Des couleurs changeantes

Il est vrai que le décor de ce petit bistro est très axé sur la couleur vert lime. Mais la relation avec le nom donné au restaurant s'arrête là. Il s'agit d'un restaurant de quartier comme on les aime, simple avec ses chaises de bois, un comptoir bar-service avec quelques tabourets réservés aux habitués et un service amical et sans prétention donné par le patron qui devient vite votre ami.

La table est dressée simplement, mais avec l'essentiel qui permet aux serviettes de papier de se transformer le soir en serviettes de tissu.

J'étais content de découvrir un tel établissement dans Hochelaga-Maisonneuve qui, au demeurant, aurait aussi bien pu se retrouver sur Sainte-Catherine. Le menu permet une formule intéressante le soir, qui consiste à construire sa propre table d'hôte à partir des choix offerts au menu.

Pour le midi, la formule est passablement identique à tous les restos du genre et suggère cinq ou six plats principaux, un seul dessert et deux ou trois entrées qui oscillent entre la soupe du jour et la salade du moment.

Notre choix s'est arrêté d'emblée sur la petite salade de mesclun servie avec croûton de chèvre frais passé au four. Surpris, nous l'étions d'avoir dans nos assiettes un vrai mesclun avec une bonne vinaigrette maison et le croûton de fromage frais de chèvre. Une salade toute simple comme on les aime et qui, il faut bien l'avouer, est souvent difficile à retrouver dans les restaurants.

Cela se complique un peu avec les plats principaux choisis. Victor avait opté pour le poisson du jour qui se présente sous le joli nom de dorade coryphène, communément appelé sur les menus «mahi-mahi». Pour ma part, j'avais choisi le jarret d'agneau braisé aux épices indiennes et purée de pommes de terre.

Le poisson manquait définitivement de cuisson et tentait sa chance entre un filet de poisson mi-cuit à l'unilatéral et un poisson cru à la tahitienne. Le rosé prononcé aurait selon moi nécessité une re-cuisson, mais Victor a voulu s'en tenir à cela, d'autant plus que les frites «maison» qui accompagnaient le poisson étaient, elles, passablement cuites.

Pour les prix proposés il ne faut pas s'attendre à de l'agneau du Québec, et je m'en doutais. J'ai donc vu arriver dans une grande assiette un énorme morceau de jarret d'agneau, l'os débordant et posté sur une purée de pommes de terre, ainsi que deux ou trois légumes oubliés comme par accident.

Moi qui adore l'agneau, j'ai été profondément déçu de découvrir une viande filandreuse, presque insipide. Où était donc ce goût d'épices tant vanté sur le menu?

Tout aussi fade et sans âme, la purée de pommes de terre n'avait rien pour réjouir en cette année mondiale de la pomme de terre qui prône ce tubercule d'exception. Dommage, car ce qui aurait pu être bon et de bon goût était décevant.

Les oeufs à la neige, ou îles flottantes, sont des desserts de cuisine particulièrement adaptés à la restauration de type bistro. Comme au bistro Vert Lime, on les présente en général sur une crème anglaise onctueuse, tout en ajoutant sur le dessus un trait de caramel ou parfois, comme en Belgique, des pralines.

La meringue bien cuite et moulée à la grosse cuillère flottait en suspension sur une bonne crème anglaise.

Et tant pis pour ceux qui, comme moi, n'aiment pas trop la meringue, car il vous faudra payer un supplément pour obtenir un moelleux aux bananes qui ne m'emmena pas pour autant au paradis des gourmands.

Dans les restaurants, il existe de meilleurs jours que d'autres. Cette journée triste de novembre, que je qualifierai de mi-figue mi-raisin, annonçait toutefois que dans Hochelaga-Maisonneuve il existe comme ailleurs des jours meilleurs.

- Bon choix de vins et de bières locales ou importées, vendus à des prix plus que corrects.

- Prix payé pour deux, le midi, avec une bouteille de vin et un café, taxes comprises mais sans le service: 98 $.

- Plus: le charme d'un chouette bistro de quartier et la formule attrayante du soir.

- Moins: tomber sur une mauvaise journée, lorsque le cuisinier est en maudit!

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Bistro Vert Lime

4255, rue Ontario Est

Montréal 514 255-4747

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Les bonnes fourchettes du mois

Hilton Bonaventure

900, rue de la Gauchetière, Montréal

514 878-2332

Il y avait longtemps que je n'avais éprouvé autant de plaisir à bruncher dans un grand hôtel du centre-ville. Le Hilton Bonaventure relance avec brio la formule en proposant le week-end un choix incomparable de salades fines, de très bon saumon fumé, de viandes froides et de plats chauds, sans oublier des desserts qui changent des buffets d'hôtels habituels. Compter 42 $ (enfants: 20 $).

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Les Trois Tilleuls

& Spa Givenchy

290, rue Richelieu

Saint-Marc-sur-Richelieu

514 866-7787

Ce Relais & Châteaux de la Rive-Sud de Montréal avait vraiment besoin d'un virage en cuisine; c'est chose faite avec le chef à demeure Julien Lahourde. Un chef talentueux qui remet la cuisine de cet établissement sur la lignée des grands. Une première pierre pour ce qui pourrait devenir un Relais gourmand.

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Restaurant

bar à tapas Tapeo

511, rue Villeray, Montréal

514 737-3783

Les tapas sont vraiment issus de l'Espagne et du Portugal et consistent en de petites bouchées qui font à la longue un repas complet. Tapeo offre un choix surprenant de petites bouchées portugaises faciles à consommer avec un vin du Douro ou de l'Alentejo. Du plaisir à petites doses.

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Restaurant Graziella

116, rue McGill College, Montréal

514 876-0116

Le couple travaille dur et mérite les honneurs. On aime s'attarder autour d'un bon vin du Chianti choisi par Pierre, puis déguster les médaillons ou raviolis que propose Graziella. Un choix facile et sans contraintes. Depuis un an, ils font notre bonheur dans le centre-ville de Montréal.