Fonds d'investissement: Pour votre culture économique

La morosité boursière amène de plus en plus d'investisseurs à rechercher de nouvelles occasions. Les fonds de marchés émergents, avec leur rendement moyen de 8,9 % depuis le début de l'année, forment actuellement une catégorie qui semble attrayante. L'intérêt porté à ces fonds est d'autant plus grand lorsque l'on considère le rendement des fonds d'actions canadiennes, américaines et européennes. PourtantÉ

Les fonds de marchés émergents sont passés plutôt inaperçus durant les années 90. La bonne tenue des fonds axés sur le marché canadien et américain combinée aux rendements appréciables de certains fonds de titres techno n'incitaient pas l'investisseur à chercher davantage de diversité. Le contexte a changé.


On associe souvent, à tort, l'expression marchés émergents aux pays pauvres: les marchés émergents englobent une foule de pays dont la Chine, la Russie et le Mexique où les capacités économiques sont grandes. Ces pays possèdent, en raison de leur population nombreuse, ainsi que de leurs richesses naturelles, de forts potentiels de croissance. La Chine, par exemple, compte quelque 1,2 milliard d'habitants, et sa population croît à un rythme de 12 millions de personnes chaque année, soit plus du tiers de la population canadienne.


Et il y a plus que la démographie: l'expansion économique chinoise est impressionnante. En effet, le PIB annuel de la Chine de 1990 à 2000 — certains experts en contestent la véracité — s'est situé en moyenne à 10,3 %, par rapport à 2,9 % pour le Canada et à 3,5 % pour les États-Unis. La croissance prévue de la Chine pour les prochaines années est d'environ 7 %, celle de l'Inde de 6,5 % et celle de la Corée de 5,5 %. Peut-on se permettre d'ignorer de telles données macroéconomiques?


Les réformes économiques et politiques entreprises par plusieurs pays émergents devraient attirer de plus en plus les capitaux étrangers. Pourtant, l'hésitation des investisseurs envers ces marchés est toujours présente.


Un investissement à l'étranger inclut un lot de risques supplémentaires: fluctuation importante du taux de change, instabilité politique et économique, pratiques comptables parfois douteuses, manque de liquidité des actifs financiers, etc. Il s'agit là de risques inhérents aux marchés émergents qui sont, par définition, en transition.


Plusieurs gouvernements des pays émergents adoptent des mesures pour attirer les investissements étrangers. On tente d'établir à tout prix un système financier propre à l'investissement, c'est-à-dire un marché liquide, des lois favorisant la protection de l'investisseur ainsi que des coûts de transaction raisonnables.


Pourtant, l'investisseur avisé évitera d'associer les fonds de marchés émergents à des éléments efficaces de diversification. En raison de leur nature exportatrice, ces économies sont tributaires des pays développés. C'est ainsi qu'elles ont été affectées par le recul du prix des matières premières qui constituent une part importante de leurs exportations.


Bien sûr, les fonds de marchés émergents ont obtenu, au cours de la dernière année, de meilleurs résultats que beaucoup de fonds canadiens. La chute moyenne de ces fonds pour l'année 2001 n'a été que de 0,9 %.


Quant à la croissance associée à la reprise économique, on devrait la voir dominer en Asie. L'ampleur de la croissance dépendra notamment de l'évolution du secteur technologique étant donné la forte présence de ce secteur dans ce continent.


La croissance de la plupart des pays d'Amérique latine devrait être, selon les prévisions, moindre que celle du Canada ou des États-Unis. La principale raison vient de l'incapacité de ces pays de mettre en place des politiques monétaires et budgétaires équivalentes aux nôtres. Certains éléments d'ordre politique pourraient également rendre les investisseurs nerveux


. En effet, cinq élections présidentielles devraient s'y tenir avant la prochaine année.


Les pays d'Europe de l'Est devraient connaître une bonne période de croissance économique. Même si cette région ne sera pas aussi favorisée que celle de l'Asie, la croissance du PIB des pays de l'Europe de l'Est (Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne et Russie), prévue pour 2002, devrait se situer aux alentours de 3,2 %.


Pourtant, les fonds de pays émergents ne s'adressent pas à tous les investisseurs. Seuls ceux qui ont un très long horizon d'investissement peuvent y penser. La volatilité demeure une donnée extrêmement importante : ces pays n'ont pas atteint le stade de la maturité économique. Et, c'est là le problème. La seule façon de profiter du potentiel de ces pays, c'est de contribuer à un bon fonds international qui aura une pondération raisonnable dans ces pays dits émergents. Autrement, l'investisseur risque trop.





Michel Marcoux est président de Avantages Services Financiers inc. une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement.