Fonds d'investissement - Le retour de Radlo

En décembre 2006, j'avais rapporté le départ d'un gestionnaire-vedette de la firme Fidelity, Alan Radlo. Le départ d'un gestionnaire d'une telle envergure est rarement une bonne nouvelle, surtout quand celui-ci a la responsabilité d'un actif de plus de 9,6 milliards. Le départ d'un tel personnage amène toujours la pertinence de réexaminer la détention des fonds touchés et d'analyser l'utilité de conserver nos unités.

Le seul fonds dont M. Radlo avait l'entière responsabilité était le Fidelity Expansion Canada, un fonds ayant un actif de 1,3 milliard, à son départ, et composé de titres canadiens de moyenne capitalisation. La feuille de route à long terme de ce gestionnaire était plutôt solide. Depuis la création du produit en juillet 1994, il avait été en mesure de générer d'intéressants rendements. Les deux dernières années avaient été plus difficiles pour le gestionnaire, ce dernier ayant obtenu des rendements inférieurs à ses indices de référence. Peut-être est-ce en raison de cette sous-performance récente que le lien entre Radlo et Fidelity s'est terminé. Toujours est-il qu'aucune raison précise n'a été fournie pour expliquer le départ.

La bonne nouvelle fut toutefois l'arrivée à la barre de Maxime Lemieux. Ce dernier a rapidement pris les choses en main, a amélioré les rendements du fonds versus les indices de référence et son classement parmi ses pairs. Nous pourrions nous poser cette question: au cours des dernières années, l'élève s'est-il permis de dépasser le maître? Le constat: la feuille de route de Maxime Lemieux au cours des cinq dernières années est plus intéressante que celle d'Alan Radlo.

J'avais d'ailleurs écrit ceci à l'époque: «En considérant tous ces éléments, il n'y a pas lieu pour le détenteur de parts de s'alarmer ou de changer son plan d'investissement personnel. Au contraire, dans le présent cas, la réponse de Fidelity est une bonne nouvelle qui a de quoi mettre en confiance les investisseurs.» Par contre, l'idée de conserver le Fidelity Expansion Canada et le Fidelity Potentiel Canada ne me semblait pas une bonne idée, leur corrélation étant très élevée (à 0,90).

Une autre bonne nouvelle. Depuis janvier dernier, M. Radlo reprend du service, il est maintenant de retour comme gestionnaire pour les investisseurs canadiens, cette fois pour la famille de fonds Cambridge, faisant partie du groupe de Placement CI. Cambridge compte pour l'instant trois fonds: un fonds d'actions canadiennes, Catégorie de société d'actions canadiennes; un fonds canadien équilibré, Catégorie de société canadienne de répartition d'actifs Cambridge; et un fonds mondial, Catégorie de société d'actions mondiales.

Ces trois fonds sont finalement le reflet des fonds-vedettes dont M. Radlo avaient la responsabilité avant son départ de chez Fidelity. Son fonds d'actions canadiennes devrait ressembler davantage au fonds Fidelity frontière Nord, dont il avait la responsabilité jusqu'en 2002, qu'au fonds Fidelity Expansion Canada.

M. Radlo ne réinvente rien; ce n'est pas nécessaire non plus. Seulement trois fonds, mais c'est plus que suffisant pour répondre aux besoins de plus de 99 % des investisseurs, surtout que, comme à son habitude, son fonds de répartition d'actif, tout comme son fonds d'actions canadiennes, pourra contenir un certain pourcentage de titres mondiaux.

Évidemment, pour tous ceux qui ont connu M. Radlo et qui se sont enrichis grâce à son expertise unique, la tentation d'acquérir des unités de ces nouveaux fonds est très grande, et avec raison, mais j'aimerais apporter quelques mises en garde.

Il est inutile de garder des unités des fonds Fidelity qui étaient sous la supervision de M. Radlo tout en détenant des unités des nouveaux fonds Cambridge. Inutile... parce que leur corrélation sera à coup sûr très élevée. Vendre vos fonds Fidelity pour les transférer dans les fonds Cambridge n'est pas une mauvaise idée, mais assurez-vous d'abord que vous n'aurez pas à payer d'impôt sur vos gains accumulés à l'extérieur d'un régime enregistré. Il est clair pour moi que M. Radlo demeure l'un des meilleurs gestionnaires disponibles et qu'acquérir des unités de ses nouveaux fonds est une excellente occasion de placement. Mais sachez que les faibles rendements obtenus par les investisseurs versus ceux obtenus par les différents indices sont trop souvent dus aux nombreuses transactions effectuées par les investisseurs. Est-ce nécessaire d'augmenter vos frais qui affectent directement vos rendements? (À consulter: le site www.ci.com)

Renaissance marchés mondiaux

À la suite du départ d'Anthony Rawlinson comme gestionnaire, ce fonds a soulevé certaines inquiétudes en 2006. David Winters en avait pris les commandes au même moment, lui qui avait géré les fonds Mutuel Balise et Mutuel découverte de Templeton à l'époque. Il est maintenant rassurant de constater que celui-ci a su bien prendre en main la gestion de ce fonds mondial. Les rendements sont au rendez-vous et l'actif sous gestion ne cesse d'augmenter depuis.

M. Winters est un gestionnaire de style valeur, et malgré le «piètre» rendement des fonds de la catégorie mondiale au cours des 12 derniers mois avec -13,2 %, celui-ci a su maintenir le rendement du fonds Renaissance marchés mondiaux avec -4,1 % seulement. Assez exceptionnel dans le marché actuel. Ce fonds est d'ailleurs classé de premier quartile sur un, deux et trois ans. Son rapport risque/rendement est l'un des plus intéressants de sa catégorie. Une rentabilité supérieure à ses confrères, associée à un risque plus faible dans sa catégorie. Le fonds est composé de plus de 30 % d'actions américaines et à près de 50 % de titres internationaux, un faible 3 % est composé d'actions canadiennes. (À consulter: le site www.investissementsrenaissance.ca/)

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