Fonds d'investissement: BCE, Bombardier, Nortel et vos fonds

Comment vos fonds préférés se comportent-ils pendant que les titres-vedettes de ces dernières années, BCE, Bombardier et Nortel, continuent de poursuivre leur descente aux enfers? Et, qu'est-ce que ces fameux gestionnaires, qu'on dit trop payés, font de mieux ou de pire que l'investisseur qui achète directement ces titres?

Les trois titres populaires, que forment BCE, Nortel et Bombardier, se sont presque tous retrouvés à un moment ou un autre dans le portefeuille des investisseurs québécois. Les investisseurs peuvent détenir directement ces titres par la possession d'actions ou indirectement dans le cadre d'un fonds commun de placement ou encore par la participation d'une caisse de retraite.


Les chiffres du tableau indiquent que la détention directe des ces titres a été néfaste pour les investisseurs qui en ont fait l'acquisition. D'autre part, les 20 fonds d'actions canadiennes en importance en termes d'actifs sous gestion, et dont certains détiennent les titres en question, ont obtenu un rendement moyen de 9 % depuis un an. Il s'agit ainsi d'un rendement de 83 % supérieur à celui de l'indice de référence TSE 300 qui a obtenu 4,9 % au cours de cette même période.


Mais, qu'ont donc fait les gestionnaires des 20 fonds d'actions canadiennes les plus importants avec ces trois titres-vedettes? Ne l'oublions pas, l'actif moyen de ces fonds populaires se chiffre à 2,8 milliards.


Dans le cas de Bombardier, au 31 mars 2001, seulement 4 fonds sur 20 y avaient investi dans une proportion notable. La pondération moyenne à l'intérieur de ces quatre fonds ne représentait toutefois que 4,6 % de l'actif total de leur portefeuille.


Un an plus tard, seulement 2 de ces 20 fonds possèdent toujours le titre de Bombardier, mais avec une pondération moyenne inférieure : 4,1 %. Les gestionnaires ont donc pris la décision de ne plus détenir ce titre de façon importante ou tout simplement de s'en départir. Étant donné la débandade du titre de Bombardier, le choix des gestionnaires de s'en éloigner a été positif.


Quant au titre de BCE, notre blue chip par excellence, 7 de nos 20 gestionnaires l'avaient retenu dans leur portefeuille au 31 mars 2001, et ce, pour une pondération moyenne de 3,6 %. Douze mois plus tard, on constate que quatre de nos gestionnaires ont diminué leur pondération de BCE. Seuls trois gestionnaires sur 10 ont gardé une portion plus importante de BCE, mais dans une proportion représentant seulement 3,4 % de leur actif. Nos gestionnaires ont donc préféré diminuer, dès l'an passé, leur position dans BCE ou ne pas détenir le titre. Est-ce un hasard? Nos gestionnaires ont-ils été chanceux? Peut-êtreÉ Mais vous, comme détenteur direct du titre?


Nortel, jadis le chouchou d'une forte majorité d'entre vous, a commencé à dégringoler un peu plus tôt que les deux autres. Il ne faut donc pas trop se surprendre qu'au 31 mars 2001 seulement 4 fonds sur notre groupe de 20 détenaient ce titre dans une proportion importante. Cette importance, toute relative, se traduisait par 3,3 % du contenu total de ces 4 fonds. Un an plus tard, cette proportion est de seulement de 2,4 % de leur actif, et le titre ne se retrouve plus que dans deux fonds. Les 20 plus gros fonds ont donc décidé, pour la plupart, et ce dès l'année dernière, de ne plus faire confiance au titre de Nortel. Cette décision a donc été tout à fait bénéfique.


La gestion active, pour laquelle les détenteurs de fonds déboursent des frais de gestion, explique en bonne partie l'impact minime de la baisse de ces trois titres majeurs sur ces fonds d'actions canadiennes. De plus, comme un fonds est composé d'une multitude de titres, l'impact de la chute d'un titre s'en trouve diminué. Cet aspect est d'autant plus important que, dans certaines situations, les gestionnaires les plus expérimentés n'arrivent pas à entrevoir la direction qu'empruntera un titre d'entreprise.


Attirés par le prestige d'entreprises telles que Bombardier, Nortel et BCE, certains investisseurs ont beaucoup misé sur ce trio. Il s'agissait souvent du noyau de leurs placements. Heureusement pour les détenteurs de fonds, l'apport de la diversification combinée à la sélection professionnelle de titres permet d'éviter ce genre de situation, et le portefeuille s'en porte mieux.





question@avantages.com





Michel Marcoux est président
de Avantages Services Financiers inc.,
une société indépendante spécialisée
dans le courtage de fonds communs
de placement et auteur de l'ouvrage
Les 100 meilleurs fonds 2002.