le haut du corps, le bas du corps, le milieu du corps, l'anticorps, plus rien n'avait de secrets pour lui. Il se souvenait de la fesse d'Ellis Valentine, de Tony Gwynn qui s'était fracturé un doigt en fermant sur celui-ci la portière de sa Porsche alors qu'il se dépêchait d'aller à la banque, de Randy Veras qui s'était blessé à la main en frappant sur le mur de sa chambre d'hôtel pour demander aux voisins de faire moins de bruit, de Wade Boggs qui s'était retrouvé avec le dos amoché après avoir enlevé ses bottes de cow-boy, de Bret Barberie qui avait dû rater un match parce qu'il avait mis ses lentilles cornéennes après avoir mangé des piments forts et ne s'était pas lavé les mains.

Mais Ti-Coune n'avait jamais entendu parler d'un incident semblable à celui qui est arrivé à Fernando Tatis.

Tatis, un voltigeur des Mets de New York qui s'adonne aussi à être un ancien membre de nos défunts Expos, a manqué le match intraéquipe de lundi, au camp d'entraînement, «après s'être réveillé à trois heures du matin avec la paume de la main droite endolorie».

Je vous laisse faire vos propres blagues à ce sujet.

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Le commissaire de la Ligue nationale de football, Roger Goodell, a annoncé hier qu'il s'imposait à lui-même une réduction de salaire de l'ordre de 20 %.

À ce qu'on raconte, bien que la preuve hors de tout doute raisonnable n'en ait pas encore été établie, la situation économique générale serait trouble. La NFL a déjà mis à pied 169 employés, un peu plus de 15 % de son personnel, et ses équipes ont aboli quelque 200 postes.

Avec une rémunération annuelle portée à 8,8 millions $US, il appert toutefois que Goodell pourra continuer à assumer le loyer de son 1 1/2 sur le Plateau tout en se permettant d'ajouter de la saucisse fumée à son dîner Kraft.

Pour sa part, le commissionnaire du baseball majeur, Bud Selig, a empoché 18,35 millions $US l'an dernier et, selon des sources, il n'aurait pas l'intention de renoncer à une seule maudite cenne. Il faut dire qu'il a fait de la sacrée belle ouvrage ces derniers temps. On lui adresse d'ailleurs nos plus chaleureuses félicitations.

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Dans sa pénultième livraison, le magazine ESPN consacre tout son contenu aux fans. On y retrouve notamment les résultats d'un vaste sondage auprès de la nation sportive. Voyons voir ce dont il retourne.

- 74 % des amateurs se sont déjà glissés dans un meilleur siège que le leur.

- 63 % ont déjà crié des obscénités à l'occasion d'un événement sportif.

- 55 % ont déjà hurlé contre un arbitre.

- 30 % ont déjà menti à quelqu'un afin de pouvoir assister à un match.

- 30 % ont déjà applaudi à une blessure subie par un joueur adverse.

- 19 % sont déjà entrés dans un stade sans payer.

- 17 % se sont déjà peint le visage.

- 7 % ont déjà été expulsés des gradins.

- 15 % croient que Dieu affecte directement l'issue de certaines rencontres.

- 31 % disent que le sport leur sert de prétexte pour boire davantage d'alcool.

- 23 % craignent une attaque terroriste lors du Super Bowl.

- 71 % préfèrent un joueur au talent modeste mais qui se comporte correctement à l'extérieur du terrain à la vedette à l'existence dissolue.

- 97 % aimeraient mieux voir leur équipe préférée remporter un championnat dans la vraie vie que gagner leur pool.

- 75 % croient que la lutte professionnelle est truquée (ce qui laisse quand même le quart des gens pour affirmer le contraire...).

- 48 % croient que la boxe est truquée.

- 38 % croient que le basketball de la NBA est truqué.

- 14 % croient que les Jeux olympiques sont truqués.

- 5 % croient que le hockey de la LNH est truqué (on notera que, si cette proportion est si basse, c'est probablement qu'un bon contingent d'Américains se fichent du hockey).

Voilà donc pour alimenter vos discussions de cocktail mondain.
3 commentaires
  • Blais,Serge - Abonné 26 février 2009 09 h 22

    Premier commentaire d'un lecteur assidu

    5 % croient que le hockey de la LNH est truqué (on notera que, si cette proportion est si basse, c'est probablement qu'un bon contingent d'Américains se fichent du hockey). Ou comme l'a dit Yvon Deschamps «C'est arrangé mais ils disent pas aux joueurs»
    Serge Blais

  • Jacques Gagnon - Abonné 26 février 2009 09 h 41

    Correction monsieur Dion

    Vous avez sans doute voulu dire la « pomme » de la main.

  • Simon Lecavalier - Inscrite 26 février 2009 10 h 15

    On nous cache des choses.

    Salut oncle Rogatien,

    En savourant ton papier ce matin je fus des plus chamboulé dans mon espace temps-d'arret intérieur. Quel ne fut pas ma sur-prise de te ouïr dedans ma tête en même temps que mes yeux zieutaient ton texte sur les %tages. Une question surgit ne nulle part et partout en même temps, cou donc, est-ce que mon ti-coune préféré serait maintenant un sous traitant de l'illustre Devoir et un chroniqueur à temps plein de Sportnographe avec un t, puisque, la divulgation des dit %tages on scoopés le Devoir d'une bonne semaine et ce par une seul et même personne.

    Qui scoope qui ici, le journaliste / chroniqueur ou le Sportnographe avec un t/ Le Devoir ?

    Aidez-moi!