Long-courrier

Des touristes devant la Mosquée bleue à Istanbul, en Turquie.
Photo: Agence Reuters Des touristes devant la Mosquée bleue à Istanbul, en Turquie.

«Lecteur assidu de votre chronique, je me permets de vous écrire aujourd'hui car je suis très embêté. Nous réfléchissons fortement à la possibilité de voyager en famille en Europe à l'été 2009, pour une période de trois semaines. Nos filles auront alors 10 et 15 ans. Nous aimerions louer une voiture et trois gîtes pour une semaine chacun, et rayonner autour. Nous aimons plutôt la campagne et les petites villes plutôt que les grosses villes (en tout cas, pas plus d'une semaine). Nous avons un peu d'expérience avec ce genre de voyages et nous savons qu'il est important de doser minutieusement la culture, les plages et la nature afin de stimuler l'intérêt des enfants tout en leur permettant de s'ouvrir l'esprit à une autre culture.

«L'Espagne nous semble bien car l'aînée fait un peu d'espagnol à l'école et c'est un pays que nous n'avons jamais visité. Nous sommes "condamnés" à voyager de la fin juin à la fin de juillet car nous devons attendre la fin des classes. Nous sommes attirés par l'exotisme maure du Sud mais ne sommes pas du tout certains de faire le meilleur choix. Et un peu inquiets d'avoir très chaud. Barcelone nous semble également très intéressante. Le Nord semble présenter beaucoup d'attraits aussi. Bref, que recommanderiez-vous dans ces circonstances?»

Luc Lafantaisie, Otterburn Park

C'est vrai que le mois de juillet n'est pas l'idéal pour visiter un pays méditerranéen, mais avec un véhicule équipé de l'air climatisé, on peut faire de la route. Si vous aimez les petits villages, vous pouvez choisir des lieux entre Barcelone et Saragosse et faire des virées dans ces villes à l'occasion. Certains choisissent de louer un appartement dans Barcelone et de profiter à plein des nuits de la Movida.

Pour d'autres régions, vous trouverez des coins charmants et moins visités si vous faites un tour du côté de la Manche et de l'Estramadure. Vous êtes sur les traces de Don Quichotte et vous croiserez sur votre chemin des gens au physique qui semble calqué sur celui de Sancho Pança et des picouilles qui ont les flancs de Rossinante. Pour ce qui est de lieux intéressants à visiter et où séjourner, il y a les villages du pays basque espagnol, au sud et à l'ouest de San Sebastian. On va dans ceux du bord de mer ou dans des lieux perdus dans les montagnes de l'intérieur.

Vous avez raison en ce qui concerne les attraits mauresques, que vous pouvez trouver du côté de l'Andalousie, mais on se bouscule au portillon des châteaux et des musées. Quant à la chaleur, elle règne partout de manière assez égale.

Dans les villages où vous choisirez de résider, liez-vous avec le cafetier ou avec un commerçant qui voit passer beaucoup de monde. On pourra alors vous indiquer un lieu qui n'est pas notifié dans les guides de voyages.

Avec le Routard et le Lonely Planet, vous aurez une bonne idée de ce qui vous attend l'été prochain. Pensez aussi à vos enfants en laissant à chacune le loisir de choisir pendant une semaine les activités et les visites de la famille. Ça donne parfois de belles surprises... en kilomètres et en lieux inusités.

Arrivée à Istanbul

«J'ose plonger et vous poser une question. Je planifie depuis quelque temps un voyage en Turquie, où je compte passer trois semaines en mai. Je lis autant sur le pays et son histoire que je lis ses auteurs passés et contemporains. J'ai commencé l'apprentissage de la langue, ce qui devrait m'aider à me débrouiller au fur et à mesure, sur place, au lieu de tout planifier au quart de tour avec les agences de voyages.

«Je souhaite atteindre Istanbul par navire au départ d'une ville européenne (en France, en Grèce, en Italie). J'ai beau écumer les livres et Internet, mes démarches se soldent par des arrivées à Çesme. Il semble n'y avoir aucun navire terminant sa route à Istanbul. Et pourtant, je ne peux imaginer une meilleure façon d'arriver dans ce pays que par le Bosphore. Merci de m'aider à concrétiser ce rêve, comme pour ceux des gens qui, comme moi, vous lisent avec plaisir semaine après semaine.»

Éric Gagnon, Montréal

De mémoire, je pense que certains navires Costa font escale à Istanbul. Quand on est dans les hauteurs de la ville et qu'on aperçoit le Bosphore, on reste médusé par le va-et-vient incessant des bateaux qui se croisent et se décroisent jour et nuit. C'est comme un village de navires qui se disent bonjour et qui font fonctionner le commerce local.

On y voit peu de bateaux de croisière, mais quelques goélettes et une armada de navires de fret en plus ou moins bon état. Et c'est peut-être sur cette voie de fret que vous pourrez facilement trouver un bateau cargo qui s'arrête ou qui fait escale à Istanbul. Procurez-vous le livre d'Hugo Verlomme, le Guide des voyages en cargo, consacré à ce thème, avec des adresses de sociétés maritimes, ou consultez les sites www.marine-marchande.com/cargos.htm et www.abm.fr/pratique/cargo.html, pour de nombreux points de repère sur les principaux cargos partout dans le monde.

Bon tuyau

(Cette lectrice évoque le trajet Prague-Budapest en train.)

«J'ai fait le trajet en sens inverse il y a deux ans. Pas de poulets vivants dans des paniers! Un parcours à recommander mais, comme vous le dîtes, à bien préparer. J'achète toujours les billets sur Internet. Il n'y a pas encore eu de problèmes. Quelques conseils: arriver à l'avance et échanger la monnaie locale qu'il vous reste à la gare. Le personnel n'y est pas multilingue. S'adresser surtout à quelqu'un d'apparence "officielle", c'est-à-dire en uniforme et affichant des signes extérieurs d'autorité. Nous avons eu la chance de trouver un employé courtois qui nous a conduites à notre wagon et qui a installé nos bagages.

«Pour un bain de vieille Europe, prendre un repas au minuscule wagon-restaurant: petits rideaux de dentelle blanche et champagne abordable. Par contre, dans les wagons de première, les toilettes sont malpropres et, pour tout dire, inutilisables. Aussi, se munir d'une carte pour suivre le parcours du train à travers la Slovaquie et la République tchèque. Évidemment, ceci est un commentaire personnel à la suite d'un seul voyage sur cette ligne.

«Une suggestion concernant un tout autre sujet: pourquoi ne pas préparer, avec M. Huss, une chronique sur les festivals d'été en Europe? Depuis six ans, j'ajoute à mon itinéraire un arrêt festival d'opéra ou de musique classique. Il est maintenant possible et très facile de réserver des places à l'avance.»

Christiane Noiseux

Excellente idée: sous l'intertitre «À lire, voir, entendre» de cette chronique, je vais bientôt ajouter aux livres proposés des expos, des festivals et des événements dans différents coins de la planète, dont l'Europe.

À lire, voir, entendre

Les Nouvelles Histoires et autres contes, de Julio Cortázar, publié chez Gallimard, une édition menée par Sylvie Protin. Quelque 1500 pages où l'on peut savourer les récits brefs et imaginatifs du maître latino-américain de la littérature fantastique. Cela se passe en Argentine ou dans un pays imaginaire. Un must: un monologue intérieur de Che Guevara lors de son débarquement à Cuba, les barbudos à ses côtés.

Au château de Versailles, à partir de novembre, une exposition inédite retracera les fastes de la cour du Roi-Soleil à l'époque où les Grands Appartements étaient meublés d'argent massif: 150 objets qui n'ont eu qu'une existence éphémère puisque le roi fut contraint d'en ordonner la fonte en 1689 pour financer la guerre contre la coalition européenne de la ligue d'Augsbourg...

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