Fonds d'investissement - Bilan et suggestions

L'année 2007 s'est révélée plutôt modeste pour le marché canadien en comparaison avec ce que nous avons connu au cours des quatre années précédentes. En effet, l'indice S&P/TSX a monté de 6,1 % cette année comparativement à une hausse moyenne de près de 20 % pour les quatre dernières années.

Au cours des prochaines années, je crois que l'investisseur doit également s'attendre à des montées plus modestes que celles auxquelles on s'est habitué de 2002 à 2006. Il faut se rappeler qu'à long terme la Bourse grimpe, en moyenne, d'environ 7 % par année.

Croire que le marché peut continuer à générer des rendements annuels de l'ordre de 20 % est carrément utopique.

D'autre part, en 2007, le marché canadien a obtenu un rendement légèrement supérieur au marché américain. L'indice américain S&P 500 a augmenté de 5,5 %. Les titres du secteur bancaire ont été particulièrement touchés chez notre voisin du Sud, et ce, à cause de la crise hypothécaire. Selon le gestionnaire Joel Tillinghast de Fidelity, la reprise de ces titres suivra celle du marché immobilier, et la remontée risque donc de prendre du temps. Il ajoute qu'il faudra plus qu'une simple baisse de taux pour relancer ce secteur.

Les meilleurs rendements

En ce qui concerne les différentes catégories de fonds, au sommet des rendements trônent les fonds des marchés émergents, avec un résultat sur un an de 28,2 %. Cette montée fait suite à des rendements similaires au cours des deux années précédentes. Dans cette catégorie, ce sont les fonds qui s'intéressent particulièrement à la région du BRIC qui ont su davantage se démarquer. Les quatre pays émergents que constituent le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine ont propulsé le Templeton catégorie société BRIC au sommet de sa catégorie. Ce fonds géré par le très expérimenté Mark Mobius a enregistré une hausse de pas moins de 42,7 % sur un an.

En deuxième position au chapitre des rendements, on trouve la catégorie des fonds de la région Asie-Pacifique.

Le Fidelity Chine s'est particulièrement distingué avec une hausse de pas moins de 66 %. Le gestionnaire investit dans des titres chinois cotés sur les Bourses de Chine et Hong Kong, ainsi que dans les titres de sociétés non chinoises réalisant une grande partie de leurs gains grâce à la Chine. Notons également la bonne performance du TD croissance asiatique géré par l'équipe de Martin Currie, qui obtient un rendement de 36,4 % sur un an.

Les cinq principales positions géographiques du fonds sont l'Australie (24,8 %), Hong Kong (19 %), la Corée (19 %), Taiwan (9,9 %) et la Chine (9,1 %).

Les fonds consacrés aux ressources naturelles viennent pour leur part en troisième position, avec une hausse de 8,8 %.

Il s'agit d'une performance beaucoup plus faible que celle que nous avons connue pour chacune des quatre années précédentes. Dans cette catégorie, c'est le RBC mondial ressources qui remporte la palme, avec un rendement sur un an de 35,7 %.

Les pires rendements

Du côté des catégories ayant obtenu les pires résultats pour 2007, on trouve en première position les fonds d'actions japonaises, avec un recul de 15,5 %. Rappelons que le Japon constitue la deuxième plus grande économie au monde et le troisième marché boursier. Il compte pour 11 % de la pondération du MSCI monde, ce qui n'est pas rien. Le fonds japonais qui affiche la perte la plus considérable est l'AGF catégorie titres actifs Japon. Le recul est de 24,1 % sur un an. Encore une fois, notons que les fonds de cette catégorie ont été désavantagés par la hausse de 13,7 % du dollar canadien face au yen japonais.

Ensuite, on trouve les petites capitalisations américaines, avec un recul de 8,1 %. Évidemment, étant donné la montée spectaculaire du huard en 2007, qui atteint presque 20 % depuis le début de 2007, les fonds américains non protégés contre les fluctuations de devises ont été affectés de plein fouet.

Dans cette catégorie, la pire performance provient du Brandes actions américaines, avec un rendement de -32,8 % sur un an.

En troisième position pour ce qui est des pires rendements, on trouve les fonds d'actions américaines à moyenne et grande capitalisation. Le pire rendement provient du AIC ciblé américain, qui a perdu 37,9 %.

Suggestions

Ma suggestion pour 2008 est de diversifier intelligemment. La tentation est souvent grande de concentrer ses avoirs dans les secteurs qui ont bien fait au cours des années précédentes. Ce genre de stratégie augmente nécessairement le risque. Les meilleurs secteurs gardent rarement leur position de tête pour une longue période.

Diversifier intelligemment signifie tout d'abord être présent dans les deux grandes classes d'actif que sont les actions et les obligations.

Cette dernière classe d'actif est malheureusement trop souvent négligée dans le portefeuille des «petits investisseurs» en raison du faible rendement généré au cours des dernières années. Les fonds d'obligations gardent toutefois toute leur raison d'être étant donné qu'ils atténuent le risque d'un portefeuille.

L'investissement à l'étranger fait également partie intégrante d'une bonne diversification.

Évidemment, ce genre d'investissement expose l'investisseur à des risques supplémentaires: fluctuations des devises, bouleversements politiques et économiques, marchés peu réglementés.

Mais d'un autre côté, c'est un investissement qui peut donner accès à des marchés à croissance rapide ainsi qu'à des marchés bien établis ayant des caractéristiques différentes du marché canadien.

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question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.

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