Mieux-être - Prendre le rhume en grippe

J'ai récemment appris que les enfants dans les garderies apprennent à tousser sur leurs manches afin de ne pas répandre les germes. Ça doit être beau, le soir, quand ils rentrent à la maison avec de belles croûtes jaunes sur les bras! Il y a une vidéo qui circule sur Internet actuellement et qui raconte de façon humoristique comment et pourquoi il faut faire comme ça: allez voir à www.coughsafe.com/media.html, ça vaut vraiment le détour.

Un ORL du Massachusetts a décidé de prendre la contagion au sérieux. Les gouttelettes que nous projetons dans l'air quand nous toussons ou éternuons sont un vecteur de contagion très efficace. J'ai déjà un rhume derrière la cravate cet automne, merci de faire attention!

On peut aussi apprendre à se laver les mains. Il y a des endroits où ça reste sale même après le passage au lavabo: le bout des doigts, la région entre le pouce et l'index... Fermer le robinet avec le papier avec lequel on s'essuie les mains est aussi une bonne façon d'éviter la contagion.

Des affichettes ont été créées pour apprendre aux infirmières, aux médecins et autres visiteurs des hôpitaux à se laver les mains car celles-ci sont un important point de départ de la contagion. (Regardez celle de l'Institut de santé publique à www.inspq.qc.ca/documents/infectionsnosocomiales/A2-affichette-techniquelavagedesmains-fr.pdf).

Je connais un hôpital où on doit s'en mordre les... doigts (sales?) alors que tant d'hôpitaux offrent du savon à l'entrée et ont installé aux étages des distributeurs de savon sans eau pour tous les visiteurs et le personnel.

Quand une bactérie est hors de contrôle, on accumule les morts. Il n'y a rien comme la prévention, n'est-ce pas?

Non, il n'y a rien comme la prévention, mais on n'aime pas la prévention. On n'est pas des moumounes. On est pour la prévention en théorie et on critique ceux qui fautent: hon, ils n'ont pas fait de prévention! Mais comme individus, nous boudons la prévention, et comme système, la prévention, c'est du vent. On ne verra pas la maladie, alors on ne sait pas si c'est la prévention qui a marché ou si la maladie n'est jamais venue, pas vrai?

Alors, la prévention, ce n'est pas payant, c'est aussi pour ça que ça prend tellement de temps avant de s'implanter. Réagir vigoureusement à une épidémie, montrer notre force et notre courage, mener une dure bataille pour enrayer le vilain... ça, c'est du leadership, madame! On en sort grandi, la confiance rétablie. Empêcher les épidémies, ça ne paraît même pas! Parfois, c'est vrai, on peut dire que nos chiffres montrent une diminution par rapport à l'an dernier ou à la dernière décennie. Ce n'est pas sexy mais ça encourage la prévention.

C'est en quelle année, déjà, que l'OMS a décrété que «la santé est un état de bien-être physique, mental et social complet et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité»? En 1946: cela devait conduire les pays à penser la médecine en fonction de la prévention.

En 1977, on a ajouté un volet économique lorsqu'on s'est rendu compte qu'il vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade, comme l'a dit notre grand Yvon... et on a relativisé l'état de bien-être «complet».

En 1986, la première Conférence internationale sur la promotion de la santé se tenait chez nous; on a parlé de la Charte d'Ottawa, on a formulé les «conditions préalables à la santé». C'était il y a 20 ans: pensez-vous que les choses ont changé? Les diplomates et autres politiciens jurent que oui; moi, je dis: ouais, ouais, cause toujours...

La prévention, ça commence avec vous, moi, Chose à côté. C'est une mentalité. La médecine y arrivera peut-être un jour, mais il vaut mieux ne pas attendre après elle, car on a plutôt tendance à vous présenter une seringue avec un vaccin en guise de prévention.

Du côté de la grippe, le plus récent texte affirme ceci: «Influenza vaccine programs may be pointless» (The British Medical Journal, 28 octobre dernier, http://

bmj.bmjjournals.com/cgi/content/short/333/7574/912?ehom). Traduction libre: c'est le vaccin le moins efficace sur le marché et il nous fait dépenser beaucoup d'argent.

Il faut ajouter que le fait de critiquer la vaccination, sauf dans un journal scientifique, est un crime de lèse-majesté: on jette les hauts cris et on vous accuse d'atteinte à la santé publique. On nous traite encore comme des enfants, et c'est à se demander si l'omerta deviendra un jour transparence éclairée à l'heure où Internet informe souvent davantage que les médecins.

On a l'habitude de dire, dans le «milieu de la grippe», que l'âge est un facteur aggravant, un risque de mortalité, et que la vaccination se justifie pour cette raison. La santé publique et la santé individuelle n'ont pas toujours la même logique et il me semble que les individus pourraient en faire davantage et beaucoup mieux. La balle est d'abord dans notre camp, la regardons-nous passer?

***

Livres reçus

- M. Poisson, La Grippe, Rudel Médias.

- R. Buckman, Le Cancer - Guide de survie, Éditions Broquet.

- Monique Morin, Vaccins - Docteure maman en a assez, Covivia Publications.

***

vallieca@hotmail.com