Pommes, poires et Scoubidous

Vous rappelez-vous de Scoo bi doo bi dooh ah!, que chantait Sacha Distel? C'était en 1958. Il y a 50 ans déjà! Distel et ses amis avaient adapté une chanson en anglais intitulée Apples, peaches and cherries de Lewis Allan. Ils en ont fait un tube en français avec Scoubidou, des pommes... des poires. Les fruits à pépins et le fil en plastique ont eu raison des pêches et des cerises! Si vous n'avez jamais fait de scoubidous, il n'est jamais trop tard pour succomber: www.lartdesscoubidous.nuxit.net.

Quant au jardinier qui se demande comment déterminer le bon moment pour cueillir ses pommes et ses poires, voici quelques pistes. L'optimum pour la cueillette, c'est le stade qu'il ne faut pas dépasser pour ne pas risquer de rendre le processus de mûrissement irréversible. On vise une conservation maximale. Voici quelques critères non exhaustifs: fermeté de la chair, rapport sucre total/acidité totale, facilité de détachement du fruit, «déverdissement» de la couleur de fond, coloration des pépins, régression de la chlorophylle jusqu'à deux millimètres environ de l'épiderme, disparition de la saveur herbacée...

Les producteurs utilisent une solution iodée qui leur permet de mesurer le taux d'amidon. L'iode fait virer au bleu-noir les parties de la pomme qui contiennent de l'amidon, alors que les parties renfermant du sucre ne changent pas de couleur. Des tableaux permettent de déterminer le moment optimal de la cueillette en fonction de l'utilisation des fruits et de la variété.

Les facteurs climatiques ont leur importance, comme les conditions de production, mais les différences de température nuit/jour, les températures sous 10 °C et l'ensoleillement sont des facteurs clés du mûrissement de nos fruits. Ces conditions, qu'on rencontre souvent chez nous, combinées à un été qui a été profitable au grossissement des pommes, sont le gage d'une excellente récolte 2008.

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La semaine du jardinier

Le samedi 13 septembre - Saint-Aimé. «La phytoremédiation consiste à utiliser la capacité naturelle des plantes à contenir, dégrader ou éliminer les produits chimiques toxiques et les polluants du sol ou de l'eau. On s'en sert pour éliminer les métaux, les pesticides, les solvants, les explosifs, le pétrole brut et les contaminants. Le terme phytoremédiation est composé de deux mots : phyto, qui signifie plante, et remédiation, qui signifie remise en état.» Bio Portail, Gouvernement du Canada.

Le dimanche 14 septembre - Sainte-Croix. Le Dipladenia sanderi (ou Mandevilla) est une très jolie plante tropicale brésilienne grimpante au feuillage vert foncé et brillant de plus en plus populaire dans nos jardins. Lorsque la température extérieure se situe vers 10 °C, il faut la rentrer. Arrosez peu, utilisez de l'eau non calcaire (test et correctif dans les magasins de matériel hydroponique). Vous pouvez éliminer les tiges sarmenteuses (lianes) au début de l'hiver. Une différence de température entre le jour et la nuit est indispensable pour assurer une bonne floraison sur les petites pousses latérales. Maximum de lumière, nuit fraîche, brumisation fréquentes pour favoriser l'humidité ambiante, telles sont les opérations culturales qui assureront le succès.

Le lundi 15 septembre - Saint-Roland. Le jardinier et ses légendes... Si vous voyez cette chenille très courante, que les anglophones nomment woolly bear, la chenille météo, remarquez son pelage. Ses extrémités sont noires et sa partie centrale brun orangé. Certains prétendent qu'avant les premières gelées, selon la dimension de sa partie centrale, plus celle-ci est grande: plus l'hiver sera doux. L'année passée, j'en concluais que l'hiver serait froid! Le jardinier trop crédule fut dans les patates!

Le mardi 16 septembre - Sainte-Édith. Cette chenille woolly bear (Pyrrharctia isabella) fausse météorologue... a toutefois le talent d'être une «désherbante», puisqu'elle dévore nos feuilles de pissenlits et de plantains. Pour la voir: Google image - Pyrrharctia isabella.

Le mercredi 17 septembre - Saint-Renaud et Saint-Lambert. Depuis les années 1980, des études sont menées, à la NASA notamment, à l'initiative du professeur Wolverton, sur l'utilisation des plantes pour purifier l'air. Selon lui, certaines plantes ornementales sont de véritables petites usines «dépolluantes». Elles peuvent éliminer divers produits chimiques présents dans l'air. En France depuis quelques années, des études mettent en valeur les propriétés épuratrices de certaines plantes par le programme de recherche PHYTAIR, en partenariat avec l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie).

Le jeudi 18 septembre - Sainte-Nadège. Il suffirait d'une belle plante par 10m2 d'habitation pour limiter la pollution de nos intérieurs. Certaines plantes sont plus efficaces que d'autres. Le Ficus benjamina neutralise le formol, les mousses d'isolation des papiers d'emballage, essuie-tout et vêtements nettoyés à sec. Les philodendrons absorbent le pentachlorophénol, dit PCP, que l'on trouve dans les produits de traitement du bois. La plante araignée (Chlorophytum) supprime le monoxyde de carbone et le formaldéhyde, rendant ainsi l'air des maisons plus respirable mais aussi moins allergène. C'est aussi le cas du pothos (Scindapsus), du Spathiphyllum, du Syngonium et de bien d'autres.

