Hors-jeu: Si vous voulez

Vous avez raté le grand événement de dimanche, la victoire de nos Alouettes qui rapportent la coupe Grey à Montréal pour la première fois depuis si longtemps qu'à l'époque, ils jouaient au football canadien, si vous voulez, avec pas de Claude Mailhot, si vous voulez, partout pour nous divertir en toute heure en tout lieu et en toute langue? (Ben oui, quoi, nos Alouettes. N'avez-vous point la fibre possessive et le sentiment d'appartenance à fleur d'épaulette en cette semaine de jouissives libations? La Gazette l'a dit: «The Cup is Ours!» Le Journal de Montréal l'a dit: «À nous la coupe Grey!» Or on ne peut aller contre l'information neutre et objective et pas racoleuse pour deux sous.)

Vous l'avez raté, donc? Pis de panaque! Qu'à cela ne tienne! N'en ayez cure! Contrecalfeutrez-vous-en avec un sain recul! Car pour tout savoir et encore plus et vivre l'expérience comme si vous y aviez été même saouls, il y a le site Internet bilingualistique de la League Canadian deu Football, j'ai nommé www.cfl.ca, qui nous sert de nouveau et pour notre plus grand plaisir sa suave torontonienne's prose.

Tête de ligne: Les Alouettes de Montréal sont les champions de la Coupe Grey!

Sub-titre: Les Alouettes triomphent lors de leurs deuxième apparition en trois ans.

Body du texte commentaté: «Edmonton — Avec une excitante victoire de 25-16 win contre l'hôte, les Eskimos d'Edmonton, les Alouettes de Montréal sont devenu la quatrième équipe, en 30 ans d'histoire, à battre l'équipe hôte [NDLR: À noter, les Eskimos étaient l'équipe hôte. Avec un quart-arrière, Ricky Ray, qui travaillait à la livraison de croustilles il y a deux ans à peine, on peut aussi parler d'équipe Hostess] lors d'une présence au match de la coupe Grey.

«Les Alouettes de Montréal ont participé au match à 11 reprises depuis 1909, et ont maintenant amélioré leur statistiques en atteignant la marque de 5-7 [NDLR: Maudit français à marde, même les chiffres arrivent pas dans c'te langue qu'on serait bien mieux avec pas]. Il faut remonter à 1977 pour se rappeler que de la dernière fois qu'une équipe de Montréal a battu une équipe d'Edmonton lors d'une finale de la coupe Grey: ceci étant lorsque les Alouettes marchèrent sur les Eskimos avec la marque de 41-6 [NDLR: Me semblait aussi que ces francofaunes avaient des petits penchants fascistes].

«Ironiquement, ce match fut joué au stade Olympique de Montréal. Avec cette victoire, Montréal peut finalement finalement [NDLR: Finalement] se débarasser du mauvais souvenir de leur dernière apparence au match de la coupe Grey contre les BC Lions en 2000 ou ils avaient alors perdu avec la marque de 28-26.

«De la même façon, l'entraîneur chef Don Matthews améliore sa statistic à 5-2 en ce qui a trait à sa presence au match de la coupe Grey et deviant ainsi le premier home [NDLR: Même si les Alouettes jouaient à l'étranger contre les Eskimos, l'autre équipe qui était aussi l'hôte équipe] à y participer 7 fois en tant qu'entraîneur chef, un nouveau record de participation [NDLR: Puisqu'il est le premier, on peut même aller jusqu'à parler d'un nouveau record sans précédent qui n'avait jamais été égalé auparavant].

«La victoire permet aussi à Matthews d'égaler le record du plus grand nombre de victoires avec Hugh Campbell, Frank Claire [NDLR: son nom est en réalité Frank Clair, mais faut bien mettre un peu de frança là-dedans] et Lew Hayman, record qui est de 5 en tant qu'entraïneur chef [NDLR: attendez un instant, je pose un dossier de 5-2, les autres ont remporté cinq victoires, j'obtiens donc que le record est égalé. Hé les gars! La statistic arrive flush! On est fluents dialectal!].

«Pour ce qui est du nombre de victoires de Montréal lors d'un affrontement en final contre Edmonton, les Alouettes en sont maintenant à la marque 3-6. Il faut remonter à 1979, à Montréal, ou les Eskimos avaient remporté la coupe avec la marque de 17-9 [NDLR: Remonter pourquoi, vous devriez bien être capables de le trouver tout seuls].

«Ceci est la première fois depuis 1999 [NDLR: Autant dire une éternité, deux de suite pour l'Ouest] qu'une équipe de la division Est est couronnée championne. Ceci est aussi la 22e fois depuis 1954 qu'un club de l'Est réclame à coupe [NDLR: À coupe. Ça n'a l'air de rien, mais ils prennent l'accent vite] par la victoire [NDLR: Le Canada étant ce qu'il est, poli et tout, on a longtemps maintenu la coutume de remettre la coupe Grey au perdant. La tradition des décisions bizarres persiste d'ailleurs, ainsi qu'en témoigne le titre de joueur du match à Anthony Calvillo qui a complété 11 passes en 31 tentatives].»

Voilà. Quand je vous disais que ce serait comme si vous y étiez.



Et pendant que le salaire annuel total des joueurs de l'équipe des Alouettes au complet s'élève à environ 2,4 millions de dollars Canadian Tire (chantés par Dan Bigras), José Théodore, oui lui-même en personne qui a donné sept buts à Caroline samedi soir, gagne à lui seul 5,5 millions $US, et il déclare: «Je ne me suis jamais mis dans la tête qu'il fallait que je répète mes exploits de l'an dernier.»

Non, en réalité, ce qu'il s'est mis dans la tête, c'est qu'il allait être payé dix fois plus peu importe son rendement.



Un peu de rugby pour finir? Il peut être promis à de grandes choses, le rugby. Considérez plutôt les propos de David Clark, entraîneur de l'équipe canadienne défaite samedi par la France (35-3), qui parlait la semaine dernière de la longue marche du Canada vers une certaine respectabilité internationale dans le domaine.

«Les gens qui doivent mener un combat dans leur vie deviennent très résistants et très forts», a dit Clark. «Nelson Mandela et Gandhi ont dû se battre toute leur vie avant de devenir des puissances internationales. Peut-être que le combat que mène le rugby canadien aura la même issue.»

Bon, vous réfléchissez à tout ça parce que moi je fatigue, vous faites une apparence à la parade de nos Alouettes demain et vous en profitez pour saluer Claude Mailhot. Si vous voulez.

jdion@ledevoir.com