Un trésor enfoui: terrae tuber !

Début de la croissance avec des pommes de terre entières
Photo: Début de la croissance avec des pommes de terre entières

Si je vous parle de Lapin puikula, d'Atahualpa, de Vitelotte, de Papa colorada ou de Désirée, de quelle plante s'agit-il? Allez! Je vous donne un indice déterminant: Yukon Gold. Vous y êtes? Oui, c'est de la pomme de terre qu'il sera question. En cette Année internationale de la pomme de terre (ONU-FAO), pourquoi ne pas célébrer avec les communautés amérindiennes des Andes en cultivant quelques pommes de terre dans votre jardin ou sur votre balcon? Je vais vous dévoiler ma façon de faire: produire des pommes de terre dans une «chaudière» de cinq gallons!

L'agronome Olivier de Serres décrit ainsi, vers 1600, la pomme de terre: «cest arbustre dict cartoufle porte fruict de mesme nom, semblable à truffes, et par d'aucuns ainsi appellé». Voilà d'où vient le nom de truffe blanche. Déjà, le samedi 10 avril 1694, sur la place de la Grenette à Annonay (Ardèche), il y avait de ces truffes blanches (pommes de terre) à vendre au prix de «22 sols la quarte»! (quarte: mesure ancienne très variable d'une région à l'autre).

Il y a 8000 ans, des communautés de chasseurs et de cueilleurs près du lac Titicaca, en altitude dans la cordillère des Andes, consommaient des petits tubercules de formes étranges nommés Mama Jatha, ou mère de la croissance. Année après année, ils sélectionnèrent les plus grosses, les plus belles de ces tiges souterraines gorgées de réserves alimentaires. Les peuples andins ont mis au point des variétés de pommes de terre qui pouvaient pousser à diverses altitudes et sous des climats différents (5000 variétés). Un ingénieux système de culture en terrasses, bordées de canaux, permettait de produire 10 tonnes par hectare de pommes de terre.

À l'apogée de cette civilisation, vers l'an 800 de notre ère, 500 000 personnes ou plus vivaient à Tiahuanaco et dans les vallées environnantes. À l'Empire huari succéda l'Empire inca et la conquête du Pérou par les conquistadors espagnols (1532-1572), qui détruisirent la civilisation inca.

Avant son arrivée en Espagne, la pomme de terre fut cultivée dans les îles Canaries (1565). Puis, ces précieux tubercules voyagèrent à travers l'Europe sous forme de présents exotiques: le roi d'Espagne en envoie au pape à Rome, qui en offre à l'ambassadeur auprès du Saint-Siège à Mons, et ce dernier en donne à un botaniste de Vienne. Cultivés à Londres (1597), ils arrivent ensuite en France. Les marins, ayant été les premiers à les apprécier, les emmènent au début du XVIIe siècle jusqu'en Inde, en Chine et au Japon, au gré de leurs voyages. Les paysans de l'époque, très superstitieux, tenaient ces tubercules pour vénéneux.

Sous des dénominations extrêmement variées, tirées le plus souvent du nom latin terrae tuber, déformé vulgairement en terrae tufer, la pomme de terre devient truffe, trufle ou truffo, voire même trifola, cartoufle — on est loin de l'inca papa, de l'espagnol patata, de l'anglais potato, du turc patates et du portugais batata. Heureusement que Henri Louis Duhamel du Monceau (1700-1782) lui a donné le nom français de pomme de terre, et que Carl von Linné (1707-1778) la nommait Solanum tuberosum afin que l'on se comprenne!

Mais rien n'est simple au pays des «quelques arpents de neige» de Voltaire. Puisque nous nous régalons des patates, mot qui devrait être réservé à la patate douce (Ipomoea batatas), sachez que vous avez probablement planté dans vos jardinières des patates douces qui répondent aux noms de Margarita, Black Heart, Blackie ou Tricolor, de belles variétés retombantes dont vous pourrez probablement récolter les tubercules un peu avant les premiers gels et vous régaler alors de «vraies patates».

***

Des pommes de terre «en chaudière»

Il y a quelques années déjà, j'ai eu l'idée de cultiver des pommes de terre dans des chaudières de cinq gallons rouges. Pourquoi rouges? J'en ai pas trouvé des noires!

Comme les hautes températures stimulent la croissance des tiges, le plein soleil et la chaleur sont à rechercher, d'où l'idée des contenants foncés. Par contre, les basses températures favorisent davantage la croissance des tubercules. Alors, assurez-vous vers le mois d'août, au moment de la floraison, de protéger les contenants du soleil en plaçant des cartons autour des «chaudières» afin que la température du sol ne dépasse pas 20 à 25° C.

