Les stimulants financiers coulent à flots

Les gouvernements de par le monde ouvrent toutes grandes les vannes budgétaires pour sortir l'économie du bourbier actuel. Pour les grandes crises, les grands moyens. Et, nos gouvernements ne lésinent pas en la matière. Depuis l'automne dernier, leurs interventions se chiffrent grosso modo — tenez-vous bien — à près de 10 000 milliards de dollars américains. La palme revient évidemment au gouvernement américain, dont les interventions se sont chiffrées à un peu plus de sept mille milliards de dollars. De quoi faire frémir le commun des mortels. Cette ronde des milliards nous laisse pantois devant ce que vaut réellement notre petit pécule personnel.

Ces interventions ont été destinées jusqu'à présent, en très grande partie, au sauvetage du système bancaire mondial avec, en plus, quelques dizaines de milliards de dollars saupoudrés entre les grands constructeurs d'automobiles américains.

La ronde des mille milliards ne s'arrêtera pas là. Car, l'argent coulera encore à flots en 2009. La coulée viendra de deux sources: les plans budgétaires des gouvernements et des interventions directes des banques centrales.

Côté budgétaire, la table est mise pour les grosses dépenses. La touche finale est venue la semaine dernière avec le dévoilement du programme de dépenses qu'entend mettre en oeuvre le nouveau président Barack Obama. La jolie somme de 825 milliards $US sera injectée dans l'économie au cours des prochains mois. D'emblée, près de 275 milliards $US iront en crédits d'impôt aux contribuables à raison de 500 $US chacun. Le reste ira aux grands travaux d'infrastructure, à la rénovation des édifices gouvernementaux, à l'amélioration du réseau scolaire et à diverses mesures pour stimuler la demande. Par exemple, un crédit d'impôt de 7500 $ pour l'acheteur d'une première maison. Parmi les travaux d'infrastructure, ceux liés aux nouvelles sources d'énergie et à l'environnement seront nettement favorisés.

Ce programme de 825 milliards $US s'échelonnera sur deux ans. Il y a fort à parier qu'il sera dépensé beaucoup plus rapidement que cela. Au montant de 825 milliards $US s'ajoutera la seconde tranche de 350 milliards devant être débloquée pour le sauvetage des banques. Trois semaines sont à peine écoulées de la nouvelle année que déjà une mer de liquidités de 1300 milliards de dollars s'apprête à s'abattre sur l'économie américaine au cours des prochains trimestres.

Une somme de 1300 milliards de dollars qui fut précédée par l'annonce d'un plan budgétaire de presque 700 milliards $US par la Chine, de plus de 80 milliards par l'Allemagne, de presque autant par l'Espagne, de 24 milliards par l'Angleterre, de 35 milliards par la France et bientôt de près de 30 milliards par le Canada.

À cette masse de liquidités s'ajoutent les stimulants qui se chiffrent à coup de centaines de milliards résultant de la baisse des taux d'intérêt de par le monde et de l'effondrement du cours du pétrole. Après tout cela, soyez assuré, reprise économique il y aura.

Un facteur peut cependant venir brouiller les cartes en la matière: le risque souverain. Plusieurs pays risquent de subir une décote. Ce fut le cas de la Grèce. D'autres pays tels que l'Espagne, le Portugal, la Hongrie et l'Irlande pourraient subir le même sort. Une telle décote de crédit se traduit toujours pour une hausse du taux directeur du pays visé. Or, une hausse des taux dans les circonstances actuelles n'est certainement pas le remède nécessaire. Je ne crois pas toutefois que cela stoppera l'effet des stimulants déjà en vigueur et à venir.

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca

À voir en vidéo