Mieux-être - Le poids des seins

Il y a plus, dans un soutien-gorge, que les seins qui y logent. Il y a la féminité, la séduction, la sexualité. La qualité de notre peau, la vigueur de nos glandes et la tonicité des muscles entourant nos seins se sont aussi invitées. L'alimentation influence la santé de notre peau. Et n'oublions pas l'obsession des hommes, la comparaison entre les femmes...

Quand j'ai vu la publicité de Lingerie Marietta montrant un soutien-gorge bien trop petit sur une poitrine bien en chair, avec le titre «85 % des femmes ne portent pas la bonne taille... », je me suis dit, sans y prêter foi: «Au moins, c'est drôle.»

J'ai trouvé ça moins comique quand les deux jeunes mannequins d'agence se sont présentées à un tournage en ne portant pas la bonne taille de soutien-gorge et sans savoir qu'il faut placer le sein dans le bonnet de façon à ce que le mamelon soit au centre.

Excusez-moi d'être si directe, mais votre soutif de tous les jours est-il vide en haut? L'espace entre les deux bonnets ne colle pas bien à votre peau et l'élastique gondole dans votre dos? Les bretelles ont creusé deux sillons dans vos épaules au fil du temps? Quand vous levez les bras, le soutien-gorge se plisse et vous suit? Des bourrelets disgracieux résident en permanence sous vos aisselles? Pas besoin d'être volumineuse: même les minces qui ont choisi des remontants trop longtemps ont fini par tasser les chairs sur le côté. Quel gâchis, toutes ces années à porter un soutien-gorge qui nous abîme au lieu de nous célébrer!

On le dit partout: la plupart d'entre nous, mesdames, ne portons pas la bonne taille. Je suis allée rencontrer Chantal Labrèche à la Lingerie Marietta, sur le boulevard de la Concorde. On a jasé une petite heure avant que je passe dans la cabine d'essayage. Mme Labrèche déplore cette négligence des seins. Comme notre visage, il n'y a pas deux paires de seins pareilles et, tout au long de notre vie, nos seins vont changer. On est enceinte, on perd du poids, on prend des médicaments, on prend soin ou non de notre peau, on vieillit... tout ça influe sur les seins.

Sans compter qu'on a la cage thoracique plus en avant ou le torse plus long: notre anatomie définit aussi nos seins, c'est évident. Ajoutons à cela que les soutiens-gorges nous proposent aussi leur vision, à dessein...

On n'a pas une taille pour tous les soutifs, croyez-moi sur parole! Corbeilles, plongeants, invisibles, sans bretelles ou à bretelles croisées, soutifs plus corsets ou plus couvrants: tous ont leur forme, et nous ne sommes pas des donneuses universelles!

Il y a celles d'entre nous qui ont opté pour un soutien minimizer, disons par pudeur (comme si on pouvait ne jamais les remarquer). C'est la pire chose qu'on puisse faire à des seins, dit Mme Labrèche, qui m'explique du coup que pour avoir une bonne posture, nous devons faire un angle droit entre le milieu du sein, le milieu de l'épaule et le milieu du bras. On doit pouvoir passer un doigt sous la bretelle. L'erreur courante? «Les femmes achètent plus grand du dos pour combler le devant.» Autrement dit, on utilise la taille du bonnet pour la taille du thorax. Erreur fatale.

Un bon soutien-gorge est un lifting instantané qui vous fait paraître dix livres de moins. Il y a tous ces calculs que vous trouverez sur Internet ou dans les petits magazines: prenons cela avec désinvolture. Il n'y a rien comme une bonne séance d'essayage pour en avoir le coeur net. On peut acheter un bon soutif avec une corsetière — il en reste quelques-unes —, puis utiliser cette expérience pour flirter avec tous ces endroits qui vendent du rêve à bon marché. Mais de grâce, ne faites pas comme moi: ne croyez pas que maintenant qu'on connaît notre taille, on peut acheter sans essayer. C'est de l'argent jeté par les fenêtres!

Combien de temps garde-t-on cet élément essentiel de notre lingerie? Combien nous en faut-il pour parer à toute éventualité?

Si on se donne la peine de les laver à la main chaque fois qu'on les porte, donc de ne pas les porter deux jours de suite, on peut garder un bon soutien-gorge deux ou trois ans. Il en faut au moins trois dans ses tiroirs. Pour faire du sport, on achète un soutien-gorge adapté: il y a des tables de mesures pour ça. D'autres corsetières croient que nous devons remplir nos tiroirs d'une dizaine de soutifs, deux noirs, deux nus, un sport, un sans bretelles, un plongeant, un super sexy pour les occasions et deux plus ordinaires pour tous les jours.

Mme Labrèche a vu des femmes d'affaires aux yeux pleins d'eau, émues de voir que ça pouvait être si beau! Oprah a avoué à son émission que son nouveau soutif, désormais bien ajusté, était comme une seconde peau: elle ne le sentait pas. C'est ce que devrait être un soutien-gorge: discret, valorisant, un ami qui nous veut du bien. Alors, vous ferez peut-être comme moi: vous passerez devant une poubelle avec tous les modèles couci-couça, et bye-bye le musée des horreurs!

vallieca@hotmail.com

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1 commentaire
  • Isabelle Sawyer - Inscrite 26 mars 2007 23 h 12

    À la poubelle?

    C'est donc dans l'absence de valorisation de nos matières que vous invitez à une consommation plus adaptée. Ce serait beaucoup plus responsable d'inviter les gens à donner et à réparer plutôt qu'à jeter!