Technologie - Une nouvelle génération de robots de compagnie

Source Ugobe
Pleo est un petit dinosaure qui cherche le contact et qui cherche à interagir avec son entourage. Grâce à une petite camera placée au bout de son nez, Pleo voit son environnement, un environnement qu’il cherche rapidement à apprivois
Photo: Source Ugobe Pleo est un petit dinosaure qui cherche le contact et qui cherche à interagir avec son entourage. Grâce à une petite camera placée au bout de son nez, Pleo voit son environnement, un environnement qu’il cherche rapidement à apprivois

Étrangement, à mon retour du Consumer Electronics Show, je n'avais pas vraiment envie de parler de téléphone cellulaire, de baladeur rempli de gadgets ou de super téléviseur HD. Non, j'avais plutôt envie de vous présenter un petit Camarasaurus dont j'avais fait la rencontre dans les couloirs d'un chic hôtel de Las Vegas. Le petit dinosaure Pleo, âgé d'une semaine, demeure pour moi la découverte de l'édition 2008 du CES.

Vous vous souvenez peut-être du chien robot Aibo de Sony, une des premières tentatives commerciales importantes pour promouvoir l'adoption d'un robot intelligent comme animal de compagnie. Au coût de 2000 $ le cybercanin, l'animal revenait cher à l'achat, même si à long terme on pouvait économiser sur l'achat de la nourriture, les visites chez le vétérinaire et le temps passé à ramasser les crottes de l'animal. Mais, à ce prix-là, aussi charmant que soit Aibo, Sony a bien compris qu'il fallait offrir encore mieux et, surtout, pour moins cher.

C'est exactement ce qu'a aussi compris une entreprise californienne créée par Caleb Chung, le père du gremlin Furby qui s'est vendu à plus de 40 millions d'exemplaires. En créant Ugobe en 2005, Caleb Chung a voulu s'entourer d'un groupe de spécialistes multidisciplinaires avec un seul but commun: transformer, grâce à la robotique, des objets inanimés en créatures réalistes. Et le petit dinosaure Pleo est le premier robot de cette nouvelle génération à sortir sur le marché.

Un robot attachant

Évidemment, ce qui frappe au premier abord, ce n'est pas la robotique. On a devant nous, ou dans nos bras, un petit dinosaure qui cherche le contact, qui cherche à interagir avec son entourage. Grâce à une petite camera placée au bout de son nez, Pleo voit son environnement, un environnement qu'il cherche rapidement à apprivoiser. De plus, un haut-parleur au creux de sa gorge émet des sons que l'on associe facile à ceux d'une créature de cette taille. Et l'équipe de création a su marier le comportement d'un corps de petit dinosaure à certains comportements que l'on retrouve chez un chaton et un chiot. Résultat, les gestes de Pleo nous semblent beaucoup plus familiers et nous permettent rapidement de nous attacher au robot.

D'ailleurs, lors de ma première rencontre avec Pleo, le directeur de la technologie d'Ugobe, John Sosoka, m'expliquait comment celui-ci pouvait être utile dans un contexte de zoothérapie, à défaut d'avoir un vrai animal sous la main. Et c'est effectivement quelque chose que l'on perçoit rapidement. Pour l'avoir testé pendant le week-end avec quelques enfants à la maison, bien que le robot ne soit pas recommandé pour des enfants de moins de huit ans, une relation s'installe rapidement entre le petit Pleo et l'entourage immédiat.

Une réaction que j'avais également observée dans les corridors de l'hôtel alors que l'équipe de Ugobe était assaillie par de nombreux curieux attirés par le petit dinosaure vert et brun. Personne n'a pu se retenir de caresser l'animal et, encore mieux, de lui adresser quelques mots gentils. Un type de réaction que je n'avais jamais vu avec l'Aibo de Sony, le Robot Raptor de WowWee ou d'autres robots du genre.

Équipé d'une caméra au bout du nez, d'un microphone de chaque côté de la tête pour entendre, de huit capteurs pour sentir les contacts à la tête, au cou, sur les épaules, le dos et les pieds, un sous chaque patte pour détecter les surfaces, un détecteur d'orientation pour savoir s'il est sur une surface, dans vos bras ou pendu au bout de sa queue (ce qu'il déteste...), 14 détecteurs de profondeur et de pression pour autant de jointures et un capteur infrarouge qui lui permet de détecter des objets dans sa bouche, le Pleo a de quoi surprendre la galerie. Cependant, une chose nous rappelle que nous sommes en présence d'un robot, et c'est le son de toute cette quincaillerie qui fonctionne sous la peau du petit robot. Un son auquel on s'habitue et que l'on oublie rapidement.

Autre innovation, le Pleo est évolutif. Le robot est vendu avec un mini port USB pour recevoir des mises à jour et un port pour une carte flash pour lui ajouter des comportements à la carte. Tout ça, géré par un ordinateur interne qui fonctionne avec trois processeurs qui se partagent les divers contrôles du robot.

Selon plusieurs analystes, le Pleo représente cette nouvelle génération de robots de compagnie. Des robots qui, un jour, pourront être reliés à un superordinateur central qui leur permettra d'analyser en temps réel des situations et des événements et de présenter un comportement en fonction de ceux-ci.

Entre-temps, pour ceux qui seraient désireux de faire l'acquisition d'un Pleo, celui-ci n'étant pas encore vendu au pays, il est possible de l'acheter en ligne. Bien que la demande soit forte depuis le CES, certains commerçants tiennent toujours le robot en stock. Chez Ugobe, on me dit pouvoir répondre à toutes les commandes d'ici le mois de mars. Mais, de l'autre côté, en moins d'une semaine, j'ai reçu celui que j'avais commandé à partir du site Amazon. C'est d'ailleurs là que j'ai trouvé le meilleur prix pour un Pleo. Amazon l'offre à 304 $US, alors qu'il est normalement vendu au prix de 350 $US. Mais en cherchant bien, vous trouverez peut-être mieux.

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bguglielminetti@ledevoir.com

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).

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2 commentaires
  • Rironie - Inscrit 21 janvier 2008 11 h 35

    Je ne sais pas pourquoi...

    Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant votre article je pensais aux jeunes mères, au Mexique et au Honduras, qui vendent les yeux de leurs enfants (pour fin de transplantation de cornée), afin de pouvoir leur offrir à manger. Et ça me rendais triste...

  • Daniel Pinard - Inscrit 30 janvier 2008 01 h 25

    tres interessant

    j ais deja un petit robot a la maison pis j aime ca
    ci sa vaut vraiment le cou pour moi c est un passe temps la tech...