Changements climatiques - Les premiers maillons de la chaîne alimentaire sont en danger

Contrairement aux espèces terrestres, les espèces marines réagissent en moins de quelques mois aux changements les plus infimes de la température des océans.
Photo: Agence France-Presse (photo) Contrairement aux espèces terrestres, les espèces marines réagissent en moins de quelques mois aux changements les plus infimes de la température des océans.

Selon une étude de la NASA sur l'évolution des océans de 1997 à 2006, la productivité primaire des océans est en baisse, ce qui devrait réduire le pouvoir absorbant des gaz à effet de serre (GES) du plus gros «puits de carbone» de la planète.

Publiée en fin de semaine dans la revue scientifique Nature, l'étude de la NASA démontre que chaque cycle de réchauffement des océans au gré du phénomène El Niño coïncide avec une réduction de la distribution et de la densité du phytoplancton dans les océans de la planète. Or ces plantes microscopiques, à la base de la chaîne alimentaire dans le milieu marin, absorbent d'énormes quantités de carbone atmosphérique, ce qui explique la phénoménale capacité d'absorption des océans. Ces colonies de micro-organismes produisent au sein des océans la moitié de toute la photosynthèse sur la planète. Mais contrairement aux espèces terrestres, ces colonies réagissent en moins de quelques mois aux changements les plus infimes de la température des océans.

L'étude de la NASA confirme par des photos satellites une prédiction faite depuis des années par les modélisateurs du climat, tout comme elle cerne une quatrième cause d'accélération autonome des changements climatiques, un phénomène d'emballement qui dépasse toutes les prévisions, comme le démontrent plusieurs études scientifiques depuis quatre ans (même si certains médias montréalais viennent tout juste de le découvrir... ).

Les émissions de GES d'origine humaine provoquent une augmentation de la température terrestre de moins en moins proportionnelle à la hausse des concentrations du carbone atmosphérique. En effet, l'impact des activités humaines sur le climat entraîne à son tour une réduction du pouvoir d'albédo ou de réflexion de la lumière solaire par les glaces et les terres polaires de moins en moins gelées, ce qui provoque notamment une augmentation de la température des océans. Les émissions de GES accélèrent aussi la fonte du pergélisol, qui libère à son tour d'énormes quantités de méthane, un gaz à effet de serre 22 fois plus actif que le gaz carbonique. Aussi, en augmentant la température des mers, les émissions anthropiques risquent un jour de provoquer la libération des milliards de tonnes de méthane congelé sur les grands fonds des océans, ce qui rendrait le mégaphénomène du réchauffement totalement hors de contrôle.

La réduction de la productivité primaire des océans agit dans le même sens. Si le phytoplancton est moins abondant, d'énormes quantités de gaz carbonique ne seront plus absorbées par les microplantes. Cette réduction de la capacité d'absorption des océans va ainsi contribuer à l'augmentation des concentrations du carbone atmosphérique, ce qui, en retour, va faire augmenter la température de l'océan et réduire davantage le captage de carbone atmosphérique.

L'étude de la NASA a démarré en 1997, au moment où commençait un nouvel épisode El Niño, lequel transporte vers l'Amérique une énorme quantité de chaleur dégagée par l'océan Pacifique. Avec l'arrivée de La Niña en 1999, la période froide qui s'ensuit, un nouveau cycle a débuté et les concentrations de phytoplancton ont recommencé à augmenter dans l'océan.

Globalement, l'étude de la NASA démontre que les régions les plus touchées par le réchauffement accusent des baisses de phytoplancton allant jusqu'à 50 %. Les petits animaux, le zooplancton, qui mangent cette micro-végétation marine, sont pour leur part victimes d'un autre mégaphénomène, l'amincissement de la couche d'ozone, qui les tue massivement lorsque la taille des «trous» annuels augmente aux deux pôles, précisément là où la vie marine est à son paroxysme en raison des eaux froides. La récente expédition du Sedna IV en Antarctique étudiait notamment ce phénomène.

Les chercheurs pensent que si ces deux bases de la vie maritime continuent de subir le contrecoup de l'activité humaine, la productivité globale des mers et de leurs espèces supérieures pourrait péricliter dans les mêmes proportions. En ajoutant ceci à la baisse actuelle des stocks de poissons pour cause de surpêche, on peut facilement entrevoir le cul-de-sac vers lequel on se dirige chaque fois qu'on met la clef dans le démarreur...

La récolte de cerfs plafonne

Les derniers résultats de la chasse au chevreuil indiquent que cette récolte plafonne globalement au Québec, avec de légères variations, comme l'indiquent les résultats préliminaires publiés sur le site Internet du ministère des Ressources naturelles et de la faune (MRNF). En effet, la récolte globale est passée de 65 809 cerfs de Virginie l'an dernier à

61 553 cet automne. Mais on ne peut pas y voir que de bonnes nouvelles car, globalement, ces résultats indiquent que le plan quinquennal de gestion du cerf de Virginie fonctionne bien et que l'augmentation programmée de la récolte dans plusieurs régions depuis quelques années pour stabiliser ou réduire certaines populations porte fruits.

Ainsi, dans la région 04 des Bois-Francs, la récolte est passée de 8264 à 5764 cerfs, tout comme on a assisté à une autre baisse sensible en Estrie (06), où les chasseurs ont abattu 6934 chevreuils cette année, contre 9174 l'an dernier. Dans la région de Montréal, la récolte accuse une légère augmentation, ayant passé de 6582 à 6718 cerfs. Même l'Outaouais accuse une baisse notable alors que la récolte dans la zone 10 est passée de 12 639 à 10 936 en un an. Dans cette région, tout comme dans la zone voisine qui couvre une partie des Laurentides et de Lanaudière (09), on semble assister à une baisse sensible de la population de cerfs en raison des conditions de l'hiver dernier. Différents épisodes de croûtes verglacées, doublés de bordées de neige abondantes, semblent avoir entraîné une ponction considérable sur le cheptel. Mais la plupart des groupes de chasseurs ont maintenu leur récolte en chassant plus longtemps ou en groupes plus nombreux, ce qui fait souvent mentir les statistiques qui donnent l'apparence d'une récolte stable.

Pour les gestionnaires de la faune, il s'agit néanmoins d'une autre saison «record», ce qui est vrai quand on considère que les 61 000 chevreuils récoltés cette année équivalent en gros à la population «continentale», exception faite de l'île d'Anticosti, il y a 20 ans. Il faut voir dans cet «effet de cerf» un impact du réchauffement du climat, qui repousse vers le nord la limite nordique de cette espèce, de plus en plus visible au Lac-Saint-Jean pendant la chasse à l'original...

À propos d'orignaux, la récolte a aussi été excellente même si c'était une année réservée à la chasse aux mâles, et à la carabine. En tout, 13 422 mâles ont été récoltés, contre 12 316 l'an dernier. Il faut préciser ici que l'an dernier, comme on pouvait abattre femelles et faons durant la chasse à la carabine, 25 778 originaux avaient été abattus. L'essentiel du gain de cette année dans la récolte a été réalisé dans les territoires publics car, à 20 bêtes près, la récolte dans les réserves fauniques a été identique au cours des deux dernières années.

Les grands requins blancs

La Nouvelle-Zélande vient de décréter une protection totale des grands requins blancs dans sa zone de pêche continentale de 200 milles marins en raison de la baisse de population provoquée par une pêche intensive. Et on ne rit pas — là-bas! — avec les règles de protection: les amendes pour une capture illégale de ce monstre, qui peut atteindre une longueur de sept mètres (22 pieds), sont très élevées et peuvent mener à une peine d'un an de prison. La «chasse» à ce géant des mers a été fort stimulée par le célèbre film Jaws de Steven Spielberg, qui tablait sur la réputation bien réelle de ce grand carnassier. Mais de là à les éliminer, il y a un pas que plusieurs commerçants côtiers ont voulu franchir rapidement car ces monstres marins sont assez puissants pour déchirer les barrières, souvent pas assez fortes, qui ceinturent les plages maritimes.

n Lecture: Adieu pétrole... - Vive les énergies renouvelables, par Francis Meunier et Christine Meunier-Castelain, Éditions Dunod, 236 pages. L'état des réserves planétaires de pétrole devrait forcer la réflexion sur cet enjeu si le seul motif de l'environnement et du climat ne le justifie pas dans l'esprit des tenants du tout-à-l'économie. L'intérêt de ce livre est de dresser un portrait des solutions de remplacement, des économies d'énergie jusqu'aux énergies nouvelles et renouvelables. Les auteurs plaident pour une action réglementaire vigoureuse afin de forcer les changements d'attitude qui s'imposent si on veut mettre un frein au droit constitutionnel non reconnu mais le plus utilisé à l'heure actuelle, soit la prétendue liberté personnelle qu'on transforme allégrement en «droit de polluer».
3 commentaires
  • Maurice Monette - Inscrit 15 décembre 2006 12 h 37

    C'est un

    Comme les ob$e$$ion$ monétaire$ de la population mondiale sont devenues le seul objectf à sublimer durant les 15 dernières années du millénaire précédent et les premières années du millénaire actuel, notre TERRE d'ÉMERAUDE en a dépérie jusqu'à devenir complètement DYSFONCTIONNELLE et ne plus être en mesure de servir de SUPPORT VITAL à la population mondiale. Tout a commencé en juin 1989, quand le pape j.p. II (Karol Wojtyla) a cédé à la panique qu'un visiteur CANADIEN était allé LUI insufflé à la fin mai en LUI parlant de l'apocalypse qui sensément venait avec le passage à l'an 2000.