Percez plusieurs bons trous de drainage dans le fond du contenant, mais aussi sur la partie inférieure du cylindre, afin de facili3ter l'aération. Au fond (facultatif), mettez trois à quatre bonnes poignées de charbon de bois, pour le drainage et la désinfection du sol.

Le mélange de terre doit être fertile, meuble et se drainer facilement. J'utilise un mélange de terre sablonneuse ou sablo-limoneuse avec 20 à 30 % de tourbe de mousse et autant de compost, auquel j'ajoute deux bonnes poignées de 7-7-7 (Acti-Sol) et un peu de super-phosphate. Le mélange doit avoir idéalement un pH de 5,5. La pomme de terre aime les sols un peu acides, mais aussi très riches en fumure organique bien décomposée. Une terre alcaline cause le développement de la galle (excroissance).

Puis, remplissez la moitié de la chaudière de votre mélange et déposez de cinq à sept tubercules de pomme de terre déjà germés. Au fur et à mesure que les tiges pousseront, comblez l'espace (sans enterrer complètement les tiges, car on doit toujours voir l'extrémité des pousses) en le remplissant de votre mélange de terre, jusqu'à 3 cm du bord.

Fertilisez avec de l'azote en début de culture, puis, de la floraison jusqu'à la récolte, avec du sulfate de potassium à petites doses, mais fréquentes (l'engrais à tomates fera l'affaire). Arrosez régulièrement, car une carence en eau stopperait la formation des tubercules. Lorsque le feuillage est fané, il ne reste qu'à entreposer la «chaudière» dans un endroit frais et, comme l'écureuil, à gratter, déloger et se régaler de ces belles «truffes blanches».

***

Cap Diamant, le rosier du 400e

Emblème floral du 400e anniversaire de Québec, ce rosier arbustif rustique, aux fleurs rose moyen (7 à 10 cm), a l'allure des roses anciennes avec ses boutons ronds et globuleux, et ses fleurs rondes et pleines de 25 à 35 pétales. Un parfum épicé s'en échappe. Il est remontant, c'est-à-dire qu'il fleurira de juin jusqu'aux premières gelées. Il mesure de 100 cm à 140 cm. Il a un port arqué et dressé, et est bien fourni en branches. Ses feuilles sont de couleur vert moyen avec des teintes de couleur olive. Il faut ajouter qu'il a une excellente résistance aux maladies: tache noire, oïdium, rouille et mildiou.

Cet hybride, obtenu à Québec en 1999, est le résultat du travail d'un Québécois: Christian Bédard. Hybrideur aguerri, c'est dans la cour de ses parents, à partir de cultivars d'Agriculture Canada, qu'est né «Cap Diamant». C'est un rosier bien de chez nous, parfaitement rustique et bien adapté aux conditions rigoureuses du Québec, où il a passé avec brio les sept derniers hivers. La plante n'a donc besoin d'aucune protection hivernale et ne nécessitera qu'un léger nettoyage printanier pour recommencer sa fleuraison.

Christian Bédard joue maintenant dans la cour des grands, chez le rosiériste californien Weeks, situé à Wasco, dans la vallée de San Joaquin, avec 1200 acres en production. Juste pour vous rincer l'oeil, faites un petit tour dans leur site Internet: www.weeksroses.com.

Produits au Québec par la pépinière Québec Multiplants, les 7000 rosiers «Cap Diamant» sont en vente auprès d'une centaine de détaillants participants de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick et du Québec. Mais faites vite, car l'année prochaine, «Cap Diamant» sautera la frontière et portera le nom de Cape Diamant...

***

La semaine du jardinier

- Samedi le 24 mai — Saint-Donatien. Au Jardin botanique de Montréal, voici les 11es Rendez-vous horticoles, de 9h à 17h. Avec plus de 100 exposants, c'est «la» place pour rencontrer des producteurs très spécialisés et enfin trouver la plante si longuement recherchée. Diverses conférences ou causeries auront lieu. À 11h: Plantes exotiques en région nordique, par Albert Mondor; à 13h30: Spotlight on architectural plants!, par Sandra Barone (en anglais); à 14h30: Comment structurer votre jardin avec des plantes, par Michel Renaud; et à 15h30, Jardiner avec la lune?, par Jean-Claude Vigor. Au plaisir de vous y rencontrer.

- Dimanche le 25 mai — Sainte-Sophie et Saint-Urbain. Toujours des causeries au Jardin botanique de Montréal. À 13h30: L'écopelouse, par Micheline Lévesque; à 14h30: Vivre à la verticale, les plantes grimpantes, par Julie Boudreau; et à 15h30: Plantes aquatiques en contenant, par Jean Loiselle. Pour obtenir de bons conseils sur les pratiques horticoles, c'est l'endroit et la journée. Vers 16h, c'est le temps des bonnes affaires... à ne pas manquer!

