Fonds d'investissement - Plus et moins de 2007

L'année qui vient de se terminer a été plutôt difficile pour la très grande majorité des investisseurs. Le dollar qui fait des siennes devant la monnaie de nos voisins du Sud, le marché obligataire qui a connu six bons mois et six mois de débandade; par contre, notre indice a réussi à dégager un honnête 9,8 % en 2007. Mais un tel résultat n'est justifié que par la hausse de seulement sept titres (Alcan, BCE, Canadien National, Encana, Potash, Research in Motion et Suncor), composant notre indice de référence. Si vos fonds ne contenaient pas dans une proportion importante ces sept titres, le rendement de votre portefeuille a obtenu à coup sûr un rendement négatif. Mais sept titres sur l'ensemble des entreprises qui composent notre indice, c'est finalement l'exception plutôt que la règle.

Lorsque nous considérons le rendement obtenu par notre indice de référence de la Bourse de Toronto, nous ne devons pas oublier le rendement décevant de nos investissements étrangers. Pas nécessairement à cause du choix des titres ou de la région géographique dans la répartition de votre portefeuille, puisque toutes les grandes Bourses du monde, sauf le Japon, ont connu un rendement positif en 2007 en monnaie locale, mais plutôt à cause de la vigueur de notre devise, qui a connu une augmentation de valeur de plus de 15,2 % en 2007, ce qui réduit d'autant le rendement de vos investissements libellés en dollars américains.

Si nous analysons le rendement des meilleurs et des pires fonds offerts aux investisseurs canadiens, on constate que le meilleur est Marquest Bridge, avec un rendement de 74,2 % en 2007, et le pire, Horizons Betapro Crude Oil Bear A+. Vous ne connaissez pas ces fonds? Il n'y a rien là d'anormal, moi non plus je ne les connais pas! Le meilleur n'existe que depuis juin 2005, et avec moins de 17 millions d'actifs sous gestion, alors que le pire en possède 1,7 million. Ensemble, ils ne représentent qu'une infime goutte d'eau dans notre univers de fonds disponibles au Canada.

Au 31 décembre dernier, selon Morningstar, il y avait un peu plus de 6000 fonds disponibles pour les investisseurs canadiens. De ce nombre, toute catégorie confondue, seulement 50 % ont produit un rendement positif en 2007 et à peine 1000 ont eu un rendement de plus de 5 %. Évidemment, les résultats sont décevants, mais sans surprise. La Bourse est ainsi caractérisée: les années se suivent mais ne se ressemblent pas.

Parmi les catégories de fonds qui se sont démarquées viennent, en tête de liste, les fonds de l'Amérique latine, avec un rendement moyen d'un peu plus de 20 %, tout comme les fonds de l'Asie (excluant les titres du Japon). Les fonds des marchés émergents ne sont pas très loin, suivis des fonds de ressources naturelles, incontournables sur le marché canadien et dont une grande participation se retrouve dans les portefeuilles de la plupart des investisseurs canadiens.

2008

À quoi doit-on s'attendre pour 2008? Ne comptez pas sur moi et ma boule de cristal pour faire des prédictions; par contre, certains fonds sont sur ma liste à surveiller en 2008 et vous pourriez même en acquérir quelques unités pour vos portefeuilles.

Pour ceux qui considèrent la volatilité (le risque) comme un facteur important mais qui désirent profiter de la croissance économique, le fonds Banque Nationale dividendes fait toujours partie de mes fonds préférés. D'abord et avant tout parce que c'est l'un des fonds contenant le plus d'actions privilégiées dans son actif sous gestion, avec un peu plus de 40 %, mais aussi parce qu'un peu plus de 30 % du portefeuille est investi dans des titres des services financiers et environ la même proportion dans le secteur de l'énergie. Sans faire de prédictions, ce qui n'est pas ma spécialité, on peut imaginer que les titres bancaires canadiens reprendront le chemin de la croissance dès que les mauvaises nouvelles concernant les titres d'emprunts s'estomperont. Ce type de fonds produit historiquement des rendements d'environ 8 % à long terme, alors que le rendement n'a été que de -1,6 % depuis 12 mois. Une baisse explicable et qui offre une occasion intéressante pour les investisseurs. Les gestionnaires en place sont Virginia Wai-Ping et Francis Pelletier depuis avril 2006.

Le fonds GGOF dividendes mensuels me semble également une excellente cible, avec 58 % d'actions privilégiées dans son actif sous gestion. Son rendement historique se situe, tout comme le fonds de la Banque Nationale, aux alentours de 8 % et son risque associé est beaucoup plus faible que la moyenne des fonds d'actions canadiennes. La catégorie de titres d'énergie accapare 33 % du portefeuille, alors que le secteur des services financiers domine avec plus de 42 % du portefeuille. La supervision de ce fonds est sous la responsabilité de John Priestman depuis juin 1990.

Dans le même style, il y a le fonds CI Signature dividende, sous la supervision de l'excellent gestionnaire Éric Bushell. Le rendement de la dernière année a été décevant, avec un rendement négatif de 5,1 %. Historiquement, c'est la baisse la plus importante de ce fonds. Une telle faiblesse s'explique par une exposition en services financiers de plus de 48 %, un secteur durement touché par de nombreuses mauvaises nouvelles depuis quelques mois, et par sa sous-exposition (23 %) dans le secteur de l'énergie.

Ces trois fonds sont plutôt semblables en ce qui concerne leur mandat et leurs résultats. Chacun est considéré comme à faible risque tout en procurant des rendements intéressants, et s'adresse particulièrement aux investisseurs patients et intolérants aux grands risques. Ce ne sont pas des fonds de premier quartile parmi les fonds de grandes capitalisations canadiennes, ce qui n'est pas leur but, mais le ratio risque-rendement est très intéressant et permet à l'investisseur de préserver la qualité de son sommeil en tout temps.

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question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.

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1 commentaire
  • Jacques Lalonde - Inscrit 19 janvier 2008 11 h 40

    J'irai le voir un jour

    Oui, j'irai le voir un jour prochain, mon courtier, en lui demandant de commenter cette chronique si pertinente et éclairante de Michel Marcoux. En ces temps de fluctuations en dents de scie, les investisseurs surtout les moins familiarisés avec les réalités complexes du marché, pourront tirer profit des indications de cette chronique. À bon entendeur salut ! J'arrive avec copie de cette chronique !

    jlalonde@ca.inter.net