Des revenus annuels de plus de 100 000 $? Ne vous privez pas d'une propriété!

Je ne suis pas certaine de comprendre certains termes utilisés en placement. Qu'est-ce exactement que l'encaisse et le fonds autogénéré d'une entreprise? les obligations collatéralisées, les default swaps et les SIV? et qu'entend-on par effet de levier?

Je me demande quels seraient vos conseils d'achat en ce moment. En gros, je suis tentée d'acheter des obligations d'épargne, mais je me demandais si je ne devais pas commencer à acheter des actions maintenant que la Bourse est si basse, et, si oui, lesquelles... Je ne me sens pas bien armée pour choisir, étant donné que je ne fais que commencer à étudier ce monde.

Je ne veux plus investir dans les fonds, car je veux apprendre à mieux gérer mes affaires moi-même!

La crise économique survient précisément au moment où je voulais utiliser l'argent amassé ces dernières années pour acheter une maison ou un terrain à bâtir.

Je ne possède que des fonds de placement qui ont... fondu. Âgée de 39 ans, je suis célibataire sans enfant, omnipraticienne en région (Côte-Nord) depuis neuf ans; je n'ai pas de maison, et je conduis toujours ma Honda 1999, achetée usagée, qui a maintenant 275 000 km. Je suis du style économe. J'ai toujours loué ici, car je n'étais pas certaine de vouloir continuer à exercer dans cette région.

J'ai beaucoup travaillé ces dernières années, et je désire retourner en ville. J'ai failli acheter un condo à Québec en août, mais, comme mes économies ont fondu, j'ai loué un appartement à Québec, d'où je vais rayonner pour exercer en région éloignée. Je ne souhaite pas m'occuper d'un immeuble locatif et je n'ai pas le temps de le faire.

Mes revenus ont déjà atteint 260 000 $ dans le passé, mais je prévois maintenant des revenus compris entre 150 000 $ et 200 000 $ par an.

J'ai réussi à mettre de côté environ 50 000 $ par an. J'ai toujours investi les montants maximum permis dans mon REER. Je viens de terminer mon processus d'incorporation.

Je joins ici une copie de mon portefeuille en date d'aujourd'hui. J'avais un total de 440 000 $ en août...

Merci de vos conseils,

Une lectrice

Il ne s'agit pas ici de mettre la charrue avant les boeufs. Construire la partie titres à revenus fixes de son portefeuille n'est généralement pas très compliqué puisqu'on s'en tient strictement aux obligations et autres titres de créance émis par les gouvernements. Depuis quelques années, je préconise l'achat de bons du Trésor et d'obligations à terme à taux progressifs de Placements Québec — l'organisme qui supervise les émissions de titres de créance faites par le gouvernement du Québec. Donc, on peut construire la partie titres à revenus fixes de son portefeuille en relativement peu de temps.

Il en faut beaucoup plus pour construire la section actions de son portefeuille, plus de temps d'apprentissage dans votre cas, comme vous faites vos premiers pas à la Bourse. En l'occurrence, vous devez vous accorder trois mois pour vous familiariser avec les termes et les notions du monde de la finance, que ce soit à travers des lectures, en suivant un cours ou en vous abonnant à une bonne lettre financière ou à son équivalent, comme que ma classe de placement Internet. Cela vous permettra d'assimiler le langage du monde du placement.

Vous verrez vite dans quelle direction orienter vos efforts d'apprentissage. Pour l'essentiel, outre la maîtrise des notions relatives à la Bourse et la compréhension de ses rouages, vous devez lire des textes et des articles portant sur les grandes entreprises canadiennes et américaines, afin de vous familiariser avec leur mode d'exploitation et leur développement. Je dis bien «les grandes entreprises» puisque tous les débutants doivent en premier lieu construire la partie solide de leur portefeuille d'actions, ce que j'appelle le coeur du portefeuille. La plupart des petits investisseurs et épargnants se limiteront même à ce type de placement durant toute leur vie, pour la simple raison que ce n'est pas leur principale centre d'intérêt. En effet, ce n'est pas en étant des investisseurs à plein temps qu'ils gagnent leur vie, mais en travaillant en médecine, en droit, en ingénierie, en management, en chimie, etc. L'intérêt qu'ils accordent à leurs placements se limite au désir d'obtenir un rendement décent de leur épargne, qui est le fruit de leurs compétences.

Les actions de sociétés plus petites ou à forte croissance ne viennent qu'au second plan. Elles appartiennent à la périphérie du portefeuille. Ce genre de placement requiert un temps de suivi plus important et comporte plus de risques. On verse ici dans l'art d'investir. La plupart des petits investisseurs n'ont pas le temps de passer maîtres dans cet art et ne le désirent pas.

Donc, dans votre cas, le premier but est de construire, sur une période d'au moins un an et demi, un portefeuille d'actions de huit grandes sociétés canadiennes et quelques sociétés américaines bien établies, très rentables et versant un dividende élevé et si possible croissant. Vous choisirez ces grandes entreprises de manière à participer à quatre ou, mieux, cinq secteurs clés de notre économie.

Cela dit, il m'apparaît important de détenir, outre les actions et obligations, au moins un immeuble dans votre avoir. Certes, vous dites ne pas avoir le temps ni le désir de posséder un petit immeuble locatif. Optez alors pour une copropriété ou une propriété unifamiliale. Sans verser dans le luxe extrême, vos revenus et vos liquidités vous permettent certainement d'acheter une propriété convenable.

Vous dites avoir été découragée de faire un tel achat par le recul de la valeur de vos fonds communs d'investissement. Cependant, si l'activité économique doit ralentir en 2009, vos chances de dénicher une propriété à un prix moindre seront plus élevées. Bien sûr, pour dénicher pareille occasion, il vous faudra consacrer du temps à sa recherche. Mais six mois de recherche (durant vos temps libres) vous permettront probablement de dénicher une belle propriété à un prix raisonnable, qui compensera en partie la valeur moindre de vos fonds communs d'investissement. Et, j'en suis sûr, un tel achat améliorera votre qualité de vie. Vous posséderez en plus un actif susceptible de s'apprécier à long terme, et ce, hors impôt.

Pour terminer, à titre de première étape, fixez-vous comme objectif un portefeuille d'actions initial de 100 000 $, et donnez-vous un an et demi à deux ans pour le construire. Puis attendez quelques années pour voir comment vous vous débrouillez. Si vous êtes satisfaite de votre performance, vous pourrez alors remplacer un plus grand nombre de vos fonds communs d'investissement par des actions de grandes entreprises.

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