- Lundi le 26 mai — Saint-Béranger. Commercialisé sous le nom d'Acidanthera, il se nomme Gladiolus callianthus. Vous trouverez ces petits bulbes dans la plupart des jardineries. Ils se cultivent comme les glaïeuls, dans un sol léger et bien drainé, en plein soleil, en groupe d'au moins une douzaine, et atteignent une hauteur d'environ 70 cm. Mais attention, ils sont peu rustiques; il vous faudra les arracher en automne, les entreposer dans une cave fraîche, puis les replanter au printemps.

- Mardi le 27 mai — Saint-Augustin. Avoir un gazon très dense et haut de 8 cm empêche les graines de pissenlit de germer et, plus tard, les femelles hannetons de pondre leurs oeufs. Semez partout sur votre pelouse du Ray-Grass. Cette herbe annuelle saura remplir les espaces tant convoités. Attention: dans ce cas, il ne faut pas utiliser de gluten de maïs en guise d'inhibiteur de croissance des jeunes plantules.

- Mercredi le 28 mai — Saint-Germain. Je reçois beaucoup de courriers concernant les dégâts occasionnés par les écureuils... Surtout, évitez la poudre d'os moulu: elle les attire. Utilisez à la place de la poudre d'os fossile. Pour les éloigner, essayez la poudre de sang séché. C'est un engrais azoté 12-0-0 disponible dans les centres de jardinage.

- Jeudi le 29 mai — Saint-Aymard. Pour réussir à 100 % les semis de pois de senteur, faites tremper les graines dans l'eau durant quelques heures. Quant aux graines des lupins, le truc, c'est de les user légèrement sur du papier à poncer. Ensuite, même chose: quelques heures dans l'eau, jusqu'au gonflement perceptible des semences.

- Vendredi 30 mai — Saint-Ferdinand. Pour tous les bulbes ou racines, rhizomes ou cormus d'été (lis, Dahlia, Freesia, Crocosmia, Eucomis, Zantedeschia, Caladium, etc., achetés dans de la sciure de bois, dans des sacs en papier ou du polyéthylène: trempez-les dans de l'eau tiède (30 °C) durant une à deux heures, afin qu'ils se réhydratent. Puis, transplantez-les.

***

Pour votre bibliothèque

LE GRAND LIVRE DE L'AMÉNAGEMENT PAYSAGER POUR LE QUÉBEC

Catriona Tudor Erler, adaptation de Larry Hodgson, chez Broquet, 2008, 384 pages, avec 850 photographies couleur et des centaines d'illustrations. Format 23x25,5 cm pour 39,95 $

Cet impressionnant ouvrage renferme tous les secrets pour réussir un aménagement digne des paysagistes professionnels.

Grâce à des instructions claires et précises, étape par étape, cet indispensable guide, très complet, deviendra probablement votre première référence pour tout ce qui concerne vos travaux d'aménagement.

L'édition originale de 2005, qui a pour titre New Complete Home Landscaping, a été entièrement revue et approuvée par Larry Hodgson, le «jardinier paresseux». Voici donc un guide complet, bien fait, en français, offrant un excellent rapport qualité-prix.

***

Collaborateur du Devoir

***

Vous aimeriez que je traite d'un sujet en particulier? Vous désirez que je réponde à votre question? Vous acceptez que le jardinier prenne son temps? Écrivez-moi.

jeanclaudevigor@videotron.ca
1 commentaire
  • Gabriel RACLE - Inscrit 24 mai 2008 05 h 24

