L'immeuble et la récession

La crise financière que nous vivons est l'amorce d'une récession fort probablement mondiale. La situation du marché immobilier ici, au Canada, étant très différente de celle des États-Unis, j'aimerais avoir une meilleure idée du comportement de ce marché lors des périodes de (fort) ralentissement économique. Je m'intéresse particulièrement au marché des immeubles à revenus et je me demande:

Est-ce qu'il y a forcément déflation en temps de récession?

Le prix des immeubles à revenus suit-il forcément l'inflation en période de récession?

Dans les circonstances actuelles, doit-on s'attendre à ce que les taux hypothécaires baissent durant une récession?

Merci!

D'emblée, comme vous le soulignez dans votre texte, il importe de constater que la situation économique canadienne semble à plusieurs égards plus saine que celle sévissant aux États-Unis. Notre système bancaire a jusqu'à présent bien résisté à l'actuelle crise financière. Le gouvernement canadien montre un solide bilan financier. La dette totale brute du pays correspond à près de 60 % du PIB, ce qui est bon. Notre balance commerciale est en surplus et le gouvernement enregistre, bon an, mal an, depuis plus d'une décennie, des surplus budgétaires.

Enfin, le marché immobilier canadien n'a pas connu l'enflure des prix enregistrée aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.

Donc, bien que nous risquions d'entrer en récession, la trame de fond du marché immobilier canadien s'avère autrement plus favorable que celle ayant sévi lors de la récession de 1990-91, ou même durant celle de 1981-82. Mais, en période de récession, faible ou sévère, le marché immobilier s'en trouve indéniablement affecté. Donc, en supposant que nous tombions en récession au cours des prochains trimestres, les prix des immeubles plafonneront, voire reculeront. En fait, selon certaines statistiques récentes, le prix moyen des propriétés aurait reculé de près de 6 % au pays au cours des derniers mois. Donc, a priori, en période de récession, les prix des immeubles tendent à reculer. D'autant plus que, bien que nous n'ayons pas connu de fièvre spéculative à l'américaine, les prix des propriétés sont élevés. C'est du moins le cas des petits immeubles à revenus (à propriétaire occupant), qui s'échangent parfois à 15 fois et plus leurs revenus bruts potentiels.

En réponse à votre seconde question, la valeur marchande des immeubles ne parvient généralement pas, en période de récession, à suivre l'inflation. Par contre, l'inflation tend à diminuer pendant une récession. Au sortir de cette dernière, les prix des immeubles tendent à rattraper le retard enregistré face à l'inflation. C'est pourquoi on assiste généralement à une forte avancée des prix pendant les premières années suivant la fin d'une récession.

Quant aux taux d'intérêt, leur tendance est nettement à la baisse en période de récession.

Doivent-ils vendre leur condo immédiatement?

Nous sommes propriétaires d'un petit condominium d'environ 200 000 $, situé sur le Plateau Mont-Royal, dont l'hypothèque viendra à échéance en juin 2009. Nous voudrions le vendre dans un avenir rapproché afin d'acheter un condo d'environ 350 000 $, dans un quartier central de Montréal. Notre question est la suivante: vaut-il la peine d'attendre l'été prochain pour profiter d'une éventuelle baisse des prix vu la crise économique qui s'annonce?

Merci pour votre réponse,

Un couple de Montréal

Nul doute que le marché immobilier montre actuellement des signes d'essoufflement. Vu l'actuelle crise financière et le fort ralentissement de l'activité économique qui s'ensuit au sud de notre frontière, les probabilités sont fortes que le Canada puisse tomber en récession en 2009. Dans cette perspective, il serait donc préférable de vendre le plus tôt possible votre condo dans la mesure où vous en obtiendriez un bon prix. C'est chose possible, puisque les immeubles des secteurs centraux de la ville de Montréal sont encore très prisés.

Le nombre de propriétés à vendre devrait augmenter au cours des prochains trimestres. Le contexte sera alors plus propice pour dénicher une propriété d'une valeur supérieure à la vôtre, à un prix probablement moindre qu'il y a un an ou deux.

Il craint pour son placement dans Pfizer

Depuis plusieurs années, j'achète des actions de Pfizer qui donnent un bon rendement en dividende, mais j'aimerais savoir dans quel type de placement cette compagnie a placé son énorme encaisse.

R. F.

Énorme encaisse! À qui le dites-vous! Au troisième trimestre, celle-ci totalisait plus de 25 milliards $US. Et pratiquement pas de dette avec cela. Riche, ce géant de l'industrie pharmaceutique l'est. Et vous n'avez certainement pas à craindre la qualité de cette encaisse. Nulle part dans ses résultats l'entreprise fait-elle mention d'un quelconque problème au chapitre de la gestion de son encaisse. Normalement, celle-ci est investie dans les bons du Trésor, les papiers commerciaux de grandes entreprises et autres titres de créance de courte durée.

Enfin, les risques de problèmes sont encore moins élevés depuis que la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, a décidé de prendre en pension, à coup de centaines de milliards $US, les papiers commerciaux des grandes entreprises. Ces interventions répétées de la banque centrale ont su calmer passablement les marchés monétaires dont les taux d'intérêt ont fléchi sensiblement depuis un mois.