Et puis euh - Sports Moins

La rubrique Sports Moins, qui s'intéresse à tout ce qui n'a aucune importance, a passé les récentes heures à entretenir l'illusion qu'elle pouvait faire de l'argent facile. En pariant sur le Super Bowl, par exemple. Non, pas sur le score final ni sur le nombre total de verges gagnées au sol, mais sur les tounes que jouera Bruce Springsteen à la mi-temps du match. Il est en effet largement possible de le faire en ligne, et sachez que Born to Run et Glory Days sont établies favorites.

Cela dit, le Las Vegas Sun, auquel je suis abonné, rapporte qu'on pouvait aussi miser sur tout ce qui entourait la cérémonie d'assermentation de Barack Obama, depuis la couleur de sa cravate (10 contre 1 qu'il allait plutôt porter un noeud papillon) jusqu'à la durée de son discours, et il y a des trucs trop marrants pour ne pas les évoquer.

Qu'allait-il dire en premier? «I stand here today», la réponse exacte, donnait du 12 contre 1. Mais on pouvait aussi choisir, à 250 contre 1, «Life is like a box of chocolates» ou «Let's get ready to rumble!». Et qu'arrivera-t-il en premier pendant son mandat? Retrait d'Irak: 2 contre 5. Capture de Ben Laden: 6 contre 1. Légalisation de la marijuana: 12 contre 1. Confirmation que la marche de l'homme sur la lune était une fabrication: 50 contre 1.

Non mais est-ce qu'on s'amuse sans briser notre linge, oui ou oui?

***

On a déjà posé la question, et la dernière fois pas plus tard que l'autre jour, mais elle revient, inlassable: What's in a name? Examinons le dossier à nouveau, si vous le voulez bien, et même si vous ne le voulez pas. Ça nous vient des États, du Pittsburgh Post-Gazette, auquel je suis abonné, pour être précis.

«Si vous êtes le maire de Pittsburgh et que vos Steelers bien-aimés affrontent l'un de leurs rivaux de toujours avec un voyage au Super Bowl à la clé, le mot "Raven" n'est certainement pas en odeur de sainteté.»

«Or donc, au revoir Luke Ravenstahl, et bonjour Luke Steelerstahl.»

«Le maire Ravenstahl — pardon, Steelerstahl — a décidé d'enlever "Raven" de son nom la semaine dernière, au moment même où il prédisait que les Steelers allaient vaincre les Ravens de Baltimore dans le match de championnat de l'association Américaine qui a eu lieu dimanche.» [Et que Pittsburgh a gagné, 23-14.]

«Mercredi matin, Ravenstahl a amorcé, sans la compléter, une demande officielle de changement de nom. Les fonctionnaires de l'état civil ont ouvert un dossier mais ne s'attendaient pas à le traiter, notamment parce qu'ils n'ont pas reçu le paiement requis de 108 $.»

«Ravenstahl a confié que l'idée n'était pas la sienne. Ce sont plutôt des citoyens qui ont téléphoné à une station de radio locale, soutenant qu'il serait opportun que le maire se rebaptise "Steelerstahl".»

«"J'ai tout de suite pensé qu'il s'agissait d'une excellente idée", a déclaré le premier édile, qui entendait porter son nouveau nom au moins jusqu'à dimanche.»

«Incidemment, "stahl" est un mot allemand qui signifie "acier".»

Toute est dans toute, ne nous permettons plus d'en douter.

***

Dans la série «c'est beau, quand même, la démocratie en action», les citoyens de la ville d'Industry, située à environ 25 kilomètres à l'est de Los Angeles, ont adopté mardi une motion prévoyant l'injection de 150 millions $US de fonds publics dans la construction d'un stade de football destiné à attirer une franchise de la NFL.

Los Angeles, le deuxième plus grand marché urbain aux États-Unis, est sans équipe de football professionnel américain depuis la fin de la saison 1994, moment où les Rams ont pris le chemin de St. Louis et où les Raiders sont retournés à Oakland, après 13 saisons à LA.

Le vote s'est conclu par 60 voix en faveur du projet contre 1. Industry compte 84 électeurs inscrits.

***

Ça prend combien de temps pour que l'attention du téléspectateur-client se tourne vers autre chose que l'excellent produit que vous lui proposez? Prenez exemple sur la bière Miller.

Pour le Super Bowl XLIII, qui aura lieu le 1er février à Tampa, la publicité se vend à raison de trois millions $US en moyenne la plage de 30 secondes, une hausse de 11 % par rapport à l'an dernier. Mais 30 secondes, c'est très long, et même si les annonces du Super Bowl sont très regardées, il y a toujours le risque que l'individu citoyen zappe ou aille se quérir une consommation pendant que vous faites votre tentative de vente.

Aussi Miller a-t-il choisi d'innover. Durant le match, le brasseur présentera des clips publicitaires d'une durée de une (1) seconde. La chose est désignée dans le milieu par l'expression «clin d'oeil».

Les pubs seront diffusées par 25 stations locales du réseau NBC, atteignant 60 % de l'auditoire total. Miller explique qu'en économisant ainsi sur ses frais de promotion, il pourra continuer d'«offrir une bière honnête à un prix délicieux».

Les messages peuvent être vus dans le cyber-espace, à http://1secondad.com.

Non, il n'est pas possible d'arrêter le progrès, même en se levant à l'heure des poules.

***

jdion@ledevoir.com

À voir en vidéo