    2008 - Année internationale de la pomme de terre

    «Notant que la pomme de terre est un aliment de base pour toute la population mondiale et souhaitant appeler l'attention de la communauté internationale sur le fait que la pomme de terre peut contribuer largement à assurer la sécurité alimentaire et à atténuer la pauvreté», la Conférence de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) demandait le 25 novembre 2005 que l'ONU déclare l'année 2008 Année internationale de la pomme de terre. Et le 22 décembre 2005, l'Assemblée générale de l'ONU donnait suite à cette recommandation.
    La pomme de terre est la quatrième culture vivrière du monde, après le maïs, le blé et le riz. Riche en glucides, elle a la plus haute teneur en protéines de toute la famille des racines et tubercules. Elle est également très riche en vitamine C et offre un cinquième des apports quotidiens recommandés de potassium. Elle produit davantage de nourriture nutritive sur moins de terres et dans des climats plus rudes que toute autre grande culture - 85 % de la plante est humainement comestible, contre environ 50 % pour les céréales.
    Cette année est donc l'occasion de la faire découvrir aux plus jeunes. L'aventure de la pomme de terre, un petit livre d'une trentaine de pages, merveilleusement illustré, publié par les éditions Gallimard à un prix modique, dans la collection Découverte Benjamin, qui s'adresse «aux enfants qui lisent tout seuls», peut aider parents et enseignants à le faire. On y trouve même des recettes simples, l'amusante patatogravure et un résumé de l'histoire de ce tubercule.
    Et c'est au Pérou qui avait proposé la résolution omusienne, que la culture de la pomme de terre a commencé il y a «8 000 à 10 000 ans», selon Carlos Ochoa du Centro Internacional de la Papa (CIP), situé à Lima. On en a trouvé trace sur des poteries vieilles de quelques milliers d'années. Sa culture s'est progressivement étendue dans le nord de l'Amérique latine actuelle, sous le nom de «papa», toujours utilisé.
    Au XVIe siècle, les conquistadors espagnols qui ont dévasté et dépouillé ces régions, y ont trouvé de nombreux trésors mais aussi des richesses agricoles: cacao, maïs, haricots, lupins, tomates, courges, coton, tabac et la papa, mais bien après l'arrivée de C. Colomb, parce que cette dernière plante poussait en haute altitude, dans les Andes. Pedro de Cieza de León mentionne dans son livre, Crónica del Perú, publié à Séville en 1553, que les Espagnols ont vu des papas pour la première fois en 1537.
    L'histoire de la diffusion de la pomme de terre en Europe et en Amérique du Nord donne lieu à des rapports divergents des historiens, à des légendes et des erreurs. Pour le CIP, on ne sait ni par qui ni quand la papa a gagné l'Europe, dans la deuxième moitié du XVIe siècle. On la trouve mentionnée dans des documents aux îles Canaries en 1565 et à Séville en 1573. Le roi Philippe II en aurait envoyé au pape, peut-être à cause du nom. On sait que Philippe de Sivry, gouverneur de la ville de Mons (Belgique actuelle), dans les Pays-Bas espagnols, a reçu d'un légat pontifical des papas sous le nom de Taratouffli (truffes de terre), par assimilation à la truffe déjà connue des Romains. En 1588, il en a envoyé deux au célèbre botaniste Carolus Clusius, Charles de l'Escluse, directeur du jardin botanique de Vienne, qui en a donné une description dans son Rariorum Plantarum Historia et a contribué à sa diffusion dans le Saint empire romain germanique. Avec peut-être la contribution de soldats castillans, guerroyant en Westphalie pendant la guerre de Trente Ans, qui en transportaient pour eux et leurs chevaux, en cas de nécessité.
    En Europe, le tubercule a rencontré des résistances associées à d'étranges superstitions. Il aurait rendu la peau ridée et grumeleuse, comme la sienne. Une femme enceinte qui en mangeait risquait d'accoucher d'un bébé ayant une grosse tête. En avoir un morceau dans sa poche protégeait du rhumatisme et de l'eczéma. En France, même si la plante s'y trouvait en quelques régions dès 1540, ce n'est qu'au XVIIIe siècle que, par quelques astuces, Antoine Parmentier, de retour de sa captivité en Westphalie durant la guerre de Sept Ans, en a répandu la culture et la consommation,
    Au Canada, la pomme de terre a probablement été introduite à partir de la Virginie. Vers 1620, le gouverneur des Bermudes, Nathaniel Butler, a envoyé au gouverneur de la Virginie, Francis Wyatt, deux coffres de cèdre remplis de pommes de terre et d'autres légumes, provenant d'Angleterre. La pomme de terre était cultivée au milieu du XVIIe siècle au Canada, sauf par les Canadiens français. Dans La vie quotidienne des habitants. 1608-1760, Jacques Lcourcière cite le témoignage du savant suédois Pehr Kahn qui visitait alors la vallée du Saint-Laurent. Il constate qu'il n'y a, dans les potagers, «aucune espèce de pomme de terre». «Quand j'ai demandé aux gens pourquoi ils n'en avaient pas, on m'a répondu qu'on n'appréciait aucune des deux espèces (pomme de terre et patate douce); les Français se moquent des Anglais qui les trouvent à leur goût.» Les choses ont bien changé depuis et le Canada est le 12e producteur mondial de pommes de terre.
    Mais d'où vient ce mot? Les taratouffli des origines ont donné toute une série d'adaptation en diverses langues, comme tartouffle et cartoufle en français, kartoffel en allemand, kartof en bulgare, tartifula en italien dialectal (d'où dérive tartiflette, un plat à base de pommes de terre), etc. Par confusion avec une autre plante d'Amérique du Sud, dénommée batata en arawak, la patate douce, Ipomea batatas, on a patata en espagnol et en italien, potato en anglais, patate en français, patates en grec.
    Quant au mot pomme de terre (pomme remplaçant truffe), on le retrouve chez le naturaliste et homme de science Duhamel du Monceau (1700-1782) vers 1760, peut-être dans son Traité de la culture des terres (6 volumes, 1751-1761).
    Voilà bien toute une histoire pour une simple pomme de terre.