Vos placements: REA ou fonds FTQ?

Je voudrais votre avis sur les REA. J'ai 49 ans et prendrai ma retraite dans huit-dix ans. Je fournis le maximum à mon REER. L'an dernier, j'ai mis 5000 $ dans les REA.

J'ai pu déduire ce montant au complet de mon revenu net au provincial, la limite étant 10 % du revenu net (le mien est de 85 000 $). On me dit que je peux encaisser ce REA sans aucune incidence fiscale après trois ans. Je compte donc continuer d'y investir dans les années à venir. Qu'en pensez-vous? En particulier, est-ce un placement trop risqué? Pour équilibrer, j'ai aussi mis 5000 $ dans le fonds FTQ.


L. G.


Mieux vaut donner la priorité aux unités d'un fonds de travailleurs qu'aux actions admissibles au régime d'épargne-actions (REA). D'abord, juste sur le plan fiscal, les économies résultant d'un investissement dans les premières sont supérieures à celles d'un investissement dans les secondes. Les premières donnent droit à un crédit d'impôt de 15 % pour chacun des paliers de gouvernement (fédéral et provincial) alors que les secondes constituent un placement déductible qu'au provincial. De surcroît, la valeur actuelle du crédit d'impôt accordé dans le cadre des fonds de travailleurs est élevée puisque vous pourrez encaisser lesdites unités d'ici dix ans environ (peut-être moins), soit au moment où vous prendrez votre retraite.


Ensuite, le risque intrinsèque de placement est moins élevé dans le cas des fonds de travailleurs que dans celui du REA. La raison: le premier jouit d'une très grande diversification, se composant de titres d'un grand nombre d'entreprises privées et ouvertes en plus de détenir une part importante du portefeuille dans les titres du marché monétaire. Dans le cas du REA, vous investissez votre pécule dans une entreprise dite de faible capitalisation, ce qui rend le risque intrinsèque du placement plus élevé, parfois même très élevé.





Est-ce une bonne idée que d'acheter une rente?


J'ai l'intention d'acheter des annuités pour ma retraite, ce qui me donnerait 26 % de plus, et je planifie d'utiliser les indemnités de départ de mon conjoint ainsi que les miennes pour en payer une partie comptant. Croyez-vous que c'est une bonne idée et aurai-je droit à une déduction d'impôt?


Merci de vos précieux conseils.


Une lectrice assidue.


L. B. G.


L'achat d'une rente équivaut ni plus ni moins qu'à acheter une obligation négociable à très long terme (20 ans et plus). Aussi existe-t-il des périodes plus propices que d'autres pour acquérir de tels titres. Idéalement, vous devriez les acheter lorsque les taux d'intérêt ont atteint un sommet lors d'un cycle donné d'expansion économique. Pourquoi? Parce que vous vous assurez d'encaisser un rendement annuel fixe élevé de votre capital investi, et ce, pour une bonne partie de votre retraite. Et, dans le cas des obligations négociables, vous risquez d'encaisser un gain en capital élevé alors que leur valeur marchande grimpera au fur et à mesure que les taux d'intérêt baisseront, chose qui devrait se produire une fois les sommets cycliques atteints.


Le hic: la période actuelle ne correspond pas à celle décrite plus haut. En fait, elle en est l'opposé. C'est-à-dire que nous nous trouvons dans une période où les taux d'intérêt (en particulier dans le court terme) ont atteint récemment des planchers historiques. Ce n'est donc pas le temps d'acheter une rente viagère, sauf si vous vous trouvez en contraintes budgétaires importantes. Par contraintes budgétaires importantes, je veux dire se trouver dans une position financière telle que des revenus additionnels sont requis pour vous assurer un niveau de vie acceptable.


Dans un tel cas, l'achat d'une rente peut se justifier, car celle-ci peut effectivement vous procurer des revenus plus élevés que ceux de titres à revenus fixes tels que les obligations négociables, les certificats de dépôt, les dépôts à terme, etc. Plusieurs facteurs font qu'il en est ainsi. D'abord, parce qu'une rente mensuelle comprend le versement d'intérêts ainsi que le remboursement d'une partie du capital investi à l'achat de la rente. Ensuite, les termes et conditions feront que certaines rentes seront plus élevées que d'autres. La rente viagère sans aucune garantie sera toujours la plus élevée. Sans aucune garantie signifie qu'à votre décès, la rente cesse d'être versée. Par exemple, vous achetez aujourd'hui une rente au prix de 100 000 $ et vous mourez demain: la compagnie d'assurance-vie empoche le magot et ne versera aucune mensualité à vos héritiers. Par contre, s'il s'agit d'une rente garantie, la compagnie d'assurance-vie devra effectuer les mensualités après votre décès à vos héritiers, et ce, pour la durée de la période garantie. Il existe également des rentes réversibles à 60 % (pourcentage qui peut varier) en faveur du conjoint survivant. Dans tous ces cas, à cause des privilèges qu'elles comportent, ces rentes procureront des mensualités moins élevées que celles d'une rente viagère irréversible sans aucune garantie.


Notez enfin qu'il est essentiel de bien magasiner avant d'acheter une rente viagère, les mensualités offertes pour un investissement initial donné pouvant varier grandement d'une institution à une autre. Pour ce faire, je vous invite à retenir les services d'un courtier en rente, tel qu'André Matte (514 284-0606) que j'ai consulté pour répondre à votre question.


Enfin, si vous n'avez pas un besoin urgent d'encaisser des revenus additionnels, vous devriez repousser l'achat d'une telle rente à plus tard, soit au moment où les taux d'intérêt seront plus élevés (7 % et plus dans le long terme). D'ici là, vous pourriez investir vos économies et indemnités de départ dans les obligations négociables de grande qualité d'une durée de six ans environ (ne les achetez que lorsque leur rendement composé annuel à l'échéance est d'au moins 5,50 %). Par obligations négociables de qualité, j'entends les obligations émises par le gouvernement canadien ou ses organismes (telle la Société canadienne d'hypothèques et de logement), par les provinces et leurs services publics (tels Hydro-Québec, les cégeps, les hôpitaux et les universités) et les municipalités.


Quant aux déductions fiscales, les rentes n'en accordent pas. Sauf que si vous achetez une rente avec du capital hors REER, vous vous trouvez alors à acquérir une rente prescrite dont l'amortissement du capital investi se fait dans les dix premières années environ. La portion intérêts (qui est imposable) de ces rentes est donc faible durant ces années. Quant à la portion remboursement du capital, qui est très élevée, elle n'est pas imposable.