Le Québec stable

Les Québécois se demanderont principalement trois questions dans les jours et les semaines qui viennent: Qui est le meilleur leader pour gouverner? Qui a su s'entourer de la meilleure équipe? Quel parti a le meilleur programme pour faire face aux défis et soubresauts économiques? La population devra choisir entre trois formations politiques et trois visions économiques différentes.

Il est toujours hasardeux de prévoir l'issue d'une campagne électorale. J'ai néanmoins bon espoir que les Québécois vont adhérer de façon importante à la proposition du Parti libéral du Québec et à celle de son chef, Jean Charest. Le PLQ est reconnu pour la priorité qu'il accorde à l'économie.

Les provinces canadiennes les plus puissantes économiquement ont toutes à leur tête un gouvernement majoritaire. Aux États-Unis, le Congrès est maintenant contrôlé par le même Parti démocrate qui a remporté les clés de la Maison-Blanche. Les Canadiens et les Américains choisissent la stabilité.

La stabilité politique est primordiale non seulement pour faire face aux soubresauts économiques mais aussi pour sortir de la crise. Un gouvernement du Québec qui est stable peut mieux défendre les intérêts du Québec sur les plans canadien et international.

Les élections était inéluctables. Le Parlement de cohabitation tel qu'on le connaissait se transformait en Parlement d'affrontement, et ce, simplement parce que les visions que défendaient les trois partis n'étaient pas compatibles. Nous n'étions plus dans une dynamique de cohabitation mais bien d'affrontement. Le lien de confiance qui unissait les trois partis s'est manifestement rompu ces dernières semaines. Il est clair que nous nous dirigions vers un affrontement et un renversement du gouvernement.

Le programme de M. Charest sera axé sur l'emploi, la formation des travailleurs, l'aide aux entreprises, une plus grande ouverture du Québec aux marchés internationaux ainsi que sur le développement du Nord québécois. Le Québec ne peut rester passif devant l'émergence de superpuissances économiques comme la Chine et l'Inde.

Au Parti québécois, on a toujours dit que, pour atteindre notre plein potentiel comme nation et éventuellement comme pays, ça prenait tous les leviers économiques. Mais on ne veut pas parler de souveraineté. Je m'avoue un peu confus.

En ce qui concerne l'ADQ, on voit tout de suite son approche, avec l'annonce de privatiser partiellement Hydro-Québec. Et c'est sans compter les attaques répétées de l'ADQ à l'endroit de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Mais c'est son improvisation qui surprend le plus. On se rappelle que Mario Dumont suggérait lors de la dernière campagne électorale de torpiller les commissions scolaires. C'est maintenant la privatisation d'Hydro-Québec.

Les trois chefs ne doivent pas se laisser distraire par l'anecdote du jour. Je pense qu'il y a une leçon à apprendre de la campagne à la présidence des États-Unis. Barack Obama a su se focaliser sur le long terme, sur ce qu'il proposait à la population. Il ne s'est jamais laissé distraire par ce qui se passait quotidiennement, et ce, même si des gens de son entourage auraient souhaité qu'il réagisse plus agressivement face à ses adversaires.

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John Parisella est professeur associé à l'Université Concordia
23 commentaires
  • Donald Bordeleau - Inscrit 8 novembre 2008 07 h 24

    MONSIEUR CHAREST EST UNE COQUILLE VIDE

    Je ne crois pas en cet homme qui a un langage d'adolescent délinquant. Quand tu es premier ministre et que tu traites Mario Dumont de "girouette" et Madame Marois de Sara Palin ceci fait cheap. Monsieur Charest fait des montées de lait parce que quelqu'un s'attaque à sa famille, s'il s'attaquait pour ce qu'il veut pour le Québec au lieu de s'attaquer aux personnes, il gagnerait un peu plus mon respect. Rappelez-vous de Monsieur Charest avant les dernières élections et le Monsieur Charest d'aujourd'hui, pour moi il n'est qu'une création de John Parisella. Monsieur Charest ne sera jamais un grand leader c'est du préfab. Le pouvoir l'intéresse plus que l'intérêt des Québécois. D'ailleurs avec mépris il considère qu'il n'est même pas assez bien payé pour représenter les québécois comment peut-il avoir de l'empathie pour le petit travailleur à 9,50$/heure? J'aurais eu de l'admiration pour vous Monsieur Charest, si vous aviez eu le courage de gouverner la crise économique dans le mandat électoral que les québécois vous avait confié. On repassera pour le cynisme et l'opportuniste.

  • Brun Bernard - Inscrit 8 novembre 2008 07 h 52

    La réalité n'est pas avec vous.

    Ce n'est pas vrai pour le Congrés, les démocrates n'ont pas les 60 sièges magiques Ils ont obtenu 57 sièges (60 sièges, seuil minimum pour empêcher l'opposition d'utiliser la méthode de l'obstruction systématique ou "filibuster", une procédure qui donne aux sénateurs le droit de bloquer ou de retarder des votes). La stabilité politique n'est pas garantie contrairement à ce que vous écrivez.
    "les visions que défendaient les trois partis n'étaient pas compatibles" alors que leur politique est sensiblement la même, capitalisme oblige; le référendum pour la souveraineté remise aux calendes grecques; la langue. Pas compatible tout ça, dans le détail? le problème est qu'ils n'ont tous les 3 aucune vision politique, ils veulent juste le pouvoir.
    J-F Lisée écrivait aujourd'hui dans ces pages qu'il ne fallait pas se comparer à Obama et vous le faits. Obama parlait à tous et à toutes de toutes provenances. À regarder de près les cachotteries du PQ et du PDumont le populiste, je ne crois pas qu'ils parlent à tous et à toutes de toutes provenances. il y a chez nous des citoyens francophones non de "souches" qui ne sont pas considérés comme québécois. Il y a là un grave problème politique et culturel.

  • Denis Leclerc - Inscrit 8 novembre 2008 08 h 48

    Un message peu crédible

    Je ne nie pas votre droit de vous exprimez comme tout autre citoyen, M. Parizella.

    Mais,sachant le rôle de premier conseiller que vous exercez auprès de M. Charest,un choix qui vous revient il va de soi,reconnaissez que votre message est pour le moins biaisé d'autant que vous reprenez, presque mots à mots, les arguments utilisés par M. Charest pour aller en élections.

    Même si je ne les partage pas toujours, j'aime bien lire et écouter vos propos mais pas lorsqu'ils sont auusi partisans que ceux que vous écrivez ici.

    Denis Leclerc.

  • Jacques Lafond - Inscrit 8 novembre 2008 09 h 13

    Et la langue française à Montréal et au Québec

    Qui va protéger la langue française à Montréal et au Québec. Le parti libéral avec Jean Charest ? Je ne pense pas. Je ne pense très certainement pas ...

  • Gilles Bousquet - Inscrit 8 novembre 2008 10 h 12

    Modérez voss transports, vous pourriez avoir tort !

    Si on prend le flip flop du CHUM comme exemple, votre admiration pour M. Charest me semble pas mal fausse.