    Le PAPE était jusqu'alors le GRAND ARGENTIER MONDIAL qui répartissait par ses ACOLYTES parsemés dans toutes les Régions Croyantes de la PLANÈTE, l'ARGENT qui permettait aux gens d'ÉVOLUER pour une PÉRIODE de quatre (4) ans. L'EXERCICE se répétait après chaque période de cette fréquence. Il y avait une $aine LIMITE d'un (1) million que les gens devaient re$pecter au bout de ces quatre années donc, les plu$ prolifère$ devaient remettre leur$ surplu$ de ce million autori$é aux NONCES de chaque PAYS CROYANT$ qui remettaient ce$ $urplu$ aux GOUVERNEMENT$ des dit$ Pay$ pour une nouvelle période ÉVOLUTIVE de quatre an$.

    Mais, depuis ce moment FATAL, pui$qu'il n'y a plu$ de LIMITE à la CUPIDITÉ humaine, la plu$ Gro$$e partie de cette Bour$e Mondiale $'e$t retrouvée dan$ les INVENTION$ HUMAINE pour thé$auri$er (diver$ placement$ et autre$ bref, de$ milliard$ confiné$, "PARALY$É$"...) et l'argent est devenu de plu$ en PLU$ rare pour que la POPULATION MONDIALE ÉVOLUE en Grâce et en $age$$e.

    À cause de cette CUPIDITÉ MALADIVE, on n'a plus observée de LIMITE d'EXPLOITATION des re$$ource$ NATURELLES de "GAÏA", cette TERRE d'ÉMERAUDE' et nous en vivons actuellement les CONSÉQUENCES déplorables de disettes. Tant au niveau des MERS qu'au niveau de la ressource ligneuse des FORÊTS, cette CUPIDITÉ MALADIVE détruit la TERRE donc, c'est aux communautés humaines de RÉTABLIR la JUSTE MESURE avant de se glorifier d'avoir détruite CELLE-CI en entier car, après, il n'y aura plus de point de RETOUR...

    De cette Conclusion, NOUS POUVONS comprendre ce que $ignifie l'EXPRESSION: "RETOUR ver$ le FUTUR" ou "RETOUR ver$ no$ ANCIENNE$ NORME$ FI$CALE$ d'avant juin 89...!

  • Claude L'Heureux - Abonné 15 décembre 2006 17 h 32

    Les emplois qui tuent

    Nos chantres du tout-à- l'économie et l'emploi (Rabaska et compagnie) ne sont pas capable d'en mesurer l'impact sur la vie terrestre et le citoyen pro-Kyoto préfère prendre sa chaise roulante de 150 forces et plus pour se rendre à l'ouvrage tout en se plaignant que la vie coûte cher!!! Ils ont la bénédiction des animateurs-trices de radio qui leur parle de l'état de la circulation. Ces stations sont en conflit d'intérêt car leurs auditeurs-trices sont pour une bonne part au volant. Développement durable, Kyoto. Vous-dites?

  • Marc A. Vallée - Inscrit 15 décembre 2006 20 h 32

    Les changements climatiques

    Pourquoi a-t-on changé le terme réchauffement global pour changements climatiques? Parce que les phénomènes climatiques sont beaucoup plus complexes qu'on l'a laissé d'abord sous-entendre. Comme le montre votre article, M. Francoeur, la terre est un système inter-relié de systèmes. Quel est le rôle des humains dans tout cela? Difficile à dire. Les évidences sont que le taux de bioxide de carbone a augmenté depuis le XIXe siècle, que la température des sols et de l'Artique a augmenté depuis 30 ans. D'autres évidences, d'ordre géologique, nous montrent que les périodes inter-glaciaires sont très instables: certaines instinctions d'espèces sont probablement dues à des réchauffements planétaires globaux, et non à des météorites comme on l'avait d'abord cru. Il semble que dans l'histoire de la Terre, il y ait eu de nombreuses périodes glaciaires ou thermiques. Donc, les humains font partie d'un système qu'ils peuvent contribuer à changer. Il faut qu'on en soit conscient.