Fonds d'investissement -Les fonds BMO

La série de chroniques concernant les fonds offerts par les banques m'amène vers les fonds de la Banque de Montréal (BMO). Avec un actif sous gestion de près de 40 milliards, la famille de fonds BMO occupe la septième place au Canada. Un joueur non négligeable, malgré la restructuration annoncée cette semaine.

Comme la qualité du service à la clientèle est un aspect important à considérer avant d'opter pour un groupe, soulignons que la famille de fonds BMO a été récemment récompensée à ce sujet. Dalbar, une firme de recherche en services financiers, a sélectionné la famille de fonds BMO comme étant celle qui a fourni le meilleur service à ses investisseurs en 2006. Pour arriver à cette sélection, on a considéré quatre critères: «la qualité du service téléphonique offert par les représentants, l'efficacité des communications par courriel, le temps d'attente au téléphone et le temps de réponse aux courriels». De manière générale, on peut dire que les grandes familles de fonds offrent un excellent service à la clientèle.

La famille de fonds BMO est constituée de 45 fonds qui ont un historique de plus de cinq ans, dont 12 sont de premier quartile et 11 de deuxième quartile, ce qui est très bien, surtout si on la compare à ses concurrents sur le marché des fonds communs de placement (FCP). Le ratio des frais de gestion, un point sensible dans le secteur des FCP, est généralement concurrentiel.

Et comme pour toute grande famille de fonds qui se respecte, BMO offre un large éventail de produits couvrant les principales classes d'actif. Quant à la gestion, non seulement la famille fait appel à de nombreux gestionnaires provenant de différentes firmes, elle s'assure également que se côtoient différents styles.

Michael R. Stanley, un gestionnaire efficace

Le gestionnaire qui retient le plus mon attention est certainement Michael R. Stanley, de Jones Heward Conseils en placements inc. Il est à la tête des deux produits les plus populaires: le BMO dividendes et le BMO revenu mensuel. Le BMO dividendes, qui a plus de 5,4 milliards d'actif sous gestion, affiche une excellente feuille de route. À mon avis, c'est le fonds-vedette de BMO et celui qui m'intéresse le plus. M. Stanley a été en mesure de générer un rendement annualisé de 15,5 % depuis la création du fonds en octobre 1994. De plus, le produit a une grande stabilité: la pire année du fonds a été 2002, avec un rendement de -1,2 %. Ce genre de fonds, composé de grandes capitalisations versant des dividendes, est en mesure de constituer le noyau d'un portefeuille. Du côté des points négatifs, ce fonds, malgré sa dénomination où il est question de dividendes, n'avait aucune action privilégiée dans son actif sous gestion au moment d'écrire ces lignes. Dommage...

L'autre produit-vedette géré par Michael R. Stanley, le BMO revenu mensuel, mérite aussi qu'on s'y intéresse. Il s'agit en fait d'un fonds équilibré constitué de 40 % d'obligations et de 52 % d'actions canadiennes. Au chapitre des performances, le rendement s'élève à pas moins de 7,4 % depuis sa création en février 1999. Comme l'indique le nom du fonds, le produit verse une distribution sur une base mensuelle. Celle-ci s'élève à 6 ¢ par mois par part, le prix des parts se situant à près de 10 $. On parle donc d'une distribution annuelle se situant aux alentours de 7 %. Dans sa catégorie, ce n'est pas le meilleur fonds si on le compare à ses pairs pour ce qui est du rendement: de deuxième quartile, ce qui n'est pas mauvais non plus. Cependant, et c'est là sa force, si on compare sa volatilité, c'est-à-dire son risque, à celle des autres fonds de sa catégorie, le BMO revenu mensuel se démarque nettement, avec un risque associé parmi les plus faibles. Un fonds pour s'assurer un bon sommeil et des rendements décents. Excellent choix pour les investisseurs qui recherchent une stabilité et un revenu régulier. Les retraités me semblent une catégorie d'investisseurs toute désignée pour ce type de produit.

Enfin, un autre fonds que gère M. Stanley, soit le BMO actions, se veut davantage axé sur une approche croissance par rapport aux deux fonds précédents qui privilégient la valeur. Le secteur de l'énergie et des matériaux est surpondéré comparativement à l'indice de référence. Le rendement annualisé s'élève à 11 % depuis la création du fonds en mai 1993. Personnellement, je préfère le fonds BMO dividendes à celui-ci, mais avec ses 2,1 milliards d'actif sous gestion, difficile de ne pas en tenir compte.

Pour les investisseurs qui ne détiennent pas de compte chez BMO, sachez que M. Stanley gère également plusieurs fonds pour la famille de fonds GGOF. Cette dernière est une filiale de la Banque de Montréal, et ses produits sont accessibles chez tous les courtiers.

Pour les investisseurs qui cherchent l'efficacité fiscale, BMO offre des fonds corporatifs d'appellation «catégorie». Il est ainsi possible de transférer l'actif d'un fonds à un autre sans déclencher de gains en capital. Notons toutefois que ces fonds sont peu nombreux comparativement à ce que l'on peut trouver dans d'autres grandes familles de fonds.

Air Miles

Fait surprenant, BMO vous permet d'accumuler des points Air Miles quand vous investissez dans le BMO marché monétaire Air Miles. Les investisseurs «obtiennent de plus un mille de récompense Air Miles pour chaque tranche de 1000 $ du solde mensuel moyen investi dans le fonds». Je ne suis pas un adepte de ce genre de promotion, qui rabaisse les produits financiers à des produits de consommation courants. Mais bon, puisque c'est gratuit; quoique, finalement, qui paie toujours à l'arrivée?

Retenons quand même que la famille de fonds BMO est très intéressante et offre une gamme de produits suffisamment étendue pour satisfaire tous les types d'investisseurs. Il ne reste qu'à souhaiter une meilleure distribution de ses produits: un peu comme les fonds Desjardins, s'ils étaient disponibles à l'extérieur de leur réseau interne, l'investisseur s'en trouverait avantagé.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placementset président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.

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1 commentaire
  • Michel Simard - Inscrit 3 février 2007 00 h 37

    Et les autres ?

    Je trouve cette série sur les fonds offerts par les différentes institutions financières très intéressantes puisque la plupart des épargnants cotisent à leurs fonds et à leurs REER auprès de leur institution habituelle sans passer par des courtiers de plein exercice ou à escompte. En lisant cette chronique, il y avait évidemment un air de déjà vu puisqu'une de vos chroniques d'il y a un peu plus d'un mois portait également sur la famille de fonds BMO, fonds dont vous nous entretenez assez souvent. Il me semble qu'avant de revenir sur la Banque de Montréal, il faudrait présenter les familles de fonds offerts par les autres institutions desservant les Québécois et francophones hors Québec, notamment la Banque Nationale, la Banque Laurentienne (qui offre désormais les fonds IA Clarington), la Scotia et sans doute d'autres - incidemment, les caisses acadiennes offrent-elles les mêmes fonds que Desjardins ?