Le vendredi 19 septembre - Sainte-Émilie et Saint-Janvier. Plusieurs types de fissures et de craquelures peuvent apparaître sur les tomates. Les petites crevasses concentriques partant de la base du fruit apparaissent lorsqu'une période pluvieuse (trop d'eau) succède à une période de sécheresse. Comme c'est le cas cette année. Rien de grave. Mangez les fruits rapidement. Pour éviter ce problème, le pied de tomate doit être paillé (idéalement avec de la paille) afin de maintenir un taux d'humidité constant dans le sol.

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Lucky Bambou !

Dernièrement, dans le quartier chinois, je voyais des Lucky Bambous dont l'extrémité supérieure était recouverte d'une pellicule de cire (parfois aussi d'une capsule en plastique!), la capsule de cire permettant de sceller la tige afin qu'elle ne perde pas son humidité. Rien à voir avec une technique pour stopper la croissance de la tige.

Quel succès, ce Lucky Bambou! Qui n'a pas, ou n'a pas eu, ces petits bouts de plantes ornant bureaux, salles de bain, lieux de prière, etc.? Attachés par huit, ils portent chance!

J'imagine que chaque athlète chinois possédait son petit fagot de huit tiges de cette précieuse «plante du Bonheur». La belle tropicale a supplanté le trèfle à quatre feuilles!

Mais ce faux bambou, ce faux roseau chinois, est en fait une jolie tropicale africaine originaire du Cameroun du nom de Dracaena sanderiana. Découpée sans vergogne en bouts de tuyaux, elle terminera probablement ses jours rongée par le chlore présent dans l'eau des villes ou déshydratée dans un verre rendu opaque par les dépôts de calcium et de magnésium... Tout ce voyage pour mourir ainsi! Ah! Cela lui fait de «belles jambes», faute de belles tiges, d'être surnommée la plante de la paix et de la chance.

Amis jardiniers, détenteurs des ces petits bouts de cannes, redonnez vie et tête à cette jolie camerounaise en transplantant chaque tige dans un contenant garni de terreau pour plantes tropicales. Ne retirez pas la capsule de cire protectrice. Espérons qu'une fois l'enracinement fait, de nouvelles pousses apparaîtront sur le tronc et qu'elle retrouvera sa beauté secrète.

Le secret? La plupart des plantes de la famille des liliacées, comme la plante araignée (Chlorophytum), les Dracaena, les Cordyline, les Sanseveria, les Aloe et tant d'autres, souffrent des excès de chlore mais surtout du fluor utilisé par certaines municipalités. Le fluor provoque un brunissement de l'extrémité des feuilles et du contour du limbe.

Il suffit préalablement de faire séjourner l'eau destinée à l'arrosage dans un contenant ouvert et de l'agiter. L'eau de pluie récupérée avec un pH plus acide convient à ces liliacées, qui sont bénéfiques, voire indispensables au maintien de la qualité de l'air de nos intérieurs. Évitez les terreaux de rempotage qui contiennent de la perlite (elle peut contenir du fluor).

Tout compte fait, il y a au moins quelque chose de positif dans la commercialisation du Lucky Bambou: ce Dracaena sanderiana, comme bien d'autres plantes, contribue à assainir l'air et élimine efficacement le xylène (dérivé du benzène). Puisqu'elles fixent un bon nombre de polluants toxiques, les plantes d'intérieur sont essentielles à la qualité de l'air. Selon les données de la NASA, un Chlorophytum peut supprimer 86 % du formaldéhyde et 96 % du monoxyde de carbone contenus dans l'air en 24 heures. Amateurs de plantes synthétiques, questionnez-vous!

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30 ans de passion pour le bonsaï, au Jardin Botanique

Les membres de la Société de bonsaï et de penjing de Montréal (SBPM) invitent tout le monde à découvrir leur exposition annuelle dans l'ambiance chaleureuse et conviviale de la Maison de l'arbre du Jardin botanique de Montréal, les 19, 20 et 21 septembre prochains de 9h à 18h. C'est au 4101, rue Sherbrooke Est à Montréal (métro Pie-IX). Démonstrations, conférences, conseils, vente de matériel et renseignements multiples y seront à l'honneur.

Renseignements: % 514 872-1782, www.bonsaimontreal.com. Frais d'accès au Jardin botanique uniquement.

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Pour votre bibliothèque

L'air de nos intérieurs est dix à cent fois plus pollué que l'air extérieur. Les matériaux modernes, colles, peintures, vernis, isolants, etc., sont des sources de toxiques variés dont les effets sont d'autant nuisibles que nos maisons sont de mieux en mieux isolées. Heureusement, certaines plantes ont le pouvoir de dépolluer l'air très efficacement.

Les auteurs nous présentent ces plantes en détail, leurs effets et leurs modes d'action, ainsi que le choix le plus judicieux pour les différentes pièces de la maison. Ils nous donnent par ailleurs tous les conseils pour les garder en bonne santé.

Les auteurs: Marc Grollimund est agro-écologue et paysagiste spécialisé dans les jardins naturels. Il enseigne l'agro-écologie. Isabelle Hannebicque est passionnée de nature et éditrice indépendante.

Plantes dépolluantes pour la maison

Marc Grollimund et Isabelle Hannebicque

Éditions Ulmer

Paris, mai 2008, 127 